L'impact marketing d'un retrait serait négatif pour Pirelli

La situation rencontrée par Pirelli d’un point de vue sportif, politique, technique et marketing est des plus délicates cette année

La situation rencontrée par Pirelli d’un point de vue sportif, politique, technique et marketing est des plus délicates cette année.

Après deux premières saisons en tant que fournisseur unique proposant plus de spectacle et de rebondissements stratégiques que jamais, le manufacturier italien a fait face à une levée de boucliers de toutes parts, pris dans une spirale politico-sportive où les causes et les conséquences des polémiques sont bien souvent allègrement partagées avec les instances dirigeantes et les réglementations rigides imposées par les équipes, paranoïaques à l’idée de laisser ouverts les tests pneumatiques en cours de saison ou avec des monoplaces contemporaines.

A l’heure où Pirelli doit faire des pieds et des mains pour savoir quel sera son avenir en F1, dépendant semble-t-il du bon vouloir de la FIA, des rumeurs de paddock entretenues par Michelin font état de la possible ouverture d’un appel d’offres auprès d’autres manufacturiers en vue de la saison 2014.

La ligne de conduite de Pirelli, qui ne souhaite pas rester sur une mauvaise communication, demeure difficile, comme nous l’explique Grégoire Akclerod, de l'équipe Sébastien Loeb Racing et spécialiste des questions marketing.

Il y a eu des problèmes d’ordre matériel avec Pirelli”, juge le Français, observant la situation d'un point de vue commercial pour ToileF1. “Si le matériel avait été adéquat, il n’y aurait pas eu tous ces problèmes. C’est une situation compliquée, ils se sont retrouvés pris au piège de devoir développer avec Mercedes”, poursuit-il, comprenant que Pirelli est en mesure de produire les bons produits si les conditions sportives et réglementaires sont mises en place pour réaliser des essais représentatifs.

D’un point de vue communication, la marque, qui se réengage en WRC l’an prochain, dispose désormais d’un choix cornélien.

Quand on investit autant d’argent et qu’on a des retombées négatives, que les équipes se permettent de critiquer, et que les médias s’en donnent à cœur joie, clairement, il y a deux solutions : soit on arrête et on reste sur cette image négative en F1 [comme Toyota a pu le faire avec son programme, ndlr], soit – et ce serait ma solution- on continue pour redorer la culture d’entreprise et ne pas rester sur un échec”.

L’entrée d’une société en F1 est avant tout faite pour favoriser sa perception auprès du grand public.

C’est délicat pour l’image, et c’est important pour eux qu’ils signent de nouveau. Quoi qu’il se passe, les gens ont la mémoire courte. Il suffit que Pirelli fasse une bonne année pour que tout le monde oublie ce qui s’est passé”.

Michelin, qui admet aujourd’hui considérer un retour en F1, a été impliqué dans le cacophonique GP des Etats-Unis lors duquel seules 6 voitures prirent le départ. Nombreux sont pourtant les fans de sport automobile à aujourd’hui penser que le manufacturier français pourrait reprendre le contrat de fourniture pneumatique et faire un meilleur travail que Pirelli. Une bombe à retardement en termes d'images que le manufacturier italien ne peut laisser se déclencher, la comparaison étant injuste en raison du caractère très spécifique de l’imbroglio politique actuel en F1.

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