"Résilience et détermination" : ce qu'apporte Hadjar chez Racing Bulls
Au-delà de son talent et de premiers résultats prometteurs, Isack Hadjar est parvenu à insuffler "résilience, détermination et concentration" chez Racing Bulls, où Laurent Mekies est définitivement sous le charme.
Photo de: Clive Mason - Getty Images
Son détachement apparent et, parfois même, son impression de ne pas vraiment croire ce qui lui arrive font d'Isack Hadjar un personnage rafraîchissant dans le paddock de la Formule 1. Néanmoins, son écurie l'assure, derrière la façade se cache un pilote dont la détermination ne fait aucun doute, et il l'a déjà prouvé en quelques Grands Prix.
"Isack est un personnage extraordinaire", assure son directeur chez Racing Bull, Laurent Mekies, dans le dernier épisode du podcast JAonF1 de James Allen. "Il s'intègre parfaitement à l'équipe. Il est jeune, il a 20 ans, il est audacieux, drôle, il parle à sa génération. Il suffit de regarder ce qu'il fait en coulisses, sur les réseaux sociaux aussi. Et on comprend à quel point il est authentique, drôle, et qu'il ne fait de mal à personne. Mais dès qu'il monte dans la voiture, qu'il met son casque, il devient l'une des personnes les plus compétitives qu'on puisse imaginer. Il se fond pleinement dans la brutalité de la compétition."
Pas de K.-O. à Melbourne
Le crash-test de la détermination et de la solidité mentale, le Français l'a passé dès son tout premier Grand Prix en Formule 1. Épreuve dont il n'a en fait pas pris le départ, à Melbourne, après s'être mis dans le mur dans le tour de formation alors que la pluie arrosait le circuit australien. Isack Hadjar aurait pu perdre pied et tout remettre en question, mais il s'est rapidement ressaisi, accédant à la Q3 dès le week-end suivant puis cueillant ses premiers points lors de son troisième Grand Prix.
L'accident d'Isack Hadjar à Melbourne.
Photo de: Kym Illman - Getty Images
"Évidemment, il a pris un gros coup derrière la tête à Melbourne le dimanche, avec l'accident dans le tour de formation", raconte Laurent Mekies. "Mais le talent finit toujours par parler. On avait déjà de grandes attentes autour d'Isack, au vu de tout ce qu'il avait accompli et de son approche en formules de promotion. Mais je pense qu'on peut dire sans exagérer qu'il nous a déjà tous surpris, par tout ce qu'il a apporté à l'équipe, et par la vitesse qu'il a montrée dès Melbourne.
"Les gens nous demandent souvent : 'Qu'est-ce que vous lui avez dit après le dimanche à Melbourne ?'. Eh bien, pas grand-chose en réalité. Parce que quand la voiture est dans le mur, on ne pense pas vraiment à ça. En fait, ce qu'il avait démontré avant l'accident était déjà l'essentiel : la vitesse était là, l'intégration aussi. Il se comportait déjà comme un pilote de F1, sans même avoir terminé son premier week-end."
"Et le week-end suivant, il arrive en Chine, c'est un format sprint, donc une seule heure d'essais. C'est une piste qu'il n'a jamais connue dans aucune catégorie. Et il place la voiture en septième position sur la grille. Ça montre à quel point ces gars-là sont des athlètes exceptionnels. Et ça renforce notre envie de raconter leur histoire à la jeune génération, d'ouvrir la porte, de leur faire découvrir ça, parce que ça nous enseigne à tous - jeunes comme moins jeunes - énormément sur la résilience, la détermination, la concentration… et cet équilibre entre travail intense et plaisir."
Quand on voit des gamins de 20 ans capables de faire ça, c'est impressionnant.
Isack Hadjar et Laurent Mekies.
Photo de: Red Bull Content Pool
Cette résilience, Laurent Mekies la juge "indispensable en sport automobile", et il salue tout ce qu'apporte son pilote débutant à une écurie qui elle-même doit jongler entre son propre projet et l'accompagnement des futurs pilotes Red Bull. Le directeur d'écurie et d'autant plus étonné par cette sorte de maturité précoce chez les sportifs de haut niveau.
"On traverse des moments très difficiles, et il faut apprendre à les digérer", souligne-t-il. "Mais comme dans la vie, ce n'est pas suffisant de simplement les mettre de côté. Il faut rouvrir le livre, analyser ce qui n'a pas marché, chercher comment faire mieux la fois d'après. Pilotes et équipes, on apprend tous de nos erreurs.
"Il existe un mécanisme incroyable dans ce sport : on vit des échecs, mais on apprend à les digérer. Et il n'est pas question de simplement les enfermer dans une boîte pour les oublier. Il faut ouvrir la boîte, analyser, comprendre comment s'améliorer. Il faut se concentrer sur les solutions, pas sur les problèmes. C'est facile à dire à un certain âge, mais quand on voit des gamins de 20 ans capables de faire ça, c'est impressionnant. Et Isack l'a fait, exactement comme il fallait."
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