La fin des grid girls provoque un débat mondial

Ancien grand argentier de la Formule 1, Bernie Ecclestone s'est prononcé sur la question des grid girls, qu'on ne verra plus sur les grilles de départ en F1 à partir de cette saison. Avec un avis très tranché !

La fin des grid girls provoque un débat mondial
Des Grid Girls
La Grid Girl de Carlos Sainz Jr., Renault Sport F1 Team RS17
Des Grid Girls
Bernie Ecclestone, président d'honneur de la Formule 1
Une Grid Girl
Grid Girls
Grid Girl de Lewis Hamilton, Mercedes AMG F1
Une grid girl
Une Grid Girl
Une grid girl
Une Grid Girl
Des Grid Girls
Des Grid Girls
Une Grid Girl

Alors que Liberty Media a décidé de mettre un terme à cette pratique, estimant qu'elle est "clairement en contradiction avec les normes sociétales modernes" – autrement dit, préjudiciable à l'image de la femme –, Ecclestone marque avec véhémence son désaccord vis-à-vis de ce choix.

"Le pays est en train de devenir un peu prude", affirme Ecclestone au journal The Sun, dont la Une au vitriol critique vivement la décision de la F1. "On devrait avoir le droit d'avoir des grid girls, parce que les pilotes les aiment, le public les aime et tout le monde s'en moque."

"Ces filles faisaient partie du show, du spectacle. Je ne vois pas comment une jolie fille se tenant à côté d'un pilote avec un numéro devant une Formule 1 peut offenser quiconque. Elles sont toutes plaisamment vêtues. Je penserais que des gens comme Rolex et Heineken ne mettraient pas des filles si elles n'étaient pas présentables."

Un débat mondial

De façon générale, la décision de Liberty a créé le débat dans le monde du sport automobile et sur les réseaux sociaux en général, avec des opinions extrêmement variées et des discussions passionnées, alors que le WEC avait fait de même il y a trois ans.

Forcément, les principales intéressées sont déçues de perdre l'opportunité de gagner de l'argent le temps d'un week-end, d'autant que certaines grid girls sont passionnées de sport auto et prennent tout simplement du plaisir à être sur la grille. Elles ont été nombreuses à prendre la parole sur Twitter pour défendre leur job.

"L'inévitable est donc arrivé, les grid girls ont été supprimées en F1", déplore Rebecca Cooper. "C'est ridicule que des femmes qui affirment 'se battre pour les droits des femmes' disent aux autres ce qu'elles ont le droit de faire ou non, nous empêchant de faire un travail que nous adorons et sommes fières de faire. Le politiquement correct vire à la folie !"

"Ces féministes nous ont fait perdre notre travail !" renchérit Lauren-Jade Pope. "Cela fait huit ans que je suis grid girl et je ne me suis jamais sentie mal à l'aise ! J'adore mon travail, sinon je ne le ferais pas ! Personne ne nous force à le faire ! C'est notre choix !"

Au contraire, Stuart Pringle, directeur général du circuit de Silverstone, s'y montre très favorable auprès de la BBC : "Nous soutenons la décision de la F1 de cesser d'employer des grid girls de tout cœur ; c'est une pratique désuète qui n'a plus sa place dans le sport."

La chaîne Sky Sports a quant à elle recueilli l'avis du directeur d'une écurie automobile britannique, qui a gardé l'anonymat. Tandis que de nombreux parents saluent une décision théoriquement favorable à l'image de la femme pour les enfants, il va quelque peu à contre-courant. "En tant que père, je dirais qu'il faut les garder, parce que mes deux filles ont été grid girls ; cela leur a donné confiance en elles et cela leur a montré qu'être une jolie fille n'empêche pas d'être intelligente – ma benjamine étudie l'ingénierie à l'université de Swansea."

 

L'opinion la plus argumentée est en tout cas celle d'Amy Dargan, reporter en MotoGP, qui était grid girl pendant ses études en journalisme. "Travailler pour une marque m'a donné ma première opportunité en tant que reporter TV, c'est aussi ainsi que j'ai rencontré mon compagnon, avec qui je suis en couple depuis cinq ans, et une grande partie de mes amis proches", révèle-t-elle. "Cette partie de ma vie a vraiment contribué à ce que ma vie actuelle soit positive, donc je ne le regrette vraiment pas."

"Est-ce que je pense qu'il y a un véritable besoin de grid girls ? Probablement pas. Est-ce que je pense que c'est dénigrant pour les femmes ? Tout dépend de notre idéal sur la perception des femmes, qui est individuel selon moi. Ai-je parfois ressenti de l'embarras concernant mon passé ? Oui, parfois, parce que les gens pensent généralement que si on est grid girl ou mannequin promotionnel, on n'est sûrement pas suffisamment intelligent pour avoir un autre rôle."

"Je ne suis pas d'accord avec la perception selon laquelle la présence de grid girls empêche d'autres femmes d'être présentes, mais j'imagine que d'une perspective plus large, cela continue d'encourager des rôles sociétaux qui stigmatisent les femmes... mais dans ce cas, où s'arrête-t-on ?"

Des grid kids à la place ?

Enfin, Lucas Di Grassi évoque la possibilité de faire tenir les panneaux par des enfants, à l'image de ce que l'on voit en football, où des têtes blondes accompagnent les joueurs sur le terrain. C'est une idée qui est déjà mise en œuvre occasionnellement par la Formule E, mais qui requerrait de modifier la règle qui interdit aux moins de 16 ans de se trouver sur la grille de départ, en ce qui concerne la F1.

"Ce n'est pas ça, une société libérale", déclare le Champion FE en titre au sujet de la disparition des grid girls. "Je souhaite que les pilotes/équipes puissent décider s'ils préfèrent avoir des grid boys, des grid girls... ou des grid kids ! À Marrakech, les gosses étaient ravis d'être là ! C'était une expérience absolument unique pour certains d'entre eux."

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