Haas : Magnussen a empêché Grosjean de devenir "suffisant"

2017 marque un contraste notable dans les performances de Romain Grosjean vis-à-vis de celles de son coéquipier ; pour le mieux, d'après Günther Steiner, directeur d'équipe.

Pour sa première campagne en Formule 1, Haas F1 Team alignait un duo composé de Romain Grosjean et d'Esteban Gutiérrez, mais le rapport de force entre les deux partenaires avait clairement tourné à l'avantage du Français, qui a marqué l'intégralité des 29 points de Haas en 2016 tandis que Gutiérrez accumulait les 11e places.

Le Mexicain a cependant été remplacé par Kevin Magnussen pour 2017, et le Danois réalise des performances bien plus similaires à celles de son équipier. Haas compte 29 points de nouveau, mais cette fois à mi-saison, avec 18 unités pour Grosjean et 11 à Magnussen, le Français bénéficiant également d'un léger avantage en qualifications.

Lorsque Motorsport.com lui demande dans une interview exclusive comment Grosjean a réagi à l'arrivée de Magnussen, Günther Steiner répond : "Il a bien réagi. Je pense qu'il l'a pris comme un défi. Peut-être qu'au début, il est sorti de sa zone de confort, mais je pense que c'est quand ils sont légèrement en dehors de leur zone de confort qu'ils sont à leur meilleur niveau, parce que quand on est dedans, on stagne. On devient suffisant."

"C'est très facile de devenir suffisant si l'on n'est pas contesté. Surtout dans tout business ou sport où le niveau de performance est élevé. Il faut toujours se faire pousser un peu parce que sinon, si on est trop à l'aise, c'est toujours trop facile."

Magnussen, sous-estimé selon Grosjean

Avant de rejoindre Haas, Romain Grosjean a eu son lot de coéquipiers redoutables, avec notamment Fernando Alonso chez Renault en 2009, puis Kimi Räikkönen chez Lotus de 2012 à 2013. Kevin Magnussen ne jouit pas de la même réputation que ces Champions du monde, mais selon Grosjean, le Danois n'est pas reconnu à sa juste valeur.

"Ma relation avec lui est vraiment bonne, ça m'a presque surpris", déclare Grosjean pour Motorsport.com. "Les coéquipiers sont toujours en guerre, mais nous sommes tous deux adultes et nous nous respectons beaucoup."

"Je pense qu'ils est sous-estimé. Il est super rapide. Il peut être très performant quand la voiture ne lui convient pas, ça lui importe peu. Je dirai que j'ai plus appris de Kimi dans la façon de régler la voiture et d'aborder un week-end, mais je pense que Kevin, pour l'autre aspect, est le meilleur."

"Dans les autres catégories, où on est plus jeune, tous les coéquipiers, je voulais les tuer. Je voulais juste être le meilleur. Même quand on est en Formule 1, il y a Kimi et on se dit : 'Je veux le battre parce que c'est la référence'. Mais maintenant, je pense que nous avons deux références, et c'est bien. S'il est plus rapide, très bien, je dois progresser, et si je suis plus rapide, très bien, c'est une bonne journée pour moi."

Il y a forcément une dose de rivalité entre deux coéquipiers, mais dans le cas des pilotes Haas, il semble qu'elle soit particulièrement saine.

"Je pense que c'est très important pour une équipe d'avoir deux pilotes très rapides. Quand on a un pilote plus rapide que l'autre, le pilote rapide devient plus lent, il a la vie facile. Alors que quand on a deux pilotes qui se poussent dans leurs retranchements, comme on le voit chez Mercedes avec [Valtteri] Bottas qui pousse Lewis [Hamilton], c'est génial. Pour Lewis, c'est dur parfois, parce qu'il a dû élever son niveau de jeu, et dans d'autres équipes, ça n'est simplement pas le cas", conclut le Français.

Propos recueillis par Lawrence Barretto

 
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Séries Formule 1
Pilotes Romain Grosjean , Kevin Magnussen
Équipes Haas F1 Team
Type d'article Actualités
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