Pourquoi Haas a refusé de laisser Magnussen abandonner

Haas F1 Team ne laisse rien au hasard dans la lutte pour la huitième place du championnat des constructeurs, en témoigne la persévérance imposée à Kevin Magnussen au Grand Prix de Turquie.

Pourquoi Haas a refusé de laisser Magnussen abandonner

Le Grand Prix de Turquie a particulièrement bien commencé pour Kevin Magnussen et Haas sur l'Istanbul Park, puisque le Danois a longtemps évolué à la dixième place avant de se faire doubler par la McLaren de Lando Norris. Il restait néanmoins solidement installé aux portes des points lorsque son deuxième arrêt s'est mal passé : il est reparti alors qu'une roue était peut-être mal fixée et a dû s'immobiliser à la sortie de la pitlane avant d'être ramené à son stand.

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Après cette mésaventure, Magnussen s'est retrouvé 18e avec quasiment quatre minutes de retard sur le leader Lewis Hamilton et trois sur la dixième place occupée par Norris. Le pilote Haas a donc demandé à abandonner, notamment car ses rétroviseurs étaient sales, ce qui lui compliquait la vie pour obéir aux drapeaux bleus.

Magnussen s'est plaint à la radio que la situation était "dangereuse", s'agaçant auprès de son ingénieur de course Gary Gannon : "Tu m'écoutes ? Je n'y vois rien." Il a ensuite ajouté : "Mec, j'y vois que dalle…" Et quand Gannon lui a dit qu'il avait compris, Magnussen a rétorqué : "Il y a quelqu'un qui ne comprend pas."

L'écurie a effectivement insisté pour que son pilote reste en piste, ce qu'explique le directeur d'équipe Günther Steiner : "La difficulté, c'est qu'il ne voyait pas derrière lui à cause des rétroviseurs. Je crois qu'ils étaient sales et qu'avec toutes les projections d'eau on n'y voyait rien. Et être au milieu de la piste avec les drapeaux bleus est très difficile si on ne voit pas à l'arrière. Il ne voulait pas gêner la course de qui que ce soit ou faire quoi que ce soit qui soit considéré comme une faute."

Guenther Steiner, Team Principal, Haas F1 parle aux médias

"Il a commencé à le dire à environ 12 tours de l'arrivée. Et lors d'une course comme ça, il est toujours possible que ça vire à la pagaille devant avec un groupe de cinq ou six voitures. C'est une décision difficile car on a vraiment l'air stupide si l'on a retiré une voiture. Et il était rapide."

"Une fois que le groupe des leaders est passé, avec [Lance] Stroll [derrière lui] il maîtrisait bien la situation. Nous avons surveillé les chronos, nous lui avons dit qu'il avait au moins dix secondes d'avance sur les autres, et il a maintenu ces dix secondes. Nous avons donc décidé de le laisser en piste, et la voiture fonctionnait bien. Les chances d'avoir une opportunité étaient très faibles, mais on ne peut simplement pas abandonner."

"Nous avons compris qu'il était en difficulté, mais nous savions aussi que personne n'allait arriver derrière lui pendant un moment. Autant continuer. Bien sûr, pour lui, c'était frustrant. Mais nous avons parlé avec lui par la suite et nous lui avons expliqué la situation. Dans ces courses-là, il peut y avoir la pagaille dans un groupe de six voitures qui s'éliminent mutuellement, et soudain on est dans une position différente et on repart."

Magnussen a finalement été autorisé à abandonner dans le dernier tour – du moins celui du leader, car il lui en restait personnellement trois à parcourir. Haas voit son compteur rester désespérément bloqué à trois points, toujours avec cinq longueurs de retard sur Alfa Romeo, à trois courses du terme de la saison 2020.

Propos recueillis par Adam Cooper

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