Comment Hamilton s'est remis d'un "désastre" à Bakou

Retour sur la manière dont Lewis Hamilton et Mercedes ont rebondi après des essais libres difficiles à Bakou.

Comment Hamilton s'est remis d'un "désastre" à Bakou

Sans connaître le contexte de ce Grand Prix d'Azerbaïdjan, écouter la radio de Lewis Hamilton à la fin des qualifications laisserait imaginer qu'il a signé la pole position : "Super ! Quelle performance, quelle performance les gars, quelle performance !"

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Lorsque Hamilton a garé sa Mercedes W12 derrière le panneau P2, il y avait un surprenant sentiment de soulagement pour le septuple Champion du monde. Il n'a peut-être pas amélioré son record de 100 pole positions, mais il a rebondi lors de ce qui était parti pour être un week-end coûteux pour Mercedes.

Après les difficultés de Monaco, ça n'avait pas l'air de s'arranger pour Hamilton ce vendredi à Bakou. Des EL2 difficiles l'ont vu finir la journée à la 11e place, plus d'une seconde derrière la référence établie par la Red Bull de Sergio Pérez. Son coéquipier Valtteri Bottas était une seconde plus loin, 16e.

Le directeur d'équipe Toto Wolff était pessimiste pour le reste du week-end, se préparant à des qualifications "très, très difficiles". Hamilton et Bottas étaient tous deux en difficulté au début de la dernière séance d'essais libres, rapportant un manque d'adhérence à la fois à l'arrière et à l'avant.

Mais alors que les minutes s'écoulaient, Hamilton a enfin réalisé un bon tour pour se propulser à la troisième place du classement final, à quatre dixièmes du leader surprise Pierre Gasly. Cela restait loin d'être convaincant de la part de Mercedes, d'autant que Bottas restait en dehors du top 10, mais ils étaient sur une pente ascendante.

"Nous étions encore un désastre en EL3", confie Hamilton. "Mais nous avons découvert quelque chose à la fin de la séance, et j'ai continué à pousser dans cette direction. Ça a payé." Mener les réglages dans une autre direction a permis de résoudre en partie les problèmes de mise en température des pneus auxquels la Mercedes faisait face en essais libres comme à Monaco, permettant à Hamilton de renverser la situation.

"Nous avons essayé quelque chose tout à la fin avec les réglages, et cela a un peu libéré le potentiel. Il s'agissait vraiment juste de faire fonctionner les pneus. Nous n'arrivons pas à faire marcher nos pneus comme les autres le peuvent généralement, c'était donc le jour et la nuit niveau sensation lorsque les pneus ont soudain commencé à fonctionner. Nous étions de retour !"

Lewis Hamilton, Mercedes

Cette avancée est arrivée après une longue nuit de travail et d'analyses pour Mercedes, qui a duré jusqu'au début des qualifications. Malgré la confiance de Hamilton en l'équipe avec laquelle il a connu tant de succès, l'incertitude régnait quant à la direction empruntée : "J'étais très anxieux, car on ne sait pas si l'on va avoir raison ou tort. Cela peut signifier que l'on est hors du top 10, comme c'était notre cas [samedi] matin et [vendredi]."

"Finalement, il a juste fallu lâcher prise, littéralement dix minutes avant la fin de la séance. Nous sommes restés là [vendredi soir] jusqu'à 23h. Encore une fois, juste avant la séance, dix minutes avant, nous faisions encore de petits changements, puis avons simplement dû faire avec, y aller et tout donner."

Toto Wolff révèle quant à lui que Mercedes a pris des mesures "extrêmes" au niveau des réglages pour obtenir le résultat souhaité : "Il n'y avait pas de remède miracle, nous avons juste épluché les chiffres, tenté des choses, écouté le feedback des pilotes et fini par mieux régler la voiture. C'est dans le dernier run d'EL3 que nous avons essayé de confirmer ce pas en avant, et la voiture était plus ou moins au niveau."

L'une des tactiques qui ont permis à Hamilton et Bottas de se démarquer en qualifications est de faire deux tours de mise en température des pneus avant leur tentative lancée. Tous deux ont procédé ainsi en Q2 et en Q3, en évitant de se faire prendre au piège par les drapeaux rouges agités à la fin de chaque séance. Cela a permis à Hamilton en particulier d'être en bien meilleure forme, troisième en Q2.

Le premier run de Hamilton en Q3 l'a placé deuxième sur la grille, entre Charles Leclerc et Max Verstappen. Il n'était qu'à 0"232 de la pole de Leclerc, trouvant près de sept dixièmes de seconde par rapport à son meilleur temps des EL2. Et pourtant ! "Je pense vraiment qu'il y avait davantage de temps à trouver, je pense que j'étais trop proche de Valtteri dans le premier tour", estime le Britannique. "J'ai eu du mal, j'étais un peu trop lent dans le deuxième secteur car j'étais juste trop proche de la voiture de devant. Mais je prends quand même !"

En fin de compte, le drapeau rouge provoqué par l'accident de Yuki Tsunoda au virage 3 a mis un terme aux qualifications, assurant la deuxième place sur la grille pour Hamilton – devant Verstappen, ce qui est crucial. On sait que Hamilton excelle dans l'adversité ; l'expérience monégasque a donné matière à réfléchir à Mercedes et à son pilote, qui se sont juré d'en tirer des leçons, et Bakou semble prouver que c'est chose faite. Il n'est donc pas surprenant que l'Anglais ait été si exubérant après les qualifications.

"Franchement, c'est l'un des meilleurs sentiments qui soient", se délecte-t-il. "Avec l'expérience difficile que nous venons de connaître, en étant hors du top 10 tout le week-end et en peinant vraiment à comprendre et à tirer les performances de notre voiture, ce sentiment est fantastique. Je suis vraiment content d'être à ce niveau et d'avoir fait le bon tour. Cela nous place dans une course bien différente de ce à quoi nous nous attendions [vendredi soir]."

Les quatre points de retard sur Verstappen semblaient partis pour s'accroître à Bakou, mais Hamilton se retrouve devant son rival pour le titre sur la grille, avec l'opportunité de reprendre la tête du championnat. Mais les leçons tirées avec ce renversement de situation en Azerbaïdjan pourraient s'avérer encore plus précieuses lors du reste de la saison.

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