Haas : La F1 n'est pas rentable au-delà des 4 ou 5 premiers

Malgré l'arrivée d'un plafond budgétaire en F1, Haas ne voit pas ses propres coûts baisser et se pose la question de la pertinence de l'investissement en F1 sur la durée.

Haas : La F1 n'est pas rentable au-delà des 4 ou 5 premiers

Admettant se poser la question du futur de son équipe en Formule 1 au-delà de cette saison 2020, Gene Haas note que la discipline est un business coûteux, dans lequel la rentabilité est moindre. Les équipes F1 doivent encore s'engager pour 2021 et au-delà. De nouvelles règles techniques, commerciales et sportives entreront en application l'an prochain mais n'amènent, selon Haas, pas encore de réelles garanties. Impliqueront-elles un véritable bon sens commercial à ses yeux dans le but de tenir un modèle viable sur les cinq années d'engagement requises par Liberty Media ?

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Lorsque Motorsport.com lui demande lors d'une entrevue exclusive si le rendement sportif actuellement obtenu en F1 vaut l'investissement réalisé, Haas répond pourtant du tac au tac : "Cela ne vaut clairement pas la peine financièrement parlant, je peux vous le dire ! Le modèle économique ne favorise pas les petites équipes. Comme chacun sait, vu la façon dont l'argent a été distribué. 70% de l'argent va aux trois premières équipes et 30% aux sept autres. Ce n'est pas un bon modèle économique."

Dans la situation actuelle de Haas F1 Team, on ne reçoit "qu'environ un tiers de ce que cela coûte réellement pour faire tourner une équipe de Formule 1", poursuit l'entrepreneur, qui en conclut : "Sur la base du modèle économique, ça ne marche pas si bien que ça."

Reste que chaque équipe dispose d'une nature et de motivations différentes pour se trouver dans la discipline reine. "Il y a le sponsoring primaire, et pour Ferrari, cela fait 60 ans qu'ils le font", note Haas. "Ils ramènent assez d'argent à la maison pour atteindre le plafond de 175 millions de dollars, mais beaucoup d'autres équipes fonctionnent avec un quart de ce montant. Alors, comment peut-on vraiment diriger une équipe de course avec ce genre de disparité ?"

"Un défi, un sport difficile, extrêmement coûteux"

Nul doute que Haas, dernier arrivé sur la grille F1, n'est pas le plus influent politiquement parlant pour faire plier un système qui cherche, certes depuis peu, à en donner plus (ou tout du moins réduire les coûts) à tous les acteurs de la grille pour maintenir une situation saine. Le milieu de plateau, en particulier, est le théâtre d'une lutte serrée dont il faut sortir vainqueur pour bien se positionner sportivement au championnat et empocher les primes associées.

"Notre voiture n'était certainement pas la plus rapide", analyse Haas, revenant sur ce qu'il a observé des essais hivernaux de Barcelone. "Nous étions en milieu de plateau. Il y a quelques années, ce milieu de peloton était contenu en cinq secondes. Cette année, tout le monde se tient dans deux secondes, peut-être même plus près que ça. Je pense que la seule bonne nouvelle, c'est que nous n'étions pas vraiment plus lents que les Ferrari… mais les Ferrari n'étaient pas non plus en tête du classement tous les jours."

Haas savait bien tout cela en arrivant en F1 et assure ne pas se plaindre. Ces commentaires sont avant tout des constats et des interrogations à voix haute de la pertinence de son propre investissement financier dans la discipline. "Il s'agit d'un défi. C'est un sport difficile, extrêmement coûteux. Cela prend du temps [pour s'y montrer performant durablement, ndlr] et cela met énormément de pression sur les équipes qui participent à la compétition. Mais ce n'est pas vraiment rentable pour les équipes qui ne sont pas dans les quatre ou cinq premiers."

Propos recueillis par Jim Utter  

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