Six équipes alertent Todt et Carey sur l'affaire Budkowski

Les six équipes de pointe de la Formule 1 ont écrit à Jean Todt, président de la FIA, et à Chase Carey, PDG de la F1, pour exprimer leurs inquiétudes quant au départ de Marcin Budkowski de l'instance dirigeante internationale.

Budkowski a démissionné de ses fonctions de responsable du département technique de la FIA la semaine dernière, avant une arrivée attendue chez Renault.

Jusqu'au moment de sa démission, Budkowski est resté dans le secret des informations internes fournies par toutes les équipes, comprenant leurs futures idées de recherche et développement, qui sont habituellement soumises à la FIA pour approbation.

Les équipes rivales se sont alarmées en apprenant par Charlie Whiting que l'ancien aérodynamicien de Ferrari et McLaren disposait d'une période d'inactivité forcée de seulement trois mois, signifiant qu'il peut débuter dans son nouvel emploi à la fin de l'année, et apporter ainsi une contribution significative sur la voiture de l'année prochaine.

La question a été discutée lors d'une réunion informelle entre les équipes du Groupe Stratégique en Malaisie, à laquelle ont assisté Toto Wolff (Mercedes), Christian Horner (Red Bull), Maurizio Arrivabene (Ferrari), Éric Boullier (McLaren), Paddy Lowe (Williams) et Bob Fernley (Force India). Le hasard fait que Renault n'est actuellement pas membre du Groupe Stratégique.

La lettre qui a été écrite après cette réunion dit que les équipes veulent discuter des conséquences de l'affaire Budkowski, et suggèrent qu'il devrait y avoir de nouveaux protocoles à la fois pour les membres de la FIA et de F1/Liberty avec un délai bien plus important avant qu'ils puissent rejoindre des fonctions dans une équipe.

"Je souhaite de bonnes choses à Marcin, c'est quelqu'un de bien", a déclaré Toto Wolff à Motorsport.com. "Je pense qu'il peut retourner dans une équipe et y faire carrière, je ne voudrais pas me mettre en travers de son chemin."

"Mais en tant qu'officiel de la FIA, si vous faites le règlement et publiez les directives techniques, vous ne pouvez pas négocier un contrat pour rejoindre une équipe et y aller trois mois plus tard. Il devrait y avoir un potentiel conflit d'intérêts, je ne dis pas qu'il en a abusé, mais il devrait y avoir une certaine politique d'éthique que nous suivons tous."

"Nous ne voulons pas qu'il paraisse mis en danger quand il était fortement impliqué dans la conception des règlements, et d'un autre côté avoir des des discussions avec les équipes. Il faut un certain délai, j'imagine."

L'accent serait mis désormais sur les protocoles futurs, plutôt que sur une tentative spécifique de reporter l'arrivée de Budkowski chez Renault, mais Bob Fernley a fait savoir que le sujet était néanmoins toujours discuté.

"Je ne sais pas si quelque chose peut être fait à ce stade", a expliqué le directeur adjoint de Force India à Motorsport.com. "Mais je pense que nous devons probablement regarder derrière et devant. Il est probablement trop tôt pour prendre des décisions. De manière réaliste, nous devrions laisser passer le Japon et avoir ensuite plus de temps pour mieux en discuter."

"Il est assez clair qu'il va aller chez Renault, donc il y a une menace. Ça n'affecte évidemment pas autant Force India que des gens comme Mercedes, Ferrari et Red Bull. Mais ça nous touche quand même, et il y a encore des choses que nous faisons."

"Le processus, par le passé, était d'aller voir la FIA et de dire ce que nous pensions faire, et voir comment c'était de leur côté. Et nous obtenions une direction claire et impartiale. La difficulté, c'est que si l'on ne peut pas compter là-dessus, il faudra alors prendre plus de risques."

Écrire un commentaire
Montrer les commentaires
A propos de cet article
Séries Formule 1
Équipes Force India , Ferrari , Red Bull Racing , Mercedes , Williams , McLaren
Type d'article Actualités
Tags fia, liberty, marcin budkowski