Rétro 1975 - La première victoire en F1 de "Master" James Hunt

James Hunt, pilote britannique hyper rapide, mais au caractère bouillant et imprévisible, est devenu Champion du monde de Formule 1 le 24 octobre 1976, il y a 43 ans jour pour jour. C'était un an seulement après sa première victoire, que l'on vous raconte ici...

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Né en 1947, James Simon Wallis Hunt était un bon élève sportif à l'école, mais malheureusement enclin à la colère. Ce n’est qu’à l’âge de 18 ans qu’il a commencé à s’intéresser à la course automobile. Après avoir fait ses classes au volant d’une MINI et en Formule Ford, il court en Formule 3, d’abord chez March, puis au sein d’une équipe de joyeux lurons dirigée par Lord Hesketh, un riche aristocrate anglais débonnaire qui s’était pris d’amour pour le sport automobile et qui voulait façonner le prochain champion britannique.

En 1973, Lord Hesteth abandonne l’idée de courir en Formule 2, comme prévu, et achète un châssis March pour grimper directement en Formule 1. L’année suivante, la petite écurie fabrique sa propre 308 à moteur Ford Cosworth DFV, dessinée par un jeune (et chevelu) Harvey Postlethwaite, alors en début de carrière. À son volant, James Hunt termine trois fois troisième.

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Pour la saison 1975, Postlethwaite améliore la voiture, qui devient une 308B. Après une seconde place en ouverture de saison en Argentine, Hunt abandonne cinq fois de suite. Entre les accidents causés par "Hunt the Shunt" (que l'on peut traduire par "Hunt, le roi de la casse") et les défaillances mécaniques, il faut avouer que Postlethwaite a un peu erré en adoptant une suspension à ressorts en caoutchouc. L’ingénieur voulait doter la voiture d’un amortissement progressif, simple et léger. Un nouveau type de caoutchouc rugueux, développé par une entreprise malaisienne, a permis d’asseoir la voiture sur ces boudins compressibles. Après quelques courses, cette solution, ingénieuse, fut mise au rancart et les ressorts métalliques réapparurent…

La petite écurie, célèbre pour ses fêtes au champagne dans le paddock, se présente au circuit de Zandvoort pour le Grand Prix des Pays-Bas 1975. Si Lord Hesketh, surnommé "Le Patron" (en français !) est extravagant, les hommes de terrain comme "Bubbles" Horsley, Postlethwaite et les mécanos sont très compétents. Ainsi, Hunt se qualifie au troisième rang derrière les deux Ferrari 312T de Niki Lauda et de Clay Regazzoni.

La course, prévue sur 75 tours, démarre sur une piste mouillée à cause d’une averse survenue avant le départ. Lauda mène devant Jody Scheckter (Tyrrell-Ford 007), Regazzoni et Hunt. Après seulement quelques tours, tout le monde stoppe pour faire monter des pneus slicks. Hunt s’arrête très tôt et se retrouve en tête une fois que tous ses rivaux l’ont imité.

Au 17e passage, on a donc Hunt en tête avec une avance d’une douzaine de secondes sur Jean-Pierre Jarier (Shadow-Ford DN5), puis viennent Lauda, Emerson Fittipaldi (McLaren-Ford M23) et Scheckter. Une fois la piste entièrement sèche, les écarts commencent à se resserrer, et l’avance que détient Hunt fond comme neige au soleil.

Pas de duel entre Hunt et Lauda

James Hunt, Hesketh 308

Lauda double Jarier, dont la Shadow va taper le rail peu après suite à l’explosion d’un pneu. Avec 25 tours encore à parcourir, Lauda n’est qu’à trois secondes de Hunt qui garde son calme, pour une fois. L’Autrichien continue à attaquer. Il signe le meilleur tour en course et effectue la jonction avec la Hesketh de l’Anglais à 20 tours de la fin. Scheckter est troisième devant Regazzoni.

Les spectateurs sont étonnés de constater que Lauda n’attaque pas Hunt, se contentant de lui mettre un peu de pression. La Hesketh blanche est suivie comme son ombre par la Ferrari rouge, mais jamais Lauda ne tente une véritable manœuvre de dépassement. L’Autrichien, qui vient de récolter trois victoires successives, n’ose pas ruiner ses chances de marquer de précieux points au championnat... Alors il roule pour les points, ce qui lui vaudra d’être qualifié "d’épicier" manquant sévèrement de panache.

Hunt franchit la ligne d’arrivée avec les deux bras tendus vers le ciel. L’écart qui le sépare de Lauda n’est que de 1"06. L’autre pilote Ferrari, Regazzoni, termine troisième devant Carlos Reutemann (avec un tour de retard sur sa Brabham-Ford BT44B), Carlos Pace (Brabham-Ford BT44B) et Tom Pryce (Shadow-Ford DN5).

À courir sans sponsor, Lord Hesketh a perdu beaucoup d’argent dans l’aventure de son écurie de F1. Fin 1975, il met soudainement terme à l’aventure, laissant Hunt sans volant, et angoissé. Par une chance incroyable, au même moment, Fittipaldi décide de quitter McLaren. Hunt parvient à se faire engager à sa place. Avec ses six victoires en 1976, Hunt devient Champion du monde.

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