Honda sans solution pour son programme client

Le motoriste japonais espérait fournir une deuxième équipe F1 en 2018, dans le but d'accélérer le développement de son unité de puissance. Un scénario devenu désormais improbable, voire impossible.

La deuxième partie de saison va bientôt débuter et, alors que les prochaines semaines vont filer à un rythme soutenu, Honda est toujours dans le flou artistique concernant son programme F1 pour 2017. Compte tenu de ses énormes difficultés avec la fiabilité et les performances de son unité de puissance, le motoriste nippon n'a pas encore la certitude de poursuivre sa collaboration avec McLaren la saison prochaine. Dans le même temps, sa volonté d'y adjoindre un programme client pour accumuler kilométrage et expérience en 2018 a pris du plomb dans l'aile.

La première option de Honda était de motoriser Sauber l'an prochain, et après des discussions débutées dès le début de l'année, un accord avait été trouvé avec l'écurie suisse. Une entente néanmoins pas scellée contractuellement, et qui a finalement été rompue suite au départ de Monisha Kaltenborn et de son remplacement à la tête de l'écurie de Hinwil.

"C'est bien sûr très décevant", déplore Yusuke Hasegawa, directeur du programme F1 de Honda, auprès de Racer.com. "C'est un programme client et ça ne nuit donc pas trop à notre programme, mais nous nous attendions quand même à avoir l'opportunité de faire rouler davantage notre moteur. Nous aurions eu plus de données et nous aurions pu faire des comparaisons, donc c'est très décevant. Au-delà de ça, sur le plan pratique, nous avons dû stopper les préparatifs. C'est donc très mauvais."

"Je n'étais pas présent aux réunions, c'était Yamamoto-san. En fait, Jörg Zander [directeur technique de Sauber] et moi étions en permanence en communication, donc tous les deux, nous ne pensions pas que nous devrions arrêter cette collaboration, jusqu'au dernier moment." 

Sauber ne voulait plus du risque

En quête de plan B, Honda a également eu des discussions avec Toro Rosso. Néanmoins, on a appris cette semaine qu'elles n'avaient pas abouti, notamment par manque de temps de préparation pour les deux parties. Une réalité qui va prendre de plus en plus corps au fil des jours à venir…

Chez Sauber, Frédéric Vasseur voulait rapidement statuer sur la situation moteur, ce qu'il a fait dans les jours qui ont suivi son arrivée. L'accord avec Honda dénoncé, la structure suisse a rapidement trouvé une nouvelle entente avec Ferrari, partenaire historique et éventuellement intéressé pour faire, à terme, de l'équipe helvète son Junior Team.

Alors que les C36 sont propulsées cette année par un bloc Ferrari de l'année passée, Sauber ne voulait pas souffrir d'un nouveau déficit dans le domaine l'année prochaine, ce qui a motivé son rétropédalage.

"Le début des discussions avec Honda remontait à huit mois, et la situation a changé drastiquement des deux côtés", précise Frédéric Vasseur. "Nous avons atteint un point qui fait qu'à un moment, c'était mieux pour tout le monde de stopper les discussions, et nous l'avons fait d'une manière très juste avec Honda, et je voudrais les remercier pour les discussions que nous avons eues. C'était une bonne chose pour moi."

"Nous sommes dans une situation assez difficile en matière de rythme, et nous avons besoin d'une référence. Du côté de Honda, nous ne savons pas exactement ce qui se passera avec l'accord chez McLaren. C'est aussi une situation compliquée pour nous."

Écrire un commentaire
Montrer les commentaires
A propos de cet article
Séries Formule 1
Équipes Sauber , McLaren , Toro Rosso
Type d'article Actualités
Tags frédéric vasseur, honda, yusuke hasegawa