Les années maudites de Jean Alesi à Monza
Apaisé, nerveux, les yeux parfois embués, Jean Alesi a retrouvé sa Ferrari 412 T2 devant le public de Monza le week-end dernier. Il y a 30 ans, c'étaient des larmes de tristesse, car il semblait écrit que le Français ne réaliserait jamais son rêve de gagner devant les tifosi.
Jean Alesi (Ferrari 412 T2) devant son coéquipier Gerhard Berger à Monza en 1995.
Photo de: LAT Images
Rétro : Dans l'Histoire des sports méca
Sur deux ou quatre roues, replongez-vous dans l'Histoire des sports mécaniques, celle qui a écrit la légende des hommes et des machines durant des décennies.
Le week-end dernier, à l'occasion du Grand Prix d'Italie, Jean Alesi a repris le volant de la Ferrari 412 T2 qu'il pilotait en 1995. Une monoplace avec laquelle il a conquis son unique succès en Formule 1, au Canada cette saison-là, mais qui incarne également la malédiction qui l'aura toujours poursuivi à Monza. L'Avignonnais, aux origines italiennes, garde comme un crève-cœur ses échecs successifs sur le tracé italien.
Jean Alesi s'est d'abord appelé Giovanni, avant que les moqueries de ses camarades ne poussent ses parents à franciser son prénom. Quoiqu'il en soit, Monza était donc une seconde course à domicile qu'il tenait vraiment à remporter au moins une fois dans sa vie. À plus forte raison lorsqu'il pilotait pour Ferrari. Hélas, s'il monta à plusieurs reprises sur le podium, ce ne fut jamais sur la plus haute marche.
Il ne manqua pas son entrée en matière en se classant cinquième en 1989 sur Tyrrell, confirmant ses débuts en fanfare au Paul-Ricard, plus tôt dans la saison. Il était en mesure de faire encore mieux vu qu'il se qualifia à la même place douze mois plus tard, mais il partit en tête-à-queue très tôt dans la course alors qu'il menaçait les Mclaren pour la tête.
Jean Alesi sera d'autant plus déçu en 1991 et 1992, en abandonnant sur la Ferrari. La première fois sur casse moteur, non sans avoir endommagé son aileron avant sur un vibreur dès le deuxième tour. La seconde fois à cause d'un problème de pression d'essence alors qu'il partait de la troisième place sur une Ferrari F92AT pourtant hors du coup. Il se consolera en 1993 quand, cette fois, sa monoplace tint le coup, lui permettant de finir deuxième pour le plus grand bonheur des tifosi.
Le douloureux quatre à la suite
Jean Alesi y a cru en 1995, comme l'année précédente et les deux suivantes...
Photo de: Motorsport Images
Malheureusement, le plus dur restait à venir : quatre fois de suite, Jean Alesi allait manquer de peu la victoire à Monza ! En 1994, il signa enfin sa première pole position et dominait le début de course avant d'abandonner aux stands, boîte de vitesses bloquée.
L'année suivante, il y a 30 ans jour pour jour ce 10 septembre, il profita de l'accrochage entre Michael Schumacher et Damon Hill pour prendre la tête, avant qu'un roulement de roue ne rende l'âme à neuf tours du but. Non sans un incident qui aurait pu virer au drame un peu plus plus tôt dans la course : sa caméra embarquée sur l'aileron arrière se détacha pour aller casser la suspension de son équipier Gerhard Berger, qui était dans ses roues !
S'il vit le drapeau à damier en 1996 et 1997 sur le podium avec sa Benetton, il pouvait à chaque fois nourrir des regrets. La première fois, il prit un départ canon – spécialité maison – et évita soigneusement les piles de pneus placées aux chicanes, sur lesquelles butera Damon Hill, alors en tête. Cependant il perdit la victoire à la faveur de Michael Schumacher au moment des ravitaillements.
Même scénario l'année suivante, cette fois au bénéfice de David Coulthard, non sans avoir signé sa deuxième et dernière pole position. L'ironie de l'histoire veut que Benetton était à l'époque reconnue pour être l'équipe la plus efficace aux stands avant que Jean Alesi ne les rejoigne...
Jean Alesi pour son dernier GP d'Italie, en 2001 avec Jordan.
Photo de: Jordan Grand Prix
Sauber n'en était pas là quand le Français intégra l'écurie suisse en 1998, ce qui ne l'empêcha pas de briller : huitième au départ, cinquième à l'arrivée devant une Jordan, une Williams et une Benetton ! Ce ne fut pas aussi brillant en 1999, où il ne réussit pas à se dégager du peloton : parti treizième, il franchit la ligne d'arrivée neuvième.
Un drapeau à damier qu'il salua également sur Prost GP en 2000, ce qui était déjà une victoire en soi. Cependant ce fut à la dernière place : après avoir calé au départ, les commissaires qui poussèrent sa voiture appuyèrent sur le mauvais bouton. Il revint en piste avec un tour de retard sur les rescapés du carambolage monstre de la seconde chicane, sans espoir.
Il ne sera pas plus chanceux pour sa dernière année, où il luttait pour les points avec Jordan : suspectant une crevaison, il s'arrêta une seconde fois aux stands. Il manqua ainsi la sixième place et se classa huitième, peu avant son 200e et avant-dernier Grand Prix.
Jean Alesi de retour au volant de la Ferrari 412 T2 à Monza
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