La course parfaite en F1, un rêve devenu trop accessible?

Vainqueur des 500 Miles d’Indianapolis et ancien directeur sportif de BAR-Honda en Formule 1, Gil de Ferran ne s’inquiète pas pour l’avenir de la catégorie reine. L’ancien pilote brésilien estime que tout est réuni pour que la discipline conserve son statut au sommet du sport automobile, mais que sa quête de perfection au cours des dernières années lui a apporté la rançon de sa gloire. 

Selon lui, la F1 serait ainsi victime de son propre succès, en atteignant un niveau proche de la perfection, trop éloigné de ce qui faisait encore son essence pendant les années 80 et 90. 

"La Formule 1 sera toujours le sommet de la course automobile. Mais c’est trop parfait. Elle manque de facteur humain", estime de Ferran dans les colonnes d’Auto Motor und Sport. "Durant les deux dernières décennies, d’énormes investissements ont été faits en Formule 1 et tout s’est amélioré pour presque approcher la perfection. L’objectif a été d’éliminer les erreurs et les mésaventures. Maintenant je me demande : est-ce quelque chose de mauvais? Quand je regarde les voitures au fond du peloton, je dois dire qu’elle semblent même être bonnes."

La "malédiction" de l’argent

Sans prôner de révolution, de Ferran considère que faire quelques pas en arrière sur le plan de la réglementation serait une bonne chose pour compliquer la tâche des pilotes, qui conservent un rôle prédominant à ses yeux mais moins facile à remarquer.

"Même de mon temps, nous rêvions tous de la course parfaite : partir de la pole, prendre un bon départ, piloter sans faire d’erreurs, prendre soin des pneus, doubler les retardataires et gagner la course", explique-t-il. "Malheureusement, les gens ne veulent pas vraiment voir ça. Mais si l’on a tout ce qu’il faut entre les mains pour planifier cette course parfaite, les choses deviennent dangereuses. C’est la malédiction de l’argent qu’il y a en Formule 1."

"Je crois que les pilotes de F1 d’aujourd’hui travaillent encore dur pour faire la course parfaite, c’est juste très difficile de le voir depuis l’extérieur. Peut-être que je peux le voir, car j’ai couru pendant 30 ans, mais c’est difficile pour le spectateur ordinaire."

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