Hamilton : Trois moteurs par saison dès 2018, "ça craint"

Le Champion du monde 2017, Lewis Hamilton, a critiqué le passage à trois moteurs par saison et par pilote en 2018, pointant du doigt le risque de voir encore plus de gestion au détriment de l'attaque.

Les unités de puissance devront, en 2018, disputer l'équivalent de sept courses, puisqu'elles seront limitées à trois pour 21 courses prévues au calendrier, tout en sachant que plusieurs éléments de ces propulseurs seront quant à eux limités à deux (MGU-K, unité de contrôle électronique et batterie).

Lewis Hamilton est passé maître dans l'art de la gestion des moteurs sous l'ère turbo hybride, une nécessité pour éviter les pénalités qui peuvent coûter très cher lorsque les batailles sont aussi serrées qu'en 2016 ou en 2017.

Mais au Brésil, en raison de sa sortie de piste dès la Q1, le Britannique s'est élancé depuis les stands avec dans sa W08 une version neuve et évoluée du moteur Mercedes et des réglages course, avec la ferme intention de fendre le peloton, montrant au passage une partie du vrai potentiel de sa machine. Il a terminé au quatrième rang, à cinq secondes du vainqueur Sebastian Vettel.

"C'est la première fois que j'ai poussé un moteur comme ça ! C'était sympa, normalement on le gère. [Cette saison] j'ai souvent réduit la puissance du moteur et ils me disaient sans cesse d'augmenter la puissance du moteur, et je faisais : 'Non, non, non, je préfère rester en puissance basse, je trouverai un moyen de revenir autrement'."

"J'imagine que c'est juste la peur de pousser un petit peu trop, comme l'explosion en Malaisie l'année dernière. Je n'aime pas l'idée d'aller vers trois moteurs [en 2018], je pense que ça craint. Nous devrions pouvoir attaquer plus. Le sprint est ce qui manque à la F1."

Les F1 vont être des "bus" en 2018

Un autre problème pour Hamilton est le poids des Formule 1, qui passera en 2018 à 733 kg, contre 728 actuellement, en raison notamment de l'arrivée du Halo, dispositif de protection du pilote. "Le fait est qu'avec les 100 kg [de carburant] que nous avons de nos jours, la voiture va être un bus l'année prochaine, elle va être tellement lourde, ça va être comme une foutue NASCAR l'an prochain."

"Les distances de freinage vont s’allonger, les freins sont en permanence en feu, à la limite. Je sais que ça a l’air négatif, mais en tant que compétiteur nous voulons des voitures rapides, agiles, avec lesquelles nous pouvons attaquer à chaque tour. Malheureusement, ce n’est pas ce que nous avons en général."

"Si vous regardez les gars de devant [au Brésil], ils géraient et c’est ce que nous faisons normalement. Je ne pense pas que ce soit très excitant à regarder pour les gens. Si on regarde les courses les plus excitantes – en particulier quand il pleut parce que nous n’avons pas ces limitations , [ce sont] les courses où Max [Verstappen], ou un autre pilote, revient de l'arrière. Comment offrir cela à l'avenir ? Je ne suis pas sûr que réduire le nombre de moteurs aille en ce sens."

En tout cas, le quadruple Champion du monde pourra terminer l'année en beauté à Abu Dhabi, avec un moteur qu'il pourra utiliser à plein. "Ouais, je vais tout donner à Abu Dhabi, ce qui est cool, je suis excité. C'est évidemment une position inhabituelle. Mais j'ai vraiment, vraiment aimé courir [dimanche], j'ai adoré piloter avec les pneus de cette année, je me demande pourquoi nous n'avions pas ces gros pneus avant."

"Quelle est la prochaine étape ? Peut-on les rendre plus gros, peut-on avoir plus d'adhérence venant d'eux à l'avenir ? Au final, plus de grip mécanique veut dire que nous pourrions faire plus en piste et qu'il y aurait plus de compétition, et c'est ce qu'il faut."

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