En pleine réorganisation, Ferrari compare sa situation à 1996

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En pleine réorganisation, Ferrari compare sa situation à 1996
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6 juin 2019 à 12:09

Conscient du début de saison très décevant de Ferrari, Mattia Binotto révèle avoir profondément modifié l'organisation de l'écurie à son arrivée en janvier. Le directeur de la Scuderia compare la situation actuelle à celle du milieu des années 90, espérant que le travail paiera à long terme.

Propulsé à la tête de la Scuderia Ferrari début janvier, Mattia Binotto a révélé avoir mis en place une nouvelle organisation et un nouveau fonctionnement. Le successeur de Maurizio Arrivabene a ainsi mis fin à "la fameuse structure horizontale classique" qui était en place à Maranello ces dernières années. Alors que l'écurie italienne est toujours en quête d'un premier succès cette saison, son directeur est convaincu que le travail réalisé aujourd'hui sera crucial pour les saisons à venir.

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"J’ai compris que je devais dédier plus d’attention à l’après-demain, afin que nous soyons prêts pour les défis de l’avenir", explique-t-il dans une interview accordée à La Gazzetta dello Sport. "J’ai dû y passer du temps et identifier les personnes qui m’aideront. Ce n’est pas vrai que j’ai deux rôles et que c’est moi qui fais tout. Depuis janvier, nous nous sommes réorganisés. Il n’y a plus la fameuse structure horizontale classique. Nous avons identifié quatre ou cinq personnes qui sont devenues mes points de repère dans les différents domaines. Elles me sont utiles pour filtrer les informations et penser à l’avenir dont je parlais : 2021 va arriver vite, avec les nouveaux règlements, des voitures qui pourraient être radicalement différentes et le plafonnement des budgets qui nous obligera à revoir certains processus de production."

Une écurie "en croissance, avec une base solide"

Michael Schumacher, Ferrari

Dans cet entretien, le directeur de la Scuderia n'entre pas dans les détails de cette organisation revue. Néanmoins, il se dit que Laurent Mekies serait désormais à la tête des opérations piste, Enrico Cardile responsable du châssis, David Sanchez de l'aérodynamique et Enrico Gualtieri du département moteur. Ces changements demandent inévitablement du temps pour se traduire par des résultats plus concrets, et parallèlement, Ferrari affronte une véritable machine nommée Mercedes, dont tous les rouages sont parfaitement huilés. Mattia Binotto, lui, estime que son équipe se trouve actuellement dans une phase similaire à celle du milieu des années 90. "Je préfère toutefois faire une comparaison avec la Scuderia Ferrari de 1996-1997", précise-t-il. "Une équipe en croissance, avec une base solide. Nous aussi nous sommes une équipe jeune et qui a très faim. Je vois beaucoup de points communs avec [la situation] de cette époque-là. La vision, l’envie de faire, la passion et le talent me font repenser à cette période."

"Moi aussi je suis déçu du début de saison, mais nous devons croire en les Rouges", poursuit-il. "Je sais que nous demandons beaucoup à nos tifosi, qui méritent de vivre de grandes joies, mais aujourd’hui plus que jamais nous avons besoin de leur patience et de leur soutien. J’attendrais la fin de l’année avant de dresser un bilan parce qu’il pourrait être très différent de celui des six premières courses. La saison a commencé comme la précédente avait fini, pas plus mal. Durant la seconde partie de 2018, notre voiture n’était pas aussi compétitive que la Mercedes et peut-être payons-nous à présent le retard pris. Mais les résultats et le classement sont rudes pour Ferrari. Nous pouvions faire un doublé à Bahreïn et un résultat différent également à Bakou."

Il n'y aura pas de "Ferrari B" en 2019

Mattia Binotto, directeur de Ferrari

Résolument tourné vers l'avenir, le chef de file de Ferrari n'entend pas pour autant abdiquer en ce qui concerne la saison actuelle. Il le sait, l'a déjà reconnu et le répète encore, la SF90 a "plus d'un" défaut. "Notre concept s’adapte mal aux pneus de cette année, qui ont beaucoup changé", explique-t-il. "En 2018 il fallait éviter de les surchauffer, tandis que la difficulté est désormais de les faire monter en température. Si les pneus ne chauffent pas, on manque de grip mécanique et le sous-virage augmente. L’auto glisse, les pneus se consomment sur la bande de roulement et se refroidissent, ce qui amplifie le problème. Bakou est un exemple qui ne présente qu’une seule typologie de virages et de réglages, tous les virages s'abordent plus ou moins à la même vitesse. Montmeló, par contre, est l’inverse."

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Alors qu'aucune grosse évolution n'est attendue sur la monoplace ce week-end pour le Grand Prix du Canada, le retour en Europe dans deux semaines, lors du Grand Prix de France, devrait permettre de mettre en œuvre certaines solutions. Néanmoins, pas question de creuser la piste peu réaliste d'une voiture "B". "Il n’y aura pas de Ferrari B, de voiture complètement modifiée", prévient Binotto, "mais seulement une série de développements lors des prochaines courses afin d’améliorer l’utilisation des pneus. Nous avons des idées et il faut faire vite, mais il faudra quelques semaines."

Avec Léna Buffa  

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Tags scuderia , mattia binotto
Auteur Basile Davoine
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