La F1 de retour en Europe, l'aspect logisitique du F1 Circus

Le F1 circus se prépare à aborder sa grande tournée européenne

Le F1 circus se prépare à aborder sa grande tournée européenne. Aussi, dans ce vaste mouvement de troupes, déplacer la caravane Lotus F1 Team à travers le continent ne va pas sans difficulté ni contrainte, à commencer par les tests au Mugello cette semaine. Ce que nous explique le Coordinateur de l’équipe course, Geoff Simmonds.

Geoff, après les premiers voyages outremer, comment organisez-vous les déplacements de l’équipe et du matériel en Europe ?

"En premier lieu, l’équipe d’assistance a commencé à préparer les camions dès le retour des essais hivernaux – la dernière fois qu’ils ont servi – pour s’assurer que tout était en ordre. Ensuite, nous devions transférer les caisses de matériel des containers de fret vers les camions. Ce qui a commencé entre la Malaisie et la Chine. Enfin, dès le moment où nous sommes arrivés de Bahreïn, mardi dernier, cela a été une course frénétique pour tout ranger et tout emballer pour le départ des premiers camions, jeudi soir. La fenêtre était très étroite, sachant que nous transférions 30 tonnes de fret des containers dans les camions !"

Combien de temps pour tout acheminer au Mugello ?

"C’est une longue route, un peu plus de 1600 km, beaucoup plus que vous l’imaginez. Comme je l’ai dit, les premiers camions ont démarré jeudi à 18 h et sont arrivés sur place samedi après-midi. Deux chauffeurs par camion se relaient au volant pendant 20 heures, avant de faire une pause et de repartir pour la dernière étape. Pour vous donner une idée, les semi-remorques ont entre 22 et 24 heures pour atteindre leur destination et les camions ne sont pas vraiment des fusées !"

C’est en effet, un programme très serré. Ne serait-il pas mieux de décaler les choses un peu plus tard ?

"Nous essayons de repousser le plus possible le départ des camions. C’est dur de demander aux gars de tout réaliser aussi vite alors qu’ils reviennent à peine d’un très fatigant enchainement de deux Grands Prix. Par exemple, les mécaniciens doivent s’occuper de préparer leur matériel pour les camions mais ils doivent aussi construire les voitures. De leur côté, les membres de l’équipe d’assistance doivent vider les containers de fret et préparer les camions. Il y a aussi beaucoup de matériel que nous prenons pour l’Europe mais pas pour l’outremer et nous devons nous assurer que tout est disponible et prêt. Tout s’additionne dans un court laps de temps."

Combien de camions sont-ils mobilisés pour la campagne européenne ? Est-ce le même nombre que pour les essais hivernaux ?

"Nous utilisons 5 camions sur les courses européennes, en plus du camion pour les moteurs et des 5 motor homes. Les camions sont identiques à ceux des essais d’hiver, avec cependant des améliorations depuis cette période. Les motor homes, en particulier, auront subi une révision pour être en accord avec notre nouveau marquage et d’autres modifications que nous voulions incorporer cette année. Tout cela a été opéré en Allemagne, où les camions stationnent quand ils ne servent pas."

Les motor homes ont-ils leur propre équipe ?

"Oui. C’est une équipe distincte de notre équipe d’assistance. Ils seront déjà sur place au Mugello pour l’installation et se rendront directement à Barcelone dès la fin des essais au Mugello. Ils sont très autonomes. Nous nous consultons pour le planning, mais en dehors de cela, nous savons que nous pouvons leur faire confiance et que le travail sera fait sans que nous ayons besoin d’intervenir. Une fois que les motor homes ont quitté leur base, ils n’y reviennent plus avant la dernière course européenne de la saison. Ce qui est parfaitement logique en termes de logistique pour que le show continue !"

Que devient le fret des voyages outremer ? Revient-il à Enstone ?

"Oui, il retourne dans des caisses. Exemple, un cargo de Malaisie accostera cette semaine. Encore une fois, l’opération est très rapide parce que les caisses pour le Canada seront expédiées le 10 mai. Le matériel de l’Australie, de la Chine et de Bahreïn va également bientôt rentrer. Tout doit être contrôlé et les stocks réassortis lors des deux prochaines semaines. Alors l’emploi du temps est chargé."

Quand l’équipe d’assistance doit-elle être prête ?

"Normalement, elle aurait dû se poser au Mugello vendredi. Mais après des semaines aussi copieuses, nous avons décidé de lui faire prendre un vol samedi, afin que les gars bénéficient d’une soirée supplémentaire chez eux. Ils étaient donc les premiers sur place pendant une demi-journée, avant d’être rejoints par les spécialistes électronique, radio et IT dimanche matin, afin de mettre le garage en place. Le plan d’occupation du stand est très simple, similaire à celui des essais d’hiver, aussi cela n’a pas pris beaucoup de temps. Par ailleurs, les contraintes lors des essais privés sont moindres que lors des week-ends de course. Vous avez le droit de caser autant de camions que vous le pouvez sur votre espace réservé dans le paddock et cela facilite les choses."

Et le reste de l’équipe ?

"Les mécaniciens ont voyagé dimanche avec les ingénieurs, l’équipe de nuit se rendant directement au circuit pour commencer l’assemblage des voitures et monter quelques nouveautés. Pour ce faire, l’équipe d’assistance devait vérifier que le stand et les camions étaient bien opérationnels à partir de 18 h dimanche. L’équipe de nuit a, maintenant, été remplacée par l’équipe de jour et elles permuteront de nouveau ce soir. Les gars vont travailler sans relâche jusqu’à mardi matin pour que les voitures soient prêtes à sortir en piste."

A la fin des tests au Mugello, tout le matériel revient-il à Enstone ?

"Pas cette fois. Jeudi soir, nous rangeons tout. Mais en raison des distances, nous enverrons directement les camions à Barcelone, alors que des vans remonteront pour transporter la cargaison de rechange à la base. D’un point de vue chronologique, cela tient la route puisque cela nous permet de tout acheminer avec une journée d’avance et de commencer l’installation pour le Grand Prix d’Espagne le lundi. Cela offre aussi aux mécaniciens une journée de plus pour achever la reconstruction de la voiture, c’est un gros avantage. Cela diffère quelque peu des années précédentes. En fait, nous gérons les deux événements, Mugello et Barcelone, comme un seul long déplacement sur deux endroits, le matériel attaché à chacun devant partir de l’usine en même temps."

Et l’équipe, devra-t-elle filer directement sur l’Espagne, elle aussi ?

"Non. Les gars rentreront chez eux pour le week-end. Nous enverrons des chauffeurs contractuels pour conduire les camions vers Barcelone. Etant donné qu’il n’y aura pas d’urgence, nous n’aurons besoin que d’un seul chauffeur par camion et ils devraient arriver sur place le dimanche. Ce qui est idéal parce que nous serons fins prêts pour lundi. Les ingénieurs rentreront directement jeudi soir à Enstone pour analyser les datas et faire le bilan. Le reste de l’équipe reprendra l’avion vendredi matin, une fois que tout sera prêt à être expédié. La première équipe d’assistance repartira ensuite vers Barcelone le dimanche. La seconde s’envolera le lundi, les ingénieurs et les mécaniciens voyageant le mardi. Il n’y a jamais de temps mort !"

Par Lotus F1 Team

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