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Interview

Grosjean "triste" de voir l'arrêt de la production du moteur Renault

Dans une interview exclusive avec Motorsport.com, Romain Grosjean s'est dit attristé par l'abandon du moteur de Viry-Châtillon et par la forme actuelle d'Alpine, tout en revenant sur ses premières années au sein de l'académie Renault, qui lui a offert une chance en F1.

Romain Grosjean

Photo de: Andy Hone / Motorsport Images

Romain Grosjean fait partie de ces pilotes français qui ont roulé sous les couleurs de l'équipe Renault en Formule 1. Après avoir rejoint l'académie de jeunes pilotes du constructeur, Grosjean s'est vu offrir sa première opportunité dans la catégorie reine par la marque au losange.

Dans une interview exclusive avec Motorsport.com, l'ancien pilote de Formule 1 est revenu sur ses premières années dans le giron de l'équipe française. "Sans eux, je n'aurais jamais été pilote de course", a-t-il déclaré dans le paddock du Grand Prix de Mexico. "Pour moi, cela a été une grande partie de mon histoire et de ma carrière de pilote."

"J'ai été très chanceux de les rejoindre à la fin de l'année 2005 et d'être arrivé en Formule 1 grâce à leur programme. C'est sûr que ce sont de bons souvenirs, de bons moments : ma première fois dans une F1, ma première fois dans une usine de F1, alors oui, c'était assez excitant."

Lire aussi :

Grosjean, avec son statut d'ancien pilote Renault, a été interrogé sur son ressenti face à l'arrêt de la production du moteur français. Comme beaucoup, celui qui court maintenant en IndyCar, est peiné de voir un si gros chapitre de l'Histoire de la Formule 1 se fermer de cette manière.

"Je suis un peu triste, parce que je suis français et que je connais cette usine depuis 2005", a-t-il répondu. "Je pense qu'ils ont produit de très bons moteurs, comme des mauvais moteurs, mais c'était un très bon motoriste, qui représente une grande partie de l'Histoire de la Formule 1."

"Ils font des moteurs depuis si longtemps… Les pontons jaunes, ils ont été en quelque sorte les premiers à apporter des turbos et puis bien sûr le V8 était fantastique et le V10 avec Fernando [Alonso] était génial, et puis les V6 hybrides. La première version en 2014 n'était pas la meilleure, mais elle s'est ensuite améliorée de plus en plus."

Fernando Alonso, Ferrari F2012, devant Romain Grosjean, Lotus E20 Renault en 2012.

Fernando Alonso, Ferrari F2012, devant Romain Grosjean, Lotus E20 Renault en 2012.

Photo de: LAT Photographic

Les rumeurs vont à une association d'Alpine avec Mercedes. Ce n'est pas la première fois qu'une équipe partenaire de Renault passerait sous motorisation de la marque à l'étoile. Ça a été le cas lorsque Lotus, en partenariat avec le constructeurs français, a finalement choisi d'équiper ses monoplaces du V6 Mercedes lors de la saison 2015.

Grosjean, avec son coéquipier Pastor Maldonado, pilotaient pour l'équipe à ce moment-là. Le Français a donc vécu le changement de moteur, qui, selon lui, était justifié à l'époque. "Mercedes dans ce temps était fantastique, ils avaient certainement le meilleur moteur, donc c'était génial d'aller chez Mercedes en 2015", a-t-il expliqué. "Renault avait un peu de mal en 2014, mais ils ont quand même gagné des courses avec Daniel Ricciardo et Red Bull, donc ils avaient du potentiel, et puis c'est toujours facile de blâmer le moteur."

Actuellement, Alpine pointe en neuvième position du classement constructeurs avec 14 points inscrits cette saison. Une campagne 2024 pleine de rebondissements, et surtout, très compliquée pour l'équipe d'Enstone qui peine à se relever après des premiers mois catastrophiques.

"Les temps sont durs", a déclaré Grosjean avec un sourire triste. "[Alpine] ne semble pas trouver de base solide pour commencer à travailler [dessus]. C'est ce qu'ils doivent faire maintenant, de mon point de vue, et j'espère qu'ils retrouveront ensuite un rythme correct. Je sais qu'Enstone a beaucoup changé depuis mon départ, ils ont beaucoup investi et j'espère que ça paiera un jour."

Propos recueillis par Erwin Jaeggi

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