Histoire - La troisième monoplace, un outil multifonctions (2/2)

Depuis quelques mois, la possibilité de devoir faire appel à des équipes survivantes pour aligner une troisième monoplace et pallier à la défection de teams plus modestes, tels que Caterham et Marussia, existe réellement

Depuis quelques mois, la possibilité de devoir faire appel à des équipes survivantes pour aligner une troisième monoplace et pallier à la défection de teams plus modestes, tels que Caterham et Marussia, existe réellement. Si ce cas de figure est inédit dans la Formule 1 contemporaine, il l'était déjà moins jusqu'aux années 70 et 80.

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Chaises musicales

Il s'agissait ici d'alignements provisoires et ponctuels. Mais outre des cas particuliers comme celui de BRM en 1972, qui engagea quatre à six pilotes par course grâce à la manne financière apportée par Marlboro, il n'était pas rare de voir trois monoplaces et même plus dans les années 50. La principale raison venait de la règlementation qui permettait à un pilote ayant renoncé de relayer un équipier sur sa propre machine, ce qui débouchait sur un partage de leurs points.

Ce point du règlement a surtout aidé Juan-Manuel Fangio en 1956, souvent victime d'une monoplace insuffisamment préparée à en croire l'Argentin. Les jeunes loups qui le secondaient avaient encore tout à prouver et n'étaient pas tous disposés à lui rendre ce service. Luigi Musso, notamment, refusa de lui céder son volant au Grand Prix d'Italie, bien qu'il ne visait que la victoire et pas le titre. A l'inverse, Peter Collins, qui disposait d'une chance mathématique de sacre, offrit spontanément sa Ferrari à son aîné... et le titre mondial par la même occasion.

N'ignorant pas que les équipes pourraient user et abuser du règlement, la CSI (Commission Sportive Internationale, l'ancien organe sportif de la FIA) interdit cette possibilité à la fin de l'année 1957.

Sous-traitance

Enfin, il existait un autre cas de figure permettant l'introduction de monoplaces supplémentaires : les châssis clients. Des pilotes qui disposaient d'une valise de billets achetaient une vieille monoplace pour figurer sur la grille de départ. L'Américain Brett Lunger usa ses fonds de combinaisons dans des McLaren tandis que le Mexicain Hector Rebaque s'offrit des Lotus avant de fonder sa propre équipe...

Le patron d'équipe Rob Walker s'est même fait (re)connaître en tant qu'indépendant. Stirling Moss connut ses dernières heures de gloire avec son équipe au volant de Lotus moins évoluées que celles d'usine. Cependant, ces monoplaces ne faisaient pas partie de l'équipe officielle et courraient sous une autre bannière, et ne peuvent pas réellement être considérées comme des troisièmes autos.

Le cas de figure le plus parlant à ce niveau reste celui de March en 1970 qui aligna pas moins de six voitures pour quatre équipes différentes ! Il y avait l'équipe officielle avec Jo Siffert et Chris Amon, l'équipe Tyrrell pour Jackie Stewart et Johnny Servoz-Gavin, l'équipe STP (du nom de l'additif) pour Mario Andretti et Antique Automobiles pour le rookie Ronnie Peterson. Une situation qui ne perdura pas toute l'année ,étant donné que les deux derniers ne participèrent pas à tous les Grands Prix et que Tyrrell finit par construire ses proches châssis... avec plus de succès.

Autres temps, autres mœurs...

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A propos de cet article
Séries Formule 1
Pilotes Jackie Stewart , Peter Collins , Mario Andretti , Chris Amon , Hector Rebaque , Stirling Moss , Ronnie Peterson
Équipes McLaren , Ferrari
Type d'article Actualités