Évincer Masi ne règlera pas tous les problèmes, selon Brundle

L'ancien pilote et aujourd'hui consultant TV Martin Brundle estime que remplacer Michael Masi au poste de directeur de course de la FIA ne serait pas une mesure suffisante après la polémique du Grand Prix d'Abu Dhabi 2021.

Depuis la fin polémique de la saison 2021 de F1, le directeur de course de la FIA, Michael Masi, est au centre des débats pour le rôle qu'il a joué dans les derniers tours du Grand Prix d'Abu Dhabi. Une partie des observateurs et des fans lui reproche d'avoir agi en dehors du cadre réglementaire fixé, en appliquant de manière sélective les différentes règles sur le Safety Car, pour que le dernier tour soit couru sous régime de drapeau vert et sans retardataire entre Lewis Hamilton et Max Verstappen.

Même si les commissaires de l'épreuve ont rejeté la réclamation de Mercedes sur le sujet, tout en reconnaissant que l'article 48.12 n'a "pas été appliqué dans sa totalité" et même si la structure allemande a choisi de ne pas aller plus loin sur le plan juridique, l'ampleur de la controverse a été telle après la course que la FIA, sous l'impulsion de son président sortant Jean Todt, a décidé de la mise en place d'une enquête sur le sujet. C'est désormais sous la présidence de Mohammed Ben Sulayem, qui a succédé au Français à la mi-décembre, que ce processus va suivre son cours, avec des conclusions attendues en mars.

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Dans ce contexte, la présentation du nouvel organigramme de la FIA, où le secrétaire général dédié au sport et responsable du processus d'enquête, Peter Bayer, s'est vu confier le rôle de directeur monoplace au sein de la fédération, a semé le doute puisque la version précédente de ce même document, sous l'ère Todt, indiquait la présence de Michael Masi. Ce changement dans la présentation des responsabilités a été de nature à provoquer des réactions de la part des observateurs et des fans, d'aucuns allant jusqu'à conclure que Masi avait bien été évincé à la suite de la polémique.

Officiellement toutefois, ce n'est pas le cas et charge va justement revenir à Bayer de proposer des évolutions pour "optimiser l'organisation de la structure F1 de la FIA". Le sort de Masi et les contours d'une éventuelle nouvelle hiérarchie ne seront sans doute pas connus avant la fin de cette procédure.

Pour Martin Brundle, ancien pilote de F1 et désormais consultant pour Sky Sports, le simple remplacement de l'Australien ne serait de toute façon pas suffisant. "Si la FIA et la F1 veulent que Michael Masi reste, et si Michael Masi veut rester, il ne lui reste plus qu'une vie, donc je ne sais pas si c'est tenable, tout compte fait. Ce dont je suis absolument sûr, c'est que remplacer Michael Masi ne résoudra pas le problème. C'est un travail bien trop important pour qu'une seule personne puisse s'en occuper au fil d'une saison de 23 courses, et cela ne fera que s'amplifier."

Michael Masi

Michael Masi

"À l'époque, avec 16-18 courses pour Charlie [Whiting, le prédécesseur de Masi, décédé début 2019] et Herbie [Blash, l'assistant de Whiting], Charlie donnait le départ de la course et Herbie était dans les faits le directeur de course jusqu'à ce que Charlie revienne de la plateforme de départ près de la grille. Ils avaient tout sous contrôle, mais ça se développe de façon exponentielle, donc Masi, s'il reste, aura besoin de beaucoup de soutien autour de lui et je soupçonne que c'est ce qu'ils recherchent actuellement. Et qui voudrait vraiment prendre sa place en ce moment ?"

Pour Johnny Herbert, lui-même ancien pilote et consultant Sky, il est clair que Masi ne peut pas être maintenu à son poste mais il reconnaît que la question de sa succession est épineuse. "Je pense qu'il a fait trop de dégâts à la Formule 1 et je pense qu'en raison de la position qu'il occupe, vous devez avoir confiance, et je pense que cette confiance s'est complètement évaporée."

"Le problème est de savoir par qui le remplacer. Parce qu'il est évident que l'expérience sera très importante pour l'homme qui occupera ce poste. Michael a eu beaucoup de chance, il était sous les ordres de Charlie Whiting quand Charlie était aux manettes et il a appris beaucoup de bonnes choses de ce point de vue. Y a-t-il quelqu'un qui se détache pour le moment pour le remplacer ? Non, et c'est là que le bât blesse."

Quant à Damon Hill, Champion du monde 1996 et lui aussi intervenant pour Sky Sports, il juge que Masi pourrait justement s'appuyer sur l'expérience de cette fin de saison pour s'améliorer dans son exercice de la fonction de directeur de course, tout en lançant une petite pique en guise de dernière phrase : "Je pense qu'il a appris sa leçon. Je pense que nous avons besoin de quelqu'un qui a de l'expérience, au moins les gens savent à quoi ils ont affaire. Il a juste besoin de soutien et de la confiance qu'on lui donne pour faire la loi en fonction de ce qu'il veut voir faire, et en supposant bien sûr qu'il veuille que ce soit fait conformément aux règlements."

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