Les circuits maudits : Jean Alesi et Spa-Francorchamps

On l'a vu, la poisse de Jean Alesi à Monaco n'a pas été systématique

On l'a vu, la poisse de Jean Alesi à Monaco n'a pas été systématique. Le Français a pu briller à plus d'une reprise sur le Rocher bien que ça n'ait pas débouché sur une victoire. Or sur d'autres terrains, la guigne, ou le manque de réussite, fut plus criant. Spa-Francorchamps est l'un de ceux-là, et c'est d'autant plus rageant qu'Alesi adorait ce tracé, comme l'ensemble des pilotes.

Ses débuts en Belgique auraient pu se dérouler dès 1989, mais Alesi menait alors de front son programme en F3000 et sa demi-saison en F1 chez Tyrrell. Choisissant de donner la priorité au premier championnat (qu'il finira par remporter, en ayant d'ailleurs remporté la course disputée à Spa-Francorchamps), il céda son baquet pour ce week-end à un autre débutant, Johnny Herbert. Son vrai baptême du feu dans les Ardennes fut donc en 1990, où hélas, la Tyrrell n'avait plus le même punch qu'en début de saison. Alesi dut se contenter d'une huitième place qui n'apportait pas encore de point(s) à ce moment.

Il aura davantage de regrets l'année suivante : sur une Ferrari qui était rarement au niveau des meilleurs, le Français était en passe de remporter son premier Grand Prix après que Ayrton Senna ait connu des soucis de sélection de boîte. Hélas, le moteur V12 expira quatorze tours trop tôt au sommet du Raidillon... C'est le début d'une longue série noire pour le pilote Ferrari qui couvrit par la suite à peine une dizaine de tours en quatre ans !

En effet, en 1992, un accrochage avec Nigel Mansell le fit renoncer après sept tours alors qu'il pouvait espérer un podium. L'année suivante, sa suspension lâcha au bout de quatre tours après une belle qualification en quatrième place. En 1994, c'est son moteur qui fit à nouveau des siennes dès son deuxième passage, alors que la disqualification de Michael Schumacher lui aurait très certainement permis de remporter l'épreuve. Enfin en 1995, il mena le début de course avant un nouvel abandon précoce, encore à cause d'une suspension cassée...

La guigne le laissa quelque peu tranquille en 1996 où il assura la quatrième place, mais sur Benetton, alors que devant, c'est une Ferrari qui monta sur la plus haute marche, grâce à Schumacher. Celui-ci doubla la mise en 1997 sur piste humide, là où Alesi, après avoir conquis la deuxième place suite un passage aux pneus slicks avant tous les autres ne parvint pas à la conserver. Le fond de sa voiture se détacha en fin de course, le renvoyant aux stands deux fois et le reléguant en huitième place.

Il prit sa revanche en 1998 lors de cette fameuse course marquée par le gigantesque carambolage du premier départ (dont il fut l'un des rares rescapés) et l'hécatombe qui toucha notamment les favoris. Ainsi, il réussit à finir en troisième place sur sa modeste Sauber, pour ce qui restera son trente-deuxième et dernier podium. Faute de bénéficier des mêmes circonstances douze mois après, Alesi fit une course anonyme en second peloton mais remonta néanmoins sept places pour finir honorable neuvième.

L'édition 2000 marqua une des rares éclaircies dans la saison noire de Prost GP : comme en 1997, Alesi chaussa les slicks avant les autres, ce qui lui permis de conserver la quatrième place pendant la bonne moitié du Grand Prix ! Cependant, comme souvent cette saison, la fiabilité le rappela à la raison : il abandonna sur problème de pression d'essence. Il fit un dernier baroud d'honneur en 2001 puisque c'est en Belgique qu'il marqua son dernier point (241 en tout) en ayant résisté sur la fin à la Williams-BMW de Ralf Schumacher.

Hélas pour Alesi, un dernier circuit fut particulièrement cruel avec lui...

Faites partie de quelque chose de grand

Écrire un commentaire
Montrer les commentaires
A propos de cet article
Séries Formule 1
Pilotes Ralf Schumacher , Johnny Herbert , Michael Schumacher , Jean Alesi , Nigel Mansell , Ayrton Senna
Équipes Sauber , Williams , Ferrari
Type d'article Actualités