François Cevert : la symphonie inachevée

Il y a 40 ans, la Formule 1 perdait un des pilotes les plus prometteurs et charismatiques de sa génération : François Cevert

Il y a 40 ans, la Formule 1 perdait un des pilotes les plus prometteurs et charismatiques de sa génération : François Cevert. La mort du Français fut cruellement ressentie, et pas uniquement en France. Et encore aujourd'hui, le pilote suscite beaucoup d'émotion chez ses contemporains tout comme ses successeurs .

Il était donc logique que Toile F1 se penche sur la carrière de Cevert, tout en recueillant des témoignages de personnalités qui l'ont connu ou qui trouvent une source d'inspiration en lui.

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François Cevert est né le 25 février 1944 à Paris d'un père joaillier qui ne voyait pas d'un bon œil (à l'image de la famille Lauda) l'ambition de son fils de devenir pilote automobile. Se dispensant du soutien paternel, Cevert arrivera à financer sa participation au volant Shell en 1966. Il remporta ce concours d'école de pilotage à Magny-Cours devant un autre Français à la carrière interrompue trop tôt, Patrick Depailler.

Cela lui permis d'acquérir une F3 pour se faire les dents et apprendre le métier de pilote, en attendant un meilleur matériel et de meilleures conditions de travail. En effet sans soutien familial, Cevert tirait le diable par la queue, mais sut jouer de son charme pour rameuter des sponsors. Chemin faisant il progresse et devient Champion de France de F3 en 1968.

Passant à la F2 il se confronta à certains pilotes de F1 – car à l'époque ceux-ci s'engageaient parfois dans la catégorie inférieure – et impressionna notamment Jackie Stewart, qui n'oublia pas le nom de ce jeune talent. Troisième du championnat d'Europe en 1969, il continua à faire ses classes l'année suivante, désormais soutenu par la fameuse filière Elf jusqu'à ce que Tyrrell ne le recrute mi-1970 après le retrait brutal de Johnny Servoz-Gavin. Un recrutement fortement appuyé par Stewart et François Guiter, le responsable de la filière Elf, le pétrolier étant partenaire de Ken Tyrrell.

Tyrrell s'étant rabattu sur la marque nouvelle créée par – entre autres – Max Mosley, March, pour garder le V8 Cosworth, Cevert dut se contenter d'une March 701 vicieuse, mais bénéficie des précieux conseils de Stewart qui le pris sous son aile. Les deux devinrent vite proches, tandis que Cevert continuait de progresser.

En 1971, Tyrrell construisait désormais ses propres châssis et le succès était au rendez-vous : Stewart remporta son deuxième titre avec six victoires. Cevert de son côté monta quatre fois sur le podium : troisième en Italie, deuxième à domicile en France et sur le redouté Nurburgring et... vainqueur à Watkins Glen pour le Grand Prix des USA. C'était la première victoire d'un Français depuis celle de Maurice Trintignant à Monaco en 1958. Cevert finit troisième du championnat pour sa première saison complète

L'année suivante fut moins brillante à cause d'une Tyrrell moins performante. De plus les divers engagements de Cevert en F2, Endurance et Can-Am n'ont peut-être pas aidé. Néanmoins il signa deux nouvelle deuxièmes places en Belgique et aux Etats-Unis. Une position qu'il occupera pas moins de six fois en 1973, dont trois fois derrière son mentor. Celui-ci avoua par la suite à Tyrrell et aux médias que Cevert allait plus vite que lui, y compris sur le fameux Nurburgring. Mais le Français attendait son heure et laissait l’Écossais remporter avec panache son troisième titre mondial.

Celui-ci allait rester le dernier : Stewart avait prévu de se retirer au soir du Grand Prix des États-Unis. Le flambeau allait être transmis à Cevert, sur le tracé qui l'avait consacré deux ans auparavant. Il le fit d'une autre manière ce 6 octobre 1973...

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A propos de cet article
Séries Formule 1
Pilotes Jackie Stewart , Patrick Depailler , François Cévert
Type d'article Actualités