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Les premières études médicales en sport automobile

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Les premières études médicales en sport automobile
Par :
26 févr. 2016 à 19:00

Savoir que les coureurs automobiles et de motos de très haut calibre s’entraînent physiquement comme des athlètes olympiques est aujourd’hui une évidence.

Ayrton Senna, Toleman
Nigel Mansell, Team Lotus
Ayrton Senna, Toleman
Martin Brundle, Tyrrell
Eddie Cheever, Alfa Romeo
Nigel Mansell, Williams
Nigel Mansell, Williams
Ayrton Senna, Toleman

Les choses étaient pourtant incroyablement différentes il n’y a pas si longtemps de cela. Au début des années 80, les coureurs automobiles, y compris ceux de Formule 1, savaient qu’ils devaient entretenir leur condition physique, mais pratiquement aucun d’eux ne savait vraiment comment le faire. Il n’existait aucun institut offrant des services de consultation ou de préparation physique axés sur le sport automobile. Car avant de conseiller un athlète sur sa préparation physique, il faut connaître avec précision les exigences de son sport.

Villeneuve et Pironi, les pionniers

En 1982, étudiant à l’université McGill de Montréal, je devais rédiger une étude de synthèse destinée à l’entraînement d’un athlète. J’avais choisi un coureur automobile. À cette époque, il n’existait presque aucune donnée précise sur les exigences physiques du pilotage de voitures de courses.

Seuls les docteurs Jean-Paul Richalet et Catherine Bertrand, du CHU de Créteil, avaient effectué quelques relevés médicaux en 1981 avec Gilles Villeneuve et Didier Pironi, coéquipiers chez Ferrari. J’ai eu accès à toutes leurs données pour rédiger mon document.

Mon travail d’analyse a aussi fortement intéressé deux de mes professeurs, Jacques Dallaire, docteur en physiologie de l’exercice, et Dan Marisi, docteur en psychologie sportive. Nous voulions en savoir plus sur la physiologie et le mental des pilotes et les aider à s’entraîner.

Mon premier contact fut établi avec Nigel Mansell, pilote Lotus F1, qui avait transformé une pièce de sa maison en un petit gymnase et qui démontrait un vif intérêt pour le conditionnement physique. Puis, nous avons envoyé des lettres [oui, des lettres avec des timbres, c'était avant l'époque de l'internet !] à toutes les écuries de F1, offrant à leurs pilotes de venir à notre laboratoire de McGill durant la semaine précédant le Grand Prix du Canada. Nous avons nommé notre petite équipe le “McGill Motorsport Research Group” auquel s’est joint l’actuel médecin chef du Grand Prix du Canada, le Dr Jacques Bouchard.

Des enregistrements de fréquences cardiaques

Afin de mieux cerner le stress physique et psychologique subi par les pilotes de F1, nous avons fait porter à certains d’entre eux, dont Mansell, Nelson PiquetMartin Brundle et Ayrton Senna, un enregistreur de fréquences cardiaques en continu, connu sous le nom de Holter, durant des Grands Prix.

À notre grande stupéfaction, nous avons constaté que leurs fréquences cardiaques ne baissaient pas sous la barre des 160 battements par minute (bpm) durant toute la course. En moyenne, la fréquence oscillait entre 170 et 180 bpm durant presque deux heures. Cette élévation spectaculaire des battements cardiaques était causée par la combinaison de plusieurs facteurs : l’effort physique, la chaleur (accentuée par le port de la combinaison ignifugée), le stress, la décharge de certaines hormones dans le sang et les terribles accélérations subies dans toutes les directions.

En 1984, nous avons évalué la condition physique de Mansell, Senna, Brundle, Derek Warwick et Johnny Cecotto. Nous avions concocté une série de tests d’évaluation de facteurs de la condition physique et psychologique jugés essentiels à la pratique du sport automobile. Les pilotes subissaient en deux heures une batterie de tests physiologiques, incluant le pourcentage de graisse, la consommation maximale d’oxygène, la force et l’endurance des mains et des avant-bras, la souplesse de différentes articulations sollicitées par la pratique du sport automobile et le nombre de redressements assis. Les tests psychologiques comprenaient une évaluation de l’anticipation/réaction, le traitement de l’information, la mémoire, l’attention, la perception, le repérage et le suivi visuel.

Nous avons très vite constaté que les pilotes de F1 de cette époque n’étaient pas en excellente condition physique… Tous devaient effectuer d’énormes progrès dans tous les domaines, spécialement un jeune gringalet nommé Ayrton Senna qui terminait plusieurs de ses courses sur une civière, à bout de forces. Nous leur avons donc préparé, pour chacun d’eux, un programme complet d’entraînement physique, destiné à combler les carences.

De redoutables compétiteurs

Le plus étonnant furent leurs résultats aux tests psychologiques. “Ce sont des individus extrêmement motivés à réussir. Moi qui ai travaillé avec des athlètes olympiques et de sports professionnels, je peux affirmer que les pilotes de F1 sont les individus possédant l’esprit de compétition le plus développé de tous”, expliquait, à cette époque, le Dr Marisi, tristement décédé en 1999.

Les pilotes de F1 sont aussi dotés d’une intelligence supérieure. Ils ne défient pas la mort comme plusieurs le croient. Ils sont trop intelligents pour cela. Ils ne possèdent pas des réflexes ultra rapides, mais leurs cerveaux sont plutôt capables de traiter une somme astronomique d’informations en une fraction de seconde. Pour eux, tout se déroule au ralenti quand ils pilotent. Ils sont rarement submergés par la somme d’informations qu’ils doivent traiter. De plus, ils sont capables de demeurer concentrés durant de très longues périodes de temps. Il faut comprendre qu’un erreur de leur part à 300 km/h est beaucoup plus dangereuse que de rater une balle au tennis ou manquer un trou au golf…”, ajoutait Marisi.

Durant les années qui ont suivies, plusieurs autres pilotes de F1, mais aussi d’IndyCar et de NASCAR, incluant Emerson Fittipaldi, sont venus faire évaluer leur condition physique et psychologique à McGill. Très vite, la banque de données de tous ces résultats a grossi, devenant de plus en plus significative. Nous pouvions alors mieux cerner les exigences du pilotage de ces bolides, et mieux conseiller les athlètes. Par la suite, des groupes d’autres pays ont repris nos conclusions et ont mis en place leurs propres centres de recherche. Aujourd’hui, il existe plusieurs instituts spécialisés dans les conseils d’entraînements physiques et il n’est pas rare que des écuries et des pilotes disposent de leurs propres entraîneurs.

Le chemin qui a été parcouru depuis les premières études de 1982 est ahurissant, et il est rassurant de savoir que les pilotes, mieux entraînés que jamais, sont devenus de véritables athlètes.

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