Grosjean : Battre mon coéquipier "ne fera jamais mon bonheur"

Depuis le début de l'ère hybride, Romain Grosjean n'a jamais été battu par son coéquipier sur l'ensemble d'une saison, mais c'est loin de suffire à son bonheur.

Associé à Pastor Maldonado chez Lotus, puis à Esteban Gutiérrez et Kevin Magnussen chez Haas, Romain Grosjean a en effet toujours eu l'avantage d'un point de vue comptable, inscrivant 106 points sur cette période contre 40 pour les trois hommes avec qui il a fait équipe.

En dehors d'un exploit au Grand Prix de Belgique 2015, Grosjean reste toutefois absent du podium depuis sa fructueuse saison 2013, où il en avait signé quatre lors des six dernières courses de l'année. Ces performances se raréfient, et le Français ne cache pas sa frustration, mise en exergue à la radio lorsqu'il rencontre des problèmes techniques. Une frustration qu'il a bien l'intention de maîtriser à l'avenir, pour prouver qu'il est capable de surmonter l'adversité.

"Il y a toujours des choses qu'on peut améliorer", déclare Grosjean pour Motorsport.com. "Il faut que je travaille davantage sur le fait de trouver mon chemin quand je suis frustré, de gérer les choses autrement, de mieux gérer les situations où les freins ne marchent pas, les choses comme ça, il faut que je travaille davantage là-dessus."

"De façon générale, au niveau de mon pilotage, de ma préparation physique, de mon feedback, je suis prêt à être Champion du monde dans une bonne voiture."

D'autant que cette frustration, selon Grosjean, n'est que l'expression de sa soif de victoire.

"Je suis parfois frustré parce que je veux gagner", insiste-t-il. "Et si je suis frustré, je parle à la radio. Sinon, où puis-je évacuer ma frustration ? L'autre façon de voir les choses, c'est de dire : 'OK, je ne vais pas gagner la course, je vais juste prendre mon salaire, piloter et rentrer à la maison'. Si j'arrive à ce stade quand j'ai 31 ans et que je veux être Champion du monde, alors ma carrière est un peu terminée."

"Tant que l'on garde cette flamme, cette combativité, et qu'on n'est pas forcément content quand on s'est qualifié 14e mais qu'on a battu son coéquipier... Ça ne fera jamais mon bonheur. Pour certains, c'est le cas, tant mieux pour eux, mais ce ne sera jamais suffisant pour moi."

"Il faut que je fasse passer mes messages radio, mais si je suis frustré, c'est parce que je veux gagner. Si on est en tête ou qu'on a une voiture qui peut gagner, on ne hurle pas et on ne se plaint pas, parce qu'on est à la place qu'on pense mériter."

Un top team en 2019 ?

Romain Grosjean ne dissimule pas ses espoirs de rejoindre un top team : le pilote Haas n'a jamais caché son attirance pour Ferrari et son rêve d'un retour chez Renault si le constructeur au losange retrouvait les avant-postes. Dans tous les cas, ce ne sera pas envisageable avant 2019 – l'année de ses 33 ans –, pour une raison très simple.

"Je continue de penser qu'un jour, le sort me sera favorable et j'aurai ma chance. Depuis 2015, je savais que j'avais un contrat de trois ans avec Haas [de 2016 à 2018, ndlr], donc il y a une annonce tous les ans mais pour moi, ça n'en est pas une."

"Il y a toujours des possibilités et j'imagine que le 1er décembre, Valtteri [Bottas] ne s'attendait pas à se battre pour le Championnat du monde au lieu de la septième ou la huitième place. Il a eu un coup de fil, et il s'est retrouvé dans une voiture Championne du monde. Les choses peuvent arriver à tout moment, et j'espère que mon jour viendra", conclut Grosjean.

 
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