Ferrari a écouté les radios de Sainz avant de le faire signer

Si la signature de Carlos Sainz chez Ferrari avant même le premier Grand Prix effectif de la saison 2020 a pu paraître précipitée, la Scuderia n'a manifestement rien laissé au hasard.

Ferrari a écouté les radios de Sainz avant de le faire signer

C'est le 14 mai 2020 que Ferrari a annoncé avoir recruté Carlos Sainz à la place de Sebastian Vettel. Reportée par la pandémie de COVID-19, la saison de Formule 1 n'avait même pas commencé ; la Scuderia ne voyait clairement plus son avenir en Vettel, qui n'avait fait que jeu égal avec le jeune Charles Leclerc en 2019.

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Le déroulement de la campagne 2020 a démontré que le mariage entre les deux parties avait fait son temps, avec de grandes difficultés pour l'Allemand, mais Maranello ne l'a pas remplacé par le premier venu. Carlos Sainz représentait effectivement une option intéressante après une flamboyante saison 2019 où il a pris la sixième place du championnat – celle du "meilleur des autres" – avec sa McLaren, marquant le double de points de son coéquipier Lando Norris. Mais avait-il sa place dans un top team ?

"Avant de lui faire une offre, nous avons écouté toutes ses communications radio, juste pour voir comment il communiquait, et d'une certaine façon, la manière dont il communique en dit long sur son approche de l'exercice – très précise, je pense", analyse Mattia Binotto, directeur de la Scuderia Ferrari, dans le podcast Beyond The Grid. "Il est travailleur, il est méthodique, il est robuste : ce sont des éléments qui étaient importants pour nous."

"En course, il est constant – il est rapide, il défend, il attaque, mais il ramène toujours la voiture à l'arrivée de manière constante. Je pense donc qu'il est un bon pilote avec lequel bâtir une bonne saison chez les constructeurs. Puis nous avons analysé sa vitesse ; je crois qu'il est rapide, nous l'avons trouvé rapide, et je pense qu'il a prouvé même [en 2020] être très rapide si on le compare à Norris qui, déjà l'an dernier, a prouvé être un pilote très rapide."

"Mais si l'on regarde Carlos en 2020, je pense qu'il a été très fort en comparaison. Je pense qu'il a progressé en qualifications par rapport à avant et demeure très compétitif en course. Et il est travailleur. De surcroît, malgré ses nombreuses années d'expérience en F1, il demeure un jeune pilote et a donc beaucoup de temps pour progresser. Il n'est certainement pas en fin de carrière."

Charles Leclerc, Mattia Binotto et Carlos Sainz Jr. chez Ferrari

En somme, Binotto ne tarit pas d'éloges sur Sainz, qui a effectivement continué de briller en 2020 avec une nouvelle sixième position au championnat et une deuxième place à un souffle de la victoire à Monza. Mais lorsque la Scuderia a initié les discussions avec l'Espagnol de 26 ans en vue de sa septième saison dans l'élite, ce dernier était quelque peu sceptique.

"La première fois que nous sommes entrés en contact, comme vous pouvez l'imaginer, j'ai essayé de ne pas trop y croire", indique Sainz à Motorsport.com. "On se dit qu'ils doivent parler à tous les pilotes. J'ai donc essayé de prendre ce sujet de manière très détendue. J'ai essayé de toujours me concentrer sur le présent. Mais pendant le confinement, il n'y avait rien à faire. Il n'y avait pas grand-chose à quoi réfléchir, j'ai donc commencé à m'intéresser et à m'enthousiasmer un peu plus. Soudain, tout a commencé à se faire très vite dans cette période."

Forcément, tous les regards étaient tournés vers Sainz lorsque la saison a enfin pu commencer, et les questions se sont multipliées face au manque de performance de Ferrari. L'an passé, la Scuderia a marqué 71 points de moins que McLaren, écurie pour laquelle l'Ibère courait alors.

"Quand on signe chez Ferrari, on sait toute l'attention médiatique qui arrive. C'était au milieu du confinement, et je savais qu'en arrivant en Autriche, beaucoup de questions allaient être posées. À mon avis, rares sont ceux en Espagne qui s'attendaient à voir Carlos Sainz chez Ferrari il y a un ou deux ans. Cela a donc été très médiatisé, mais ça n'a pas duré longtemps. Avec McLaren, nous ne voulions pas que des histoires soient générées, nous voulions nous focaliser sur l'année très importante qui nous attendait. Je pense que ça a vraiment bien fonctionné", conclut Sainz.

Propos recueillis par Luke Smith

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