Le Roi du pit stop à Enstone

Il a accompli plus de pit stops que n’importe lequel de nos pilotes, à raison de 40 par week-end de course, accumulant un total de près de 3000

Il a accompli plus de pit stops que n’importe lequel de nos pilotes, à raison de 40 par week-end de course, accumulant un total de près de 3000. Mais peu de gens ont entendu parler de Kevin Watts.

Kevin, dont le travail principal se situe au département IT qui fournit le soutien et l’infrastructure lors des épreuves, est l’homme qui prend place dans le baquet de la voiture lorsque l’équipe effectue des répétitions de pit stops sur la pit lane, lors des Grands Prix.

Les chiffres bruts sont impressionnants. Kevin a ‘conduit’ pour l’équipe sur 56 courses, dont le dernier GP de Chine. A raison de 40 essais de pit stop par épreuve, 400 lors des tests d’hiver et environ encore 200 à Enstone ces dernières années, il atteint le total actuel de 2840, série en cours.

Ce travail complémentaire de ‘pilote’ d’essais de pit stop, qu’exige-t-il ?

"Mon rôle consiste à m’installer dans la voiture, à freiner et à la garer sur l’emplacement. Cela parait beaucoup plus simple que cela ne l’est en réalité parce que c’est trop facile de se placer absolument en ligne et de s’arrêter à l’endroit exact où les hommes aux pistolets pneumatiques vous attendent. Mais ce n’est pas la question."

"L’idée est de s’arrêter trop loin, ou trop tôt, ou un peu à gauche, un peu à droite. Un peu de tout. Celui que l’équipe déteste vraiment, et que nous répétons occasionnellement, se passe lorsque vous commencez à freiner et que, une fois sur l’emplacement où vous êtes attendu, vous relâchez juste un petit peu les freins, avant de les écraser. Un double stop, en quelque sorte. Cela arrive en course quelques fois, en particulier lorsqu’il pleut et que la pit lane est glissante."

Pour obtenir ce poste, Kevin n’a pas suivi d’entrainement intensif et n’a pas dû franchir les échelons de ‘pilote d’essais de pit stop’ en GP3 ou en GP2. Non, il se trouvait au bon endroit au bon moment.

"La première fois où on me l’a proposé, c’était au Grand Prix de Monaco en 2008. Je m’y trouvais en tant qu’assistant de l’équipe IT. Celui qui aurait dû ‘conduire’ m’a proposé de le faire à sa place juste une fois et j’ai sauté sur l’occasion."

Comme aux pilotes, il arrive au roi du pit stop d’Enstone de commettre des erreurs…

"La première fois que j’ai tenu ce rôle officiellement c’était au Grand Prix du Brésil en 2008. Accidentellement, j’ai marché sur une pièce de la carrosserie en sortant de la voiture. C’était juste une petite pièce et facile à changer et c’était la dernière course de l’année. Le lendemain, en revenant au circuit, sur mon ordinateur se tenait la petite pièce, nettoyée, en souvenir."

"A l’époque, je ne faisais pas partie de l’équipe de course. J’étais au Brésil en soutien et les deux pilotes me l’ont dédicacée. Aujourd’hui, elle est sur la cheminée, chez moi, comme un petit trophée. Chaque fois que je la vois, elle me rappelle que j’ai cassé une Formule 1 !"

Quelle est la sensation au volant de la E20 ?
"S’installer dans une F1 donne une sensation de claustrophobie et la E20 sans doute encore plus que les autres. Cette année, le cockpit est notablement étroit et vous couvre les épaules. Je n’ai pas de siège spécifiquement à moi, alors peut-être ne suis-je pas dans la bonne position. C’est assez étrange."

Les essais de pit stop font partie de la routine quotidienne sur les Grands Prix. "En l’occurrence, la répétition fait la perfection," explique le team manager, Paul Seaby. "Peu importe la durée de l’entrainement, il s’agit d’effectuer le plus de pit stops possibles. Depuis que les ravitaillements ont été interdits, la rapidité des changements de roues a pris une importance capitale dans la course. C’est donc un domaine auquel nous portons une énorme attention."

"Le travail de Kevin n’est pas commun, parce que nous lui demandons d’être inconstant dans ce qu’il fait, dans sa façon dont il gare la voiture et dont il freine. Chaque pit stop en course est différent et il faut donc que chaque répétition le soit aussi."

A bientôt 3000, est-il temps pour Kevin de raccrocher ?

"Quand j’ai calculé que je faisais environ 40 pit stops par week-end de course, cela ne m’a pas paru énorme au départ. Mais ensuite, j’ai multiplié par le nombre de Grands Prix et j’ai ajouté ceux de l’intersaison et le nombre des années. J’arrive juste en-dessous des 3000, je crois. Je ne m’en suis pas rendu compte et je suis prêt à rempiler pour les 3000 suivants !}"

Par Lotus F1 Team

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