Jaguar, Ferrari, Mercedes... ces écuries qui ont tenté Adrian Newey

Avec dix titres mondiaux à l'actif des monoplaces qu'il a conçues, aussi bien chez les pilotes que chez les constructeurs, Adrian Newey est reconnu comme l'un des plus grands ingénieurs de l'Histoire de la Formule 1.

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Par conséquent, il n'est évidemment pas surprenant que le technicien britannique ait cristallisé l'attrait des écuries rivales à tous les stades de sa carrière.

À commencer par le projet d'un grand constructeur, Jaguar, qui venait de connaître une saison 2000 décevante malgré ses grandes ambitions, après le rachat par la maison mère Ford de la petite écurie Stewart. Dans le même temps, Newey ne se sentait pas valorisé pour son influence dans les titres mondiaux obtenus par Mika Häkkinen et McLaren en 1998 et 1999 – il avait rejoint Woking en 1997.

"Ça n'est pas passé loin du tout", déclare Newey au sujet d'un possible transfert chez Jaguar, dans une interview accordée à F1 Racing. "J'étais heureux chez McLaren, mais Ron [Dennis] employait les grands moyens quant à mon contrat, qui était initialement de quatre ans et arrivait à échéance. Malgré le fait que nous avions remporté deux championnats des pilotes et un titre des constructeurs, il voulait me proposer moins d'argent que ce que je gagnais lors des quatre années précédentes. Pas que je considère le salaire comme le facteur le plus important quand je décide où travailler, mais ça ressemblait à un coup de pied dans le dents."

"Donc quand Bobby [Rahal], avec qui j'avais travaillé en IndyCar et qui était devenu le directeur d'équipe chez Jaguar, m'a approché, nous avons commencé à discuter. Au final, Ron et sa femme Lisa ont fait du très bon travail : à eux deux, avec tous leurs efforts, ils étaient très convaincants. Mais je me demande souvent à quel point la vie aurait pu être différente si j'avais rejoint Jaguar – ou Ferrari."

Mika Hakkinen, McLaren Mercedes MP4/16, devance Pedro de la Rosa, Jaguar R2

Le dilemme de 2014

Ah, Ferrari. La Scuderia a toujours fait des pieds et des mains pour recruter Newey, que ce soit à l'époque où il a quitté Williams pour rejoindre McLaren ou plus récemment. Car en 2014, l'attitude de Renault face au manque de compétitivité et de fiabilité de son unité de puissance a bien failli lui faire quitter le navire Red Bull, sur lequel il était monté dès 2006... un an après le rachat de Jaguar par le géant des boissons énergisantes.

"En 1996, j'avais le choix : rester chez Williams, aller chez McLaren ou rejoindre Ferrari. Et c'était une décision très difficile à prendre", se remémore l'Anglais. "Puis, lors de la première année des moteurs hybrides en 2014, Renault était loin derrière Mercedes en particulier. Ça arrive. Mais le problème, c'est qu'il ne semblait y avoir aucune véritable volonté et détermination de la part de Renault pour investir la recherche et l'argent afin de renverser la situation. C'était : 'c'est comme ça, donc arrêtez de vous plaindre', ce qui est vraiment déprimant à entendre pour un designer de châssis."

Le vainqueur Damon Hill, Williams, Adrian Newey, Williams, le deuxième Michael Schumacher, Ferrari, le troisième Mika Hakkinen, McLaren

"Encore une fois, j'avais trois options : rester là où j'étais, aller chez Mercedes ou aller chez Ferrari. Mercedes ne me semblait pas être la chose à faire, car c'était l'écurie dominatrice avec le meilleur moteur. Ross [Brawn] était en train de partir et je pensais que cela ferait de moi un chasseur de trophées : j'ai toujours rejoint des équipes où je pense pouvoir contribuer, que je pense pouvoir tirer vers le haut, plutôt que de simplement avoir le défi de les y maintenir."

"Chez Ferrari, Luca di Montezemolo me proposait les joyaux de la couronne ; c'était une décision très difficile. En fait, je ne voulais pas quitter Red Bull. Je me disais que si je le faisais, ce serait parce que Renault me poussait à partir. J'étais avec Red Bull quasiment depuis le début. Christian [Horner] et moi avons modelé l'équipe à un tel point que dans une certaine mesure, j'ai le sentiment que c'est notre équipe. Partir me ferait me sentir un peu infidèle." Depuis lors, Adrian Newey a quelque peu pris du recul vis-à-vis de son rôle au quotidien, mais reste directeur technique de l'écurie.

 
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