Le remède idéal pour les pessimistes de la F1

On aurait pu croire que l'air frais des montagnes dans lesquelles se trouve le Red Bull Ring rafraîchirait l'atmosphère du paddock de la Formule 1, mais cela n'a pas été le cas, au contraire : les conversations avaient une teneur particulièrement déprimante lors de ce Grand Prix d'Autriche.

"Quel désordre...", voilà ce qui est fréquemment entendu au sujet de la situation dans laquelle la F1 se retrouve actuellement. Encore et encore, on a parlé de la façon dont l'économie d'essence, les pneus conservateurs, les courses ennuyeuses, la domination d'une seule équipe, l'influence du muret des stands, les coûts trop élevés, les moteurs gelés et les réglementations restrictives ont poussé la F1 au bord du gouffre.

Le pire, c'est qu'il ne semblait y avoir aucune solution à ces problèmes. Le Groupe Stratégique s'est avéré contre-productif, Bernie Ecclestone pense trop à son argent et Jean Todt ne souhaite pas défier les équipes : résultat, la F1 tourne en rond.

Le Red Bulletin, magazine de Red Bull et autrefois principale source de bonne humeur dans le paddock, a titré son dernier numéro "C'est quoi, le problème de la F1?". L'arrière-pensée était à peine masquée, et quand j'ai lu ça, j'en ai eu assez.

Pendant que tout le monde continuait à se plaindre dans un cercle vicieux déprimant, je suis sorti du paddock et j'ai pris la route intérieure qui va vers l'arrière du Red Bull Ring. Là, elle passe dans un tunnel sous la ligne droite qui mène à l'avant-dernier virage, où l'on peut se rendre en bord de piste sur l'une des sections les plus sensationnelles du calendrier.

Perché sur un talus avec seulement quelques commissaires et photographes en vue, j'avais là l'antidote parfait à toute la négativité qui bouillonnait à quelques hectomètres de là, dans les motorhomes du paddock.

En effet, le virage 8 est un endroit merveilleux où regarder des F1. Elles arrivent à pleine puissance après la courbe rapide qui précède ; ce sont presque des montagnes russes pour des monoplaces à la limite de leur capacité, qui doivent ensuite prendre le bon point de freinage et la bonne trajectoire en entrée de virage pour prendre la corde, ce qui est beaucoup plus délicat, car le circuit est en descente jusqu'au dernier virage.

Bien qu'il y eût des différences évidentes entre les voitures - l'excellence des Mercedes était telle qu'elles pouvaient ré-accélérer bien plus tôt que toutes les autres voitures - tous les pilotes semblaient faire face à un voyage dans l'inconnu à chaque fois qu'ils passaient là.

En effet, peu importe à quel point ils étaient précis à la corde, quand la piste commençait à descendre, l'arrière perdait en stabilité, et les hommes au volant étaient alors confrontés à un véritable numéro d'équilibriste.

C'était éblouissant à voir.

Comme me l'a dit Nico Rosberg par la suite : "Ce circuit, de façon générale, est vraiment un défi. Il faut attaquer pour être rapide, et l'arrière de la voiture devient très nerveux dans ces deux derniers virages."

S'approcher aussi près d'un tel virage fait mentir l'argument selon lequel la F1 n'est plus un défi pour les pilotes : on voyait clairement la différence entre ceux qui passaient le virage à la perfection et ceux qui connaissaient moins de réussite.

Max Verstappen était engagé à 100% et on sentait sa confiance dans la Toro Rosso : il tournait vivement, prenait le vibreur à la corde et se propulsait dans la descente.

À chaque passage, Pastor Maldonado essayait désespérément de surmonter le sous-virage en entrée de virage, espérant en vain que les pneus avant auraient l'adhérence nécessaire à un bon temps au tour.

Et il y a eu les fois où les choses ne se sont pas bien passées. Kimi Räikkönen s'est fait une frayeur lorsque l'arrière a commencé à se dérober en sortie de virage, et cette hésitation momentanée, avec la plus petite des corrections, était suffisante pour l'envoyer à l'extérieur et lui faire rater le dernier virage également.

À chaque passage, les voitures se comportaient de façon légèrement différente. Le pilote avait la responsabilité de faire en sorte que son tour ne soit pas gâché au dernier obstacle.

Le son des voitures, était génial lui aussi : les moteurs plus forts et plus rauques de cette année ont eu un impact, et les bouchons d'oreilles qui sont restés au placard jusqu'à présent pourraient bien redevenir une nécessité.

C'est loin d'être un désastre

Regarder du bord de piste m'a rappelé que la Formule 1 n'était pas accablée de soucis comme certains le suggèrent. Certes, il y a des problèmes qu'il faut résoudre, et plus d'action le dimanche ne ferait pas de mal, mais la F1 n'est pas en zone sinistrée.

Peut-être le vrai problème est-il l'absence apparente de lien entre ce qui se passe en piste et la perception de la discipline qu'ont les nombreux fans qui regardent à la télévision.

Les F1 ont l'air fantastiques quand on les voit de près, mais il est difficile de s'en rendre compte avec des caméras qui utilisent délibérément des plans larges pour maximiser la publicité faite aux sponsors en bord de piste.

Il est difficile pour les fans de comprendre à quel point les voitures sont à la limite quant tout ce qu'ils entendent, ce sont des messages radio demandant aux pilotes de lever le pied et d'économiser les freins.

Comment ceux qui n'ont pas la chance d'être en bord de piste pourraient-ils apprécier les points positifs quand tous les messages qui sortent du paddock ne sont que les déclarations négatives de Dietrich Mateschitz et de Bernie Ecclestone?

La F1, en tant que produit, n'est vraiment pas malade. Elle a juste besoin d'un peu d'éclat et de plus de gens qui la défendent. Et trouver de telles recrues serait plus facile si plus de gens sortaient du paddock et laissaient les F1 actuelles éblouir leurs cinq sens.

Becketts à Silverstone, ça vous dit?

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