Un jour, Porsche a gagné en F1... connaissez-vous la 804 ?

Au-delà des férus de F1 et d'histoire du sport automobile, quels sont ceux capables de citer l'unique victoire de Porsche dans la discipline en tant que constructeur ? Nombreux sont peut-être aussi ceux qui ignoraient l'existence d'un engagement d'usine du constructeur allemand...

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Véritable légende en sport automobile, et tout particulièrement en Endurance, Porsche ne jouit pas du même statut en Formule 1. Et disons-le même plus crûment : il y a fort à parier que certains imaginent que le constructeur allemand n'y a jamais couru en son nom propre. Et pourtant, c'est arrivé.

L'aventure de la marque en monoplace a d'abord débuté par la Formule 2, en 1958, quand le siège de la RSK a tout simplement été recentré. L'année d'après, Porsche concevait sa première véritable monoplace, la 718/2, pour confirmer ses balbutiements en Grand Prix. En 1961, une version modifiée de la 718, renommée 787, est engagée pour la première fois en Formule 1. C'est une saison importante pour le constructeur, qui emmagasine beaucoup d'expérience en participant à huit Grands Prix, alors que ses engagements précédents étaient plus sporadiques.

Les bases sont posées pour construire la Porsche 804, propulsée par le moteur Type 753/0 de 1494 cc et ses huit cylindres à plat, développant 185 chevaux à près de 1000 tours/minute. Aux mains de Dan Gurney, ce modèle triomphe au Grand Prix de France 1962, sur le circuit de Rouen-les-Essarts. Il s'agira toutefois d'un succès sans lendemain, puisqu'en 1963 Porsche décide de quitter la catégorie reine devant les nombreux changements réglementaires à venir qui rendraient sa monoplace obsolète. Le constructeur cesse donc ses investissements en F1 pour se concentrer sur l'Endurance ainsi que sur le lancement de son modèle de route emblématique : la 911.  

Dan Gurney, Porsche 804

Porsche ne disparaît pas tout de suite de la discipline puisque Carel de Beaufort engage un modèle 718 à titre privé jusqu'en 1964, année où il se tue à son volant lors des essais du Grand Prix d'Allemagne. Il faut ensuite attendre deux décennies pour revoir la marque allemande impliquée en Formule 1, cette fois-ci comme motoriste. Dans les années 80, Porsche conçoit le fameux bloc V6 turbo TAG-P01, qui dépasse même la barre symbolique des 1000 chevaux en 1986. Installé dans le châssis non moins génial de McLaren, ce moteur est un élément clé des titres mondiaux remportés par l'écurie britannique en 1984, 1985 et 1986 avec Niki Lauda et Alain Prost.

La Porsche 804 avait des arguments

Unique Porsche victorieuse en Formule 1, la 804 était pourtant une monoplace plutôt en avance sur son temps, pour laquelle la firme de Stuttgart avait travaillé autour de modifications réglementaires introduites au tout début des années 60. Sur le moteur en grande partie, mais pas que. Car la machine était vraiment pensée comme un ensemble indissociable.

Avant d'opter pour le moteur atmosphérique avec huit cylindres à plat, les ingénieurs allemands avaient réfléchi à d'autres hypothèses allant jusqu'à 12 voire même 16 cylindres. Avec le bloc finalement imaginé, le choix fut fait de le refroidir via l'air soufflé par un ventilateur. Cela permettait de ne pas avoir à utiliser de radiateur à eau et de développer une carrosserie en feuilles d'aluminium très profilée pour l'époque.

Le moteur huit cylindres à plat de la Porsche 804, avec son ventilateur.

Le moteur huit cylindres à plat de la Porsche 804, avec son ventilateur.

Le moteur était couplé à une boîte de vitesses six rapports, les suspensions composées chacune de deux triangles superposés dont le supérieur était relié à un amortisseur, et des freins à disque étaient installés que les quatre roues.

Dans l'absolu, Porsche avait en fait réalisé une auto brillant par sa simplicité, tout en étant dotée d'un atout indéniable : son poids. Celui-ci n'excédait pas 452 kg et la monoplace pouvait atteindre des vitesses de pointe estimées à 270 km/h. Néanmoins, le choix du châssis tubulaire n'en faisait pas tout à fait le parfait poids plume de la grille, puisque les châssis monocoques – à l'image de celui de la Lotus 25 – faisaient merveille dans ce domaine.

Au début de sa campagne 1962, la Porsche 804 alors confiée à Jo Bonnier et Dan Gurney se retrouva en proie à des petits problèmes de jeunesse. La performance n'était pas en cause, mais il fallu tout de même renvoyer les deux autos à l'usine pour renforcer le châssis et les suspensions. La 804 ne sera donc au sommet qu'une seule fois, lors de ce fameux Grand Prix de France. Pour la postérité.

Dan Gurney, Porsche 804
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