Les pilotes se croient-ils intouchables ?

Après l'erreur de Romain Grosjean au Grand Prix de Belgique, qui lui a valu un Grand Prix de suspension, le Franco-Suisse s'est attiré les foudres d'une bonne partie du paddock

Après l'erreur de Romain Grosjean au Grand Prix de Belgique, qui lui a valu un Grand Prix de suspension, le Franco-Suisse s'est attiré les foudres d'une bonne partie du paddock.

Fernando Alonso, qui a abandonné dans le carambolage, a ainsi déclaré que Grosjean avait "la culture du GP2", cette catégorie étant réputée pour ses pilotes un peu trop fougueux.

Will Buxton, commentateur du GP2 et du GP3 sur Sky Sports F1, a pris parti pour Alonso. Il faut avouer que les incidents, le weekend dernier encore, ont été légion en GP2. Lors de la dernière course par exemple, les cinq premiers du classement général ont été pris dans divers accrochages.

“Fernando Alonso et Stefano Domenicali affirment que les pilotes qui viennent du GP2 prennent plus de risques, en sachant que la voiture les sauvera, et que la pire punition qu'ils recevront, ce sont des places sur la grille pour la course suivante,” explique Buxton. “Malheureusement, je ne peux pas le nier. C'est quelque chose que les pilotes de GP2 m'ont dit eux-mêmes. Pas que leurs rivaux se conduisent de la sorte, mais qu'eux-mêmes ont, parfois, attaqué juste un petit peu plus qu'ils ne pensaient devoir attaquer, parce qu'ils n'avaient aucune peur des conséquences. Les voitures et les circuits sont si sûrs qu'ils savent qu'ils s'en sortiront.”

Buxton pense que si les pilotes des formules de promotion se permettent ce genre de comportements, c'est en partie parce qu'ils voient les pilotes de Formule 1 mal se comporter sans forcément être sanctionnés. “Les pilotes de F1 doivent devenir un exemple,” insiste celui qui est aussi reporter chez Speed. “Non seulement un mouvement dangereux doit être traité de la même façon en F1, en GP2 et en GP3, mais les pénalités doivent être appliquées avec la même sévérité, peu importe qui est impliqué dans l'accident.” Il fait bien évidemment référence au communiqué des commissaires de la FIA qui indiquaient parmi les raisons de la suspension de Grosjean le fait qu'il avait "éliminé de la course des candidats au titre".

Mais comme le journaliste anglais le souligne, les pénalités manquent de constance en F1. Maldonado par exemple, après plusieurs coups de volant jugés volontaires depuis le début de sa carrière, n'a jamais écopé d'autre chose que de places en plus sur la grille de départ. Cette irrégularité des sanctions s'explique par le fait que les commissaires ne sont jamais les mêmes d'un Grand Prix à l'autre.

C'est pourquoi, si la catégorie-reine doit devenir un exemple, alors le cas Grosjean doit être le cas de référence, et mener à davantage de sévérité, car pour Buxton, la sanction qu'il a reçue est la bonne : “Vous voulez qu'un pilote réfléchisse à ce qu'il a fait ? Vous voulez appuyer là où ça fait mal ? N'allégez pas son portefeuille. Ne le faites pas partir un peu plus loin sur la grille. Simplement, montrez lui ce que ça fait d'être assis, à la maison, et de regarder une course à laquelle il devrait participer. Laissez-le regarder son remplaçant monter dans SA voiture, et la conduire mieux, ou moins bien que lui. Laissez-le taper sur son coussin de frustration, crier contre toute cette injustice... devant une télévision. Prenez-lui tout ce pour quoi il a travaillé. Faites-le apprécier ce qu'il a déjà.”

Reste à savoir si la pénalité de Grosjean marquera bel et bien le début d'une nouvelle ère, ou si elle restera un événement isolé, comme il y en a déjà eu beaucoup auparavant.

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Séries Formule 1
Pilotes Fernando Alonso , Romain Grosjean
Type d'article Actualités