Gilles Villeneuve - Souvenirs du ‘Petit Prince’

Voilà 35 ans que Gilles Villeneuve nous a quittés. Le Québécois, pilote Ferrari en Formule 1, a mystifié les amateurs et ses rivaux par ses exploits fabuleux durant sa carrière d'à peine quatre saisons.

Gilles Villeneuve est l’un des pilotes les plus adulés de l'histoire de la Formule 1. Pourtant, son palmarès est relativement mince avec seulement six victoires au cours de sa courte carrière de 67 Grands Prix qui a commencé à la fin de 1977 pour brusquement s’achever sur le circuit de Zolder en Belgique le 8 mai 1982. Si Villeneuve a laissé une telle empreinte sur la F1, c'est essentiellement en raison de sa personnalité fort agréable et de son côté chevaleresque.

Plus que ses victoires, ce sont ses grandes qualités humaines et sa farouche détermination en piste qui ont ébloui les amateurs du monde entier. Pilote ultra spectaculaire qui ne savait pas baisser les bras malgré les ennuis mécaniques, les bris et le mauvais sort, Gilles Villeneuve est entré dans la légende de la F1 par la grande porte.

Ironiquement, c’est probablement chez lui, au Canada, qu’il était le moins bien connu. Des millions de ses compatriotes ont soudainement découvert le mythe Villeneuve lors de son tragique décès et ses funérailles survies à travers le monde.

Gros V8 et motoneiges

Rien ne semblait prédestiner Villeneuve à courir un jour en F1. Amateur de grosses cylindrées américaines, dévorant des dizaines de magazines spécialisés, le jeune Villeneuve commence sa carrière de façon vraiment peu orthodoxe en disputant des courses de dragster.

À la recherche de nouvelles sensations fortes, il commence à courir en motoneige l’hiver. Il ne s’agit pas de tranquilles balades dans les bois, mais de courses folles sur les anneaux de glace au guidon de motoneiges ultra modifiées à moteurs deux-temps qui filent à plus de 160 km/h ! Il faut être un peu fou pour courir en motoneige, car à cause de la poussière de glace soulevée dans les airs, la visibilité est complètement nulle.

Ingénieux et curieux, il conçoit et fabrique même sa propre motoneige de compétition, radicalement différente des autres, et qui ressemble à une monoplace.

Gilles devient Champion du monde de la spécialité en 1974, et ses bourses lui servent à payer ses courses en été, car il n’a pas de sponsor. Il suit son premier cours de pilotage avant de s'attaquer, avec succès, au Championnat du Québec de Formule Ford 1600, qu'il remporte dès sa première saison. Il monte ensuite en Formule Atlantique (une série proche de la Formule 2), et y récolte deux titres.

Une course déterminante

La course de Formule Atlantique présentée dans le cadre du Grand Prix de Trois-Rivières attire toujours des pilotes internationaux, tels que Jacques Laffite, Patrick Depailler, Didier Pironi, Alan Jones, Hector Rebaque et Vittorio Brambilla.

En 1976, James Hunt y participe, et est tellement impressionné d'avoir été battu par Villeneuve qu'il vante ses mérites à son patron, Teddy Mayer, directeur de l'écurie de F1 McLaren.

Avec l’appui de Marlboro, Villeneuve signe un contrat de quelques courses avec McLaren et dispute son premier Grand Prix en juillet 77 en Angleterre, sur le circuit de Silverstone, au volant d'une "vieille" McLaren M23. Il impressionne les experts en se qualifiant neuvième et terminant 11e malgré un long arrêt au stand inutile à cause d'une jauge défectueuse. Croyant devoir abandonner, Gilles était même sorti de la voiture ! Il a donc perdu deux tours dans la mésaventure.

Contre toute attente, fin 77, Villeneuve est engagé par Enzo Ferrari en personne pour remplacer Niki Lauda. Coéquipier de Carlos Reutemann, Villeneuve récolte sa première victoire en F1 devant ses partisans, à l'occasion du premier Grand Prix à être organisé sur le tracé de l’Île Notre-Dame à Montréal en octobre 1978.

Sa saison 1979 est remarquable. Il remporte trois Grands Prix (Afrique du Sud, Long Beach et Watkins Glen) et se classe second au championnat derrière son coéquipier, Jody Scheckter.

La Ferrari 312 T5 de 1980 n’est vraiment pas une réussite et Villeneuve connaît une saison d’enfer. Toutefois, en fin d'année, Ferrari commence à faire rouler sa première F1 turbo. Extrêmement habile à son volant, Villeneuve réussit l’exploit de remporter deux victoires inespérées : dans les rues de Monaco – là où une voiture turbo ne pouvait pas gagner, disait-on à l’époque – et sur le tracé serré de Jarama en Espagne, où Villeneuve maintient quatre rivaux derrière lui durant la seconde moitié de la course, sans se faire doubler !

Villeneuve commence la saison 1982 avec deux abandons avant de terminer troisième à Long Beach puis deuxième à Imola après avoir été doublé par Didier Pironi lors du dernier tour de la course alors qu’il était convaincu de ne jamais être inquiété par son coéquipier…

Durant les essais qualificatifs de samedi du Grand Prix de Belgique à Zolder, Villeneuve percute la March de Jochen Mass. Le ‘Petit Prince’ est éjecté de sa monoplace rouge désarticulée et perd la vie en chutant lourdement au sol.

La F1 venait de perdre un de ses plus fiers chevaliers.

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Tags f1, ferrari, gilles villeneuve, pironi, zolder