Indianapolis 2005 - Quand la F1 se ridiculise devant le monde entier

Il y a 12 ans, jour pour jour, se déroulait la course du Grand Prix des États-Unis 2005, marquée par le retrait des écuries chaussées de pneus Michelin et une épreuve disputée par six voitures seulement.

Avant

Avant
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Avant le début du week-end d'Indianapolis, Fernando Alonso (Renault) arrive en leader, avec 59 points contre 37 pour son plus proche poursuivant, Kimi Räikkönen (McLaren). Après avoir dominé la F1 pendant cinq années, Ferrari est en grande difficulté et n'est pas dans le match pour les titres mondiaux.

Photo de: XPB Images

Essais Libres 1

Essais Libres 1
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La première séance d'essais libres du Grand Prix voit Juan Pablo Montoya (McLaren) terminer en tête en 1'12"027 devant Ricardo Zonta (Toyota) et Fernando Alonso.

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Essais Libres 2

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Mais durant l'après-midi, l'épreuve prend un tournant décisif. Ralf Schumacher (Toyota) est victime d'une grosse sortie de piste dans le virage 13 du tracé d'Indianapolis, à savoir le banking de l'ovale qui est le seul emprunté par les F1 dans cette configuration.

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Essais Libres 2

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Il apparaît clairement que c'est le pneu arrière gauche de la Toyota qui a cédé, envoyant le pilote allemand dans le mur, heureusement équipé de SAFER barrier, un dispositif particulièrement efficace pour absorber les chocs et réduire les risques pour le pilote.

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Paul Stoddart, alors directeur de Minardi, racontera quelques jours plus tard : "Plus tard cet après-midi là, c'était la première fois que je prenais connaissance d'un problème potentiel avec les pneus Michelin lors de cette course. En toute honnêteté, je n'y ai pas accordé une grande attention, car notre équipe était équipée de pneus Bridgestone."

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Essais Libres 2

Essais Libres 2
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Lors de la même séance, Zonta, lui aussi sur Toyota, subit également une défaillance pneumatique étrange, mais dans une autre partie du tracé.

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Samedi

Samedi
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Ralf Schumacher déclare forfait le samedi matin. Il est remplacé pour le reste du week-end par Zonta, qui roulait en tant que pilote de réserve, dans une troisième Toyota, le vendredi.

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Samedi

Samedi
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"En arrivant au circuit, la rumeur était qu'il y avait un problème potentiel avec les pneus arrière fournis à toutes les équipes Michelin pour cette course, et il est devenu évident lors [des essais libres] que la plupart des équipes touchées étaient très conservatrices concernant leur roulage en piste", expliquera aussi Stoddart.

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Essais Libres 3 et 4

Essais Libres 3 et 4
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Côté sport, la journée se passe presque normalement : Kimi Räikkönen termine la dernière séance d'essais libres en tête, en signant 1'10"643.

Photo de: XPB Images

Qualifications

Qualifications
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Les qualifications, à l'époque disputées sur un seul tour lancé, permettent à Jarno Trulli de s'emparer de la pole (1'10"625), la toute première de l'histoire de Toyota en F1. Il devance Räikkönen et Jenson Button (BAR).

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Samedi

Samedi
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Lors d'une réunion organisée après les qualifications, avec tous les représentants d'écuries et des instances, le problème est soulevé de façon très succincte. Plus tard cependant, il devient clair que la situation est grave : Michelin a fait affréter de nouveaux pneus et pour la première fois, la possibilité d'une non participation des écuries du manufacturier est évoquée.

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Samedi

Samedi
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Michelin envoie à la FIA une première lettre dans laquelle le manufacturier explique ne pas comprendre la cause des problèmes, et pointant le fait que le virage 13 impose aux gommes des contraintes spécifiques. Cela est d'autant plus vrai en 2005 car la piste du speedway a été resurfacée auparavant, avec une dégradation plus importante signalée. L'utilisation de nouveaux pneus est évoquée mais le problème semble les affecter également.

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Samedi

Samedi
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Dans une seconde lettre de Michelin, envoyée le même jour, Pierre Dupasquier et Nick Shorrock (ici à droite de Günther Steiner) indiquent que le manufacturier ne laissera pas courir ses équipes (sept sur dix) dans ces conditions. Une solution est proposée par la firme française : ralentir le virage 13 en modifiant le tracé et en installant une chicane.

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Dimanche

Dimanche
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La FIA, dans une lettre en réponse à Michelin, bat en brèche les solutions proposées et en évoque trois : que les pilotes ralentissent dans le virage 13, qu'ils changent de pneus très régulièrement en course ou qu'ils utilisent une autre spécification, avec risque de pénalité car cela est contraire au règlement.

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Dimanche

Dimanche
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Une réunion en urgence est organisée le dimanche matin. Y participent Bernie Ecclestone, Tony George, le responsable du circuit, des représentants de Michelin et les directeurs d'équipes. Jean Todt, à la tête de la Scuderia Ferrari, est absent. Tout le monde s'accorde alors pour dire que seule la solution de la chicane dans le virage 13 est viable. Ecclestone se charge de convaincre Max Mosley, président de la FIA et non présent à Indianapolis, et Todt.

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Dimanche

Dimanche
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Aux alentours de 11h, une autre réunion a lieu et le verdict tombe : non seulement Jean Todt n'est pas d'accord, estimant que ce n'est pas le problème de Ferrari, mais Max Mosley refuse la moindre altération du tracé sous peine d'annulation pure et simple du Grand Prix. La plupart des gens présents sont dubitatifs face à cette intransigeance qui met en péril la course.

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Dimanche

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Les neuf équipes présentes tentent alors de trouver une solution qui garantirait le spectacle en piste pour les gens sur le circuit et devant leur télévision. Ainsi, plusieurs idées germent : faire de cette course une épreuve hors-championnat, ne pas faire marquer de points aux voitures Michelin, installer la chicane mais en ne la faisant utiliser que par les voitures du manufacturier français... La solution d'une course hors championnat implique alors que la FIA retire son personnel.

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Dimanche

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Qui dit pas de FIA, dit pas d'inspection et donc, de fait, pas vraiment de règlement. Les 20 pilotes sont alors appelés à rejoindre la réunion pour se faire exposer le plan : aucun ne semble en désaccord, même si ceux de Ferrari laissent à Jean Todt le soin de décider.

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Après le départ des pilotes, la solution trouvée est exposée au téléphone par Flavio Briatore, directeur de Renault, à Max Mosley. Ce dernier refuse de nouveau et surtout, plus tard, menace les autorités sportives américaines de représailles si jamais la moindre course hors championnat se déroule.

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Dimanche

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Dans ces conditions, le retrait de sept écuries devient inévitable malgré tous les efforts déployés. Il est décidé, en accord avec Ecclestone, que l'ensemble des voitures Michelin se mettent en grille, tout en ne prenant pas le départ de la course. Cependant, pour l'extérieur, le doute plane car ni les médias, ni les spectateurs ne sont informés de l'échec total des tractations même si la rumeur commence à s'élever.

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Course

Course
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Une fois la grille dégagée, les 20 voitures prennent le départ du tour de formation, toujours sans qu'aucune annonce n'ait été faite.

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Course

Course
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Au moment de revenir sur la grille, les 14 voitures équipées de Michelin plongent dans la voie des stands et se retirent de la course, sous les regards médusés des spectateurs et des téléspectateurs.

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Course

Course
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Personne n'en croit ses yeux, pas même les commissaires présents.

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Course

Course
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Et pourtant, il n'est même plus possible de faire machine arrière : alors que les dernières voitures Michelin sont rentrées dans les garages, le départ de la course est donné avec six monoplaces, toutes chaussées de Bridgestone (Ferrari, Jordan et Minardi).

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Course

Course
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La réaction du public ne se fait pas attendre : cris, huées, sifflets, pouces baissés, doigts d'honneur...

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Course

Course
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Des objets, comme des canettes ou des bouteilles, sont jetés sur la piste.

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Course

Course
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Sur le plan du sport, presque anecdotique ce jour-là, Ferrari réalise un doublé avec Michael Schumacher devant Rubens Barrichello, les deux hommes ayant même failli s'accrocher à une vingtaine de tours de l'arrivée.

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Podium

Podium
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Au terme de l'épreuve, personne n'est vraiment heureux - à l'exception notable et bien compréhensible de Tiago Monteiro, qui monte sur son premier podium - devant des tribunes en grande partie vides.

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Lundi

Lundi
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Le lendemain, la presse mondiale, généraliste ou sportive, évoque cette parodie de course et tacle l'incapacité de la discipline à parvenir à une solution de compromis qui aurait sauvé l'épreuve. En France, L'Équipe fait sa une sur l'épreuve en titrant : "Formule Zéro !"

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Après

Après
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Michelin prendra, quelques jours après, la décision d'offrir une compensation aux spectateurs lésés et achètera également 20'000 billets pour le GP des États-Unis 2006 afin de les distribuer à certains spectateurs. Mais la F1 n'est pas sortie grandie...

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A propos de cet article
Séries Formule 1
Type d'article Diaporama
Tags histoire, indianapolis, michelin, pneus