GP de légende - Allemagne 1968

En cette fin d’année 2013, ToileF1 vous propose de découvrir des Grand Prix qui ont particulièrement marqué l’Histoire de la Formule 1, mais dont vous n’avez peut-être jamais entendu parler

En cette fin d’année 2013, ToileF1 vous propose de découvrir des Grand Prix qui ont particulièrement marqué l’Histoire de la Formule 1, mais dont vous n’avez peut-être jamais entendu parler. Aujourd’hui, nous allons aborder le Grand Prix d’Allemagne 1968.

Il s'agit de la huitième épreuve d'une saison assez surprenante : après trois Grand Prix, Graham Hill (Lotus) caracolait en tête du championnat grâce à deux victoires et une deuxième place, mais a connu par la suite une série de quatre abandons consécutifs, liés à des problèmes mécaniques pour la plupart. Pendant ce temps, alors qu'ils n'avaient pas marqué de points lors des trois premières courses, Jacky Ickx (Ferrari) et Jackie Stewart (Matra) en ont récolté une bonne vingtaine pendant que Hill abandonnait systématiquement, si bien qu'ils sont revenus sur ses talons au championnat.

Il faut préciser que Stewart s'est cassé le poignet dans une course de F2 au mois d'avril, ce qui lui a fait manquer deux des trois premiers Grands Prix de la saison et l'oblige à courir avec une attelle. Pour apaiser sa douleur dans les nombreux virages du Nordschleife, un amortisseur de direction est installé sur sa Matra, mais Stewart demande qu'il soit ôté car ses sensations sont compromises.

Les conditions sont changeantes en qualifications, et Jacky Ickx décroche la pole position en 9'04 avec dix secondes d'avance sur son coéquipier Chris Amon. Suivent Jochen Rindt (Brabham) en 9'32, Graham Hill en 9'46 et Vic Elford (Cooper) en 9'53. Stewart n'est que sixième, relégué à cinquante secondes de la pole position.

À cette époque, la grille de départ du Nürburgring est habituellement constituée de quatre pilotes sur les lignes impaires et de trois pilotes sur les lignes paires, mais en raison des conditions météorologiques très difficiles, les organisateurs privilégient la sécurité et placent un pilote de moins sur chaque ligne. Trois pilotes prennent le départ de la première ligne, deux de la deuxième, et ainsi de suite.

Stewart s'élance donc de la troisième ligne. L'Écossais prend un départ canon et se retrouve troisième derrière Hill et Amon. Il dépasse le Néo-Zélandais à Adenau, avant de prendre l'avantage sur le double Champion du Monde à la sortie de Schwalbenschwanz. À la fin du premier des quatorze tours, Stewart a déjà dix secondes d'avance sur le reste du peloton.

L'intensité de la pluie ne diminue pas, et le pilote Matra connaît quelques soucis techniques, à savoir une pédale d'accélérateur récalcitrante et un problème de pression d'huile, mais aucun de ces deux ennuis ne persiste. Stewart continue à tourner dix secondes plus vite que tout le monde et s'impose avec quatre minutes d'avance sur Hill, bien que ce dernier ait perdu une minute dans un tête-à-queue au douzième tour : le pilote Lotus a dû sortir de son cockpit, redresser la monoplace et la pousser pour redémarrer.

Amon est parti en tête-à-queue dans le même tour, offrant la troisième marche du podium à Rindt. Dan Gurney (Eagle), quant à lui, finit neuvième après une crevaison, mais marque l'Histoire en étant le premier pilote à courir un Grand Prix avec un casque intégral.

En ce 4 août 1968, l'homme du jour était néanmoins Stewart. Les pneumatiques Dunlop étaient un atout dans ces conditions dantesques, mais avec un poignet cassé, l'outrageuse domination de l'Écossais relevait tout simplement de l'exception.

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A propos de cet article
Séries Formule 1
Pilotes Vic Elford , Jackie Stewart , Dan Gurney , Chris Amon , Jacky Ickx , Graham Hill , Jochen Rindt
Équipes Ferrari
Type d'article Actualités