Avec Honda, Toro Rosso a trouvé la liberté

Avec son statut officieux d'écurie d'usine Honda, la Scuderia Toro Rosso a découvert une liberté qu'elle n'avait jamais connue auparavant en tant qu'équipe cliente.

L'écurie italienne était motorisée par Cosworth lors de sa première saison, en 2006, avant de passer aux groupes propulseurs Ferrari (2007-2013, 2016) et Renault (2014-2015, 2017). Les relations avec le Losange s'étaient fortement dégradées à la fin de la saison dernière, jusqu'à des accusations de sabotage.

Toro Rosso dispose désormais d'un accord portant sur trois ans avec Honda, et selon le directeur d'équipe Franz Tost, ce nouveau partenariat apporte des bénéfices remarquables, avec une collaboration bien plus fructueuse entre les deux parties.

"Cela fait une énorme différence, croyez-moi", déclare Tost pour Motorsport.com. "Cela commence déjà par le design de la voiture. Par le passé, nous recevions juste une unité de puissance et les fournisseurs disaient : 'Écoutez, voici l'unité de puissance, avec les tuyaux et tout ce qui va avec, mettez-la juste dans votre voiture'."

"Et maintenant, nos designers se réunissent avec les ingénieurs Honda, ils se demandent comment mettre le réservoir d'huile, par exemple, devant le moteur, comment le placer dans le châssis de la façon la plus avantageuse. Ou le système d'échappement. Cela a un grand impact sur l'aérodynamique, sur le côté de la voiture. Par ailleurs, quand on a l'air chaud des radiateurs à l'arrière, comment et où le fait-on sortir ? Auparavant, nous devions trouver la réponse tout seuls, et maintenant, nous en discutons avec Honda."

Selon Tost, c'est la première fois que Toro Rosso a un tel impact sur le moteur incorporé à son châssis, et les ingénieurs de l'écurie se délectent du champ des possibles qui s'est ouvert à eux.

"Si vous aviez vu le visage souriant des ingénieurs quand ils sont revenus du banc d'essai avec la boîte de vitesses et l'unité de puissance !" s'exclame Tost. "Ils ont dit : 'Nous pouvons changer la cartographie pendant le roulage'. Vous savez, avant, nous avions les cartographies mais tout était dans une boîte noire et nous ne pouvions rien faire. Même si nous disions 'peut-être que ça, ce serait mieux' ou 'ça, c'est mieux', ils répondaient 'prenez-le et c'est comme ça'."

"Et maintenant, nous avons un impact. Nous pouvons dire 'écoutez, essayons ça de cette façon, peut-être que nous pouvons gagner en performance'. Cela a beaucoup aidé des deux côtés. Par conséquent, pour Toro Rosso, c'était sans aucun doute le meilleur choix de coopérer avec Honda."

Cap sur 2019 !

Et bien que la saison 2018 de Formule 1 n'ait pas encore commencé, la Scuderia est déjà tournée vers la campagne suivante, pour laquelle elle aura davantage d'expérience de sa collaboration avec Honda et de l'unité de puissance japonaise.

"J'ai des attentes élevées pour la voiture de l'an prochain", ajoute Tost. "Cela fait presque un mois que nous travaillons dessus, et nous avons des idées encore meilleures sur l'agencement des différentes pièces de l'unité de puissance qui convienne le mieux au châssis. Du côté du placement, du côté thermique, du côté aérodynamique, du côté de la répartition des masses. Ce sont des facteurs importants pour le niveau de performance de la voiture."

Propos recueillis par Oleg Karpov et Roberto Chinchero

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