Interview - Lance Stroll, un "gosse de riche" sur les traces de Verstappen

Talentueux mais souvent présenté à ses 17 ans comme un adolescent gâté par ses solides commanditaires, Lance Stroll prouve néanmoins qu'il a la carrure pour aller plus haut. Habituez-vous à lui !

Interview - Lance Stroll, un "gosse de riche" sur les traces de Verstappen
Lance Stroll, pilote de développement Williams
Lance Stroll, Prema Powerteam, Dallara F312 - Mercedes-Benz; Maximilian Günther, Prema Powerteam, Dallara F312 – Mercedes-Benz; Ben Barnicoat, HitechGP, Dallara F312 - Mercedes-Benz
Lance Stroll, Prema Powerteam, Dallara F312 - Mercedes-Benz
Lance Stroll, Prema Powerteam Dallara F312 - Mercedes-Benz
Podium, Lance Stroll, Prema Powerteam Dallara F312 - Mercedes-Benz
Lance Stroll, Prema Powerteam Dallara F312 - Mercedes-Benz
Départ, Lance Stroll, Prema Powerteam Dallara F312 - Mercedes-Benz, Joel Eriksson, Motopark Dallara F312 - Volkswagen, Sérgio Sette Câmara, Motopark Dallara F312 - Volkswagen
La Grid Girl de Lance Stroll, Prema Powerteam Dallara F312 - Mercedes-Benz
Lance Stroll, Prema Powerteam
Lance Stroll, Prema Powerteam Dallara F312 – Mercedes-Benz
Podium : Lance Stroll, Prema Powerteam Dallara F312 – Mercedes-Benz
Lance Stroll, pilote de développement Williams
Lance Stroll, Prema Powerteam, Dallara F312 - Mercedes-Benz
Lance Stroll, Prema Powerteam, Dallara F312 - Mercedes-Benz
Podium : Lance Stroll, Prema Powerteam, Dallara F312 - Mercedes-Benz, Ben Barnicoat, HitechGP, Dallara F312 - Mercedes-Benz, Maximilian Günther, Prema Powerteam, Dallara F312 – Mercedes-Benz
Lance Stroll, Prema Powerteam Dallara F312 - Mercedes-Benz
Départ, Nick Cassidy, Prema Powerteam Dallara F312 - Mercedes-Benz, Lance Stroll, Prema Powerteam Dallara F312 - Mercedes-Benz
Lance Stroll, Prema Powerteam Dallara F312 - Mercedes-Benz
Lance Stroll, Prema Powerteam Dallara F312 - Mercedes-Benz
Lance Stroll, Prema Powerteam Dallara F312 - Mercedes-Benz
Lance Stroll, Prema Powerteam Dallara F312 - Mercedes-Benz
Lance Stroll, Prema Powerteam Dallara F312 - Mercedes-Benz
Podium : Lance Stroll, Prema Powerteam Dallara F312 - Mercedes-Benz
Lance Stroll, Prema Powerteam Dallara F312 - Mercedes-Benz
Podium, Lance Stroll, Prema Powerteam Dallara F312 - Mercedes-Benz, Anthoine Hubert, Van Amersfoort Racing Dallara F312 - Mercedes-Benz, Maximilian Günther, Prema Powerteam Dallara F312 - Mercedes-Benz
Lance Stroll, Prema Powerteam Dallara F312 - Mercedes-Benz
Lance Stroll, Prema Powerteam Dallara F312 - Mercedes-Benz, Maximilian Günther, Prema Powerteam Dallara F312 - Mercedes-Benz

Le destin de Lance Stroll en monoplace semble tout tracé depuis que le jeune Canadien a fait ses premiers tours de roue avec un soutien rarement vu pour une jeune pilote. Véritable "projet sur le long terme", Stroll est parvenu à forcer des portes habituellement fermées aux autres prétendants grâce à une entourage dédié à sa cause et n’ayant qu’un objectif : le faire monter jusqu’à la F1.

Si ce même investissement a aussi eu pour conséquence de le placer sous le feu nourri des critiques et des jugements méprisants sur son talent de pilote, le jeune homme prouve cependant graduellement que sa marge de progression est immense, et qu’il est capable de composer avec cette pression régnant sur ses épaules. Enfant gâté qui dispose de consignes d’équipes dès la F3 avec Prema pour faciliter son parcours, certes ! Mais Stroll, comme Verstappen, pourrait à terme prendre le plus haut niveau par surprise et venir secouer des croyances bien établies sur son compte en particulier, et celui des (très) jeunes pilotes en général.

En plus de mener actuellement le championnat F3 Europe de 61 points après 21 courses, Stroll, qui s'est offert le luxe de quitter la Ferrari Academy, dispose d’un programme de pilote de développement avec l’équipe Williams. Quelle sera la prochaine marche ? Motorsport.com en a parlé avec lui lors de son dernier meeting en Belgique.

Penses-tu que ta carrière est au niveau espéré actuellement ?

Je pense, oui. Je progresse de jour en jour. Je deviens plus fort en piste comme en dehors. Pour ma seconde saison en F3, mon objectif était de remporter le championnat, et c’est toujours le cas. Actuellement, nous sommes en tête et avons un peu de marge, mais les choses peuvent changer très rapidement. Il faut rester concentré.

Mais oui, je suis heureux de là où en est ma carrière. Depuis que je roule, j’ai gagné deux championnats en F4 et en Toyota Series, en Nouvelle-Zélande. L’an dernier, j’ai fait une super saison comme débutant en F3. J’ai commis quelques erreurs mais j’en suis revenu et j'ai terminé cinquième du championnat, ce qui est solide pour une première saison. Et cette saison, ça se passe très bien.

Ce fut un parcours un peu agité l’an dernier, mais Max Verstappen a montré à quelle vitesse un jeune pilote peut se développer, n’est-ce-pas ?

Absolument. C’est l’exemple parfait. Il a fait des choses spectaculaires pendant sa saison F3 mais il a aussi eu d’autres "moments chauds" et son lot d’accidents. Les dépassements incroyables ont pris le pas sur les crashs et je pense que tous les jeunes pilotes passent par un point de leur carrière lors duquel ils font quelques erreurs. Les miennes ont été très visibles, car ça s’est passé à l’avant du peloton. Je menais la course lors de l’une. Une autre fois, je me trouvais dans une position pour être sur le podium. Ce sont des choses qui arrivent et c’est derrière moi, maintenant. C’était il y a déjà un an.

Le plus important est d’en apprendre quelque chose. Cette année, j’ai été un pilote bien plus constant. L’an dernier, j’attendais mon tour pour gagner, et j’étais impatient à l’idée de le faire. Cette saison, c’est arrivé et j’ai un peu plus d’expérience. Je connais le championnat, la voiture, et ça se passe bien.

Tu semblais avoir de bonnes relations avec Felix Rosenqvist et Jake Dennis l’an dernier. Est-ce que ça aide d’être parmi des garçons comme ça pour attaquer comme un rookie ?

Énormément ! Cela m’a aidé à gagner en maturité en tant que pilote et à apprendre. Je n’étais pas en compétition avec eux… Je veux dire, j’étais leur rival en piste mais pour Felix, il s’agissait de sa cinquième saison et de la seconde de Jake, donc je savais que j’étais le débutant et c’était moi qui les chassais. Parfois, j’allais un peu plus vite, et ils élevaient immédiatement leur niveau de jeu. Il fallait donc aller les reprendre et apprendre quelque chose de nouveau pour comprendre où progresser. J’ai pris cela comme une année d’expérience et ne me suis pas placé dans une position de défi à leur égard. J’étais amical avec eux et je désirais apprendre pour cette année.

Felix a été un coéquipier particulièrement important pour moi. En matière de temps au tour et de la manière dont il gère son championnat. Même après cinq ans, il avait tout en place en fin de saison malgré des moments au cours de cette même saison lors desquels ça avait l’air vraiment difficile pour lui. J’ai eu beaucoup de chance d’avoir des équipiers comme eux, qui m’en apprennent tant sur la course, les qualifications et tous les aspects d’un week-end et les différents scénarios d’un championnat.

Tu as remporté la F4, les Toyota Racing Series. Est-il parfois frustrant de voir autant d’attention portée sur ses soutiens quand tu es en fait en haut du tableau ?

C’est frustrant, mais en même temps je ne peux pas changer cela. Mon père est riche. Je ne peux pas le nier ! Tout ce que je peux faire est d’y aller et de faire de mon mieux. J’ai gagné et je gagne toujours.

Mon père est riche. Je ne peux pas le nier! 

Lance Stroll

C’est certain que c’est frustrant. Peut-être qu’on ne me donne pas le crédit que je mérite, parfois. Mais je tente de ne pas trop regarder les choses négatives et d’être positif. Je sais que je suis assis dans un cockpit de voiture. Le reste, c’est juste des détails. Et tant mieux pour les gens qui comprennent ça. Ceux qui souhaitent être jaloux, eh bien… Peut-être qu’ils veulent trouver des excuses. Je ne perds pas mon temps avec ces choses-là.

Parle-nous de ton rôle chez Williams…

J’ai passé huit mois super avec eux. Ça a été fantastique. La coopération avec moi en F3 est géniale et ils comprennent bien que je me concentre à 100% sur la F3 sans me laisser distraire par la Formule 1. Ils désirent que je ne me concentre que sur une unique chose à la fois, et c’est génial. À chaque fois que je vais à l’usine, tout le monde est très amical et je suis vraiment heureux d’être avec eux.

Y-a-t-il une implication directe de Williams dans ton programme F3 ?

Non, non. C’est plus indirect. Ils supervisent ce que je fais et j’ai des journées de simulateur avec eux. Il s’agit plus de me garder sous leur aile pour le futur.

Parle-t-on de tests avec une monoplace un peu datée ou de séances d’Essais Libres 1 dans une F1 en fin d’année ?

J’espère vraiment, mais vers la fin de l’année. Il faudrait que ce soit en fin d’année pour des EL1, de toute manière, car je n’ai encore que 17 ans. J’aurai 18 ans fin octobre et si cela doit se produire, ça doit se passer après. Je ne sais même pas quelle est la situation contractuelle des pilotes, ou si c’est possible. Je ne me concentre pas là-dessus. Peut-être une vieille auto ? Un test ou deux avant la saison serait tout à fait possible. Mais il faut encore discuter de tous ces détails.

Si l’opportunité de sauter dans un baquet de titulaire F1 en 217 se présentait, te sentirais-tu prêt ?

Oui… Mais c’est facile à dire. Je n’ai encore pas piloté de F1, donc je n’ai pas une compréhension totale de comment c’est. Après quelques tests, avec un peu plus d’expérience, alors j’aurai une bien meilleure idée de si je suis prêt à faire ce pas d’emblée ou pas.

Pour le moment, je suis un peu à l’aveugle sur la F1. J’ai piloté en F3 et dans une paire d’autres disciplines, mais je ne me suis jamais vraiment assis dans une F1. Je ne sais donc pas trop à quel point c’est différent de ce que je fais aujourd’hui, du niveau de complication, d’à quel point c’est plus physique. Toutes ces choses sont à découvrir en cours de route. Mais si c’est juste une autre marche et que je suis à l’aise dans la voiture, alors pourquoi pas ? La F3 est un niveau très élevé. On a vu des gars comme Max et je ne veux pas l’utiliser comme un exemple à chaque fois, car il reste l’exception. Mais des gars comme Ocon, Rosenqvist, pourraient faire aussi bien.

Maintenant, c’est mon année. Je mène le championnat. Il n’est pas terminé mais je pense que je suis monté à un niveau qui permet de monter dans un baquet F1 si l’opportunité se présente. Le plus dur est d’avoir l’opportunité. Il y a beaucoup de pilotes dans le monde capables de le faire mais ils n’obtiennent juste pas la chance. Il n’y a que 20 baquets et c’est difficile d’en obtenir un.

Le bonus, c’est que tu as 17 ans ! Tu as encore un peu de temps…

Oh oui, plus qu’un peu ! Je ne veux pas précipiter les choses, et je n’ai pas 25 ans. Je n’ai que 17 ans et c’est vrai, j’ai du temps devant moi. Mais saisir les opportunités est aussi important. On ne peut pas juste penser en se disant qu’on a le temps, encore un an, encore une autre année après. Parce qu’avant de s’en rendre compte, il est trop tard et quelqu’un d’autre a 17 ans !

Chaque chose en son temps. Cette année, nous nous concentrons sur le championnat F3 et l’an prochain, nous verrons ce qui se passera, où que ce soit : GP2, F1, IndyCar.

Gardes-tu un œil sur les progrès de l’équipe Prema en GP2 ? Peut-il s’agir d’un chemin pour 2017 ?

Oui, c’est certain ! je pense que c’est vraiment super de savoir que Prema est très compétitif et au-delà des attentes pour sa première saison en GP2. Il s’agit d’un autre lien. Si Prema désire un deal et que c’est un choix qui a du sens pour nous, alors il s’agit d’une super option. La F1 est l’objectif. Comment y arriver, je ne sais pas. On verra !

Interview réalisée par Andrew van Leeuwen

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