Portrait

Louis Chiron, l'autre icône de Monaco

Jusqu’à la victoire de Charles Leclerc dimanche, il était le seul autre Monégasque à avoir remporté son Grand Prix national : c’était en 1931, pour la troisième édition de l'épreuve, bien avant la création du championnat du monde. Portrait de Louis Chiron.

Louis Chiron

Décédé en 1979, peu avant ses 80 ans, Louis Chiron détient encore un record : celui du pilote le plus âgé à prendre le départ d’une épreuve du championnat du monde de Formule 1, en 1955, à Monaco, à 55 ans, 9 mois et 19 jour.

Mais Louis Chiron demeure surtout une icône du sport automobile, indissociable de la Principauté qui l'a vu naître, occupant d'ailleurs le poste de directeur de course du Grand Prix jusqu'à sa mort en 1979. Il était également – jusqu'à ce dimanche 26 mai 2024 et la victoire de Charles Leclerc –, le seul pilote monégasque à s'être imposé lors d'une épreuve dans les rues de Monaco, en 1931, même si le championnat du monde n'existait bien évidemment pas à cette époque.

Louis Chiron et Achille Varzi, Bugatti T51, à l'arrivée du Grand Prix de France 1931.

Louis Chiron et Achille Varzi, Bugatti T51, à l'arrivée du Grand Prix de France 1931.

Photo de: Motorsport Images

Après avoir découvert la vie mondaine en tant que groom dans des hôtels de luxe, Louis Chiron, issu d'une famille de vignerons, est engagé dans le premier conflit mondial à l'âge de 18 ans, et officie en tant que chauffeur pour les plus grands dirigeants militaires français. À son retour, il intègre la concession Bugatti de Nice, ce qui lui donne l'opportunité de convoyer des véhicules de la marque de Molsheim et, accessoirement, de faire la connaissance d'Ettore Bugatti.

C'est par l'une de ses connaissances dans la jet set qu'il se voit offrir la chance de disposer d'une Bugatti de course, avec laquelle il effectue ses débuts en sport automobile, principalement en course de côte dans le sud de la France, au milieu des années 20. C'est encore un partenaire fortuné, l'industriel Alfred Hoffman, qui lui confie une redoutable Bugatti T35, avec laquelle il va effectuer ses débuts en Grand Prix en 1926, remportant rapidement ses premiers succès sur la scène internationale.

Curieusement, s'il fut l'un des principaux soutiens de l'organisation du tout premier Grand Prix de Monaco en 1929, Louis Chiron choisit de faire l'impasse sur cette première édition pour disputer les 500 miles d'Indianapolis le même jour (7e).

Louis Chiron, Alfa Romeo Tipo-B P3, lors du GP de France 1934

Louis Chiron, Alfa Romeo Tipo-B P3, lors du GP de France 1934

Photo de: Motorsport Images

Finalement au départ du Grand Prix de Monaco 1930, il rate la victoire de peu, mais il finit par décrocher les lauriers chez lui en 1931. Parti de la 11e place sur la grille – les positions étaient fixées par tirage au sort – sur sa T51, Chiron s'impose ainsi devant la Maserati de Luigi Fagioli et une autre Bugatti, celle d'Achille Varzi.

Chiron va ensuite changer de marque à plusieurs reprises, passant par la Scuderia Ferrari, puis Mercedes, à la grande époque des Flèches d'Argent. Mais un sérieux accident lors du Grand Prix d'Allemagne 1936 sur la Nordschleife met un coup d'arrêt à la carrière du natif de Monte-Carlo, alors âgé de 47 ans, tandis que la Seconde Guerre éclate.

Après une dizaine d'années de pause, au sortir de ce nouveau conflit mondial, Louis Chiron reprend toutefois le chemin des circuits. Cette fois au volant d'une Talbot-Lago, il prouve qu'il n'a rien perdu de son coup de volant, et le Monégasque fait partie des pilotes au départ du Grand Prix de Grande-Bretagne 1950 à Silverstone, pour la toute première épreuve de l'histoire du championnat du monde de Formule 1 : il a 50 ans.

Troisième à Monaco, en 1950 toujours, il termine sixième sur le même circuit l'année suivante. Après avoir changé régulièrement de monture, au volant de Talbot, OSCA, Lancia ou encore Maserati, il marque ses derniers points en F1 à Monaco sous les couleurs de la Scuderia Lancia en 1955. Il tente une dernière fois de prendre le départ de son Grand Prix national sur une Maserati 250F privée en 1958, mais manque sa qualification, à presque 59 ans !

Louis Chiron fut directeur du course du GP de Monaco durant de nombreuses années.

Louis Chiron fut directeur du course du GP de Monaco durant de nombreuses années.

Photo de: Motorsport Images

Chiron raccroche définitivement le casque, après s'être imposé sur bon nombre de Grands Prix majeurs de l'époque : le GP de France (cinq fois), d'Espagne (trois fois), de Tchécoslovaquie (trois fois), de Belgique, d'Allemagne et d'Italie (une fois). Mais on retiendra également neuf participations aux 24 heures du Mans entre 1928 et 1953 (et jamais à l'arrivée !), et surtout une victoire sur l'autre épreuve phare de l'ACM, le Rallye Monte Carlo, en 1954, au volant d'une Lancia Aurelia B20 GT, et copiloté par l'Italien Ciro Basadonna.

Louis Chiron s'impose par la suite comme figure incontournable du Grand Prix de Monaco, cette fois en tant que directeur de course, une fonction qu'il va occuper jusqu'à l'édition 1979 de l'épreuve, avant sa mort quelques mois plus tard. Son nom perdure, et ressurgit sur le devant de la scène des décennies plus tard avec la Bugatti Chiron, hypercar de la marque française produite entre 2016 et 2022, et baptisée en sa mémoire.

La Bugatti Chiron

La Bugatti Chiron

Photo de: Marc Fleury

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