McLaren redoute les dangers d'un Brexit sans accord

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McLaren redoute les dangers d'un Brexit sans accord
Par : Fabien Gaillard
30 nov. 2018 à 16:10

Alors que le Brexit ne cesse d'alimenter les débats outre-Manche dans l'attente de la mise en place d'un accord entre le Royaume-Uni et l'Union européenne, la F1 craint les écueils d'une sortie brutale.

Sept des dix écuries prenant part au Championnat du monde de Formule 1 sont basées en Angleterre, les exceptions étant Ferrari, Toro Rosso (toutes deux en Italie) et Sauber (en Suisse) ; quant à Haas, même si ses quartiers généraux se trouvent aux États-Unis, elle a une base à Banbury.

Leur situation est évidemment, comme pour un grand nombre d'autres entreprises travaillant à l'international, dépendante de la manière dont vont se finaliser les négociations autour de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

En cas de rejet par le parlement de l'accord du Premier ministre Theresa May en décembre, il se pourrait qu'elle se produise sans entente le 29 mars prochain, laissant un certain nombre de questions non réglées. Même si ce scénario n'est qu'un de ceux qui sont possibles, la possibilité qu'il se réalise pousse les écuries à travailler avec leurs partenaires pour essayer de s'assurer de pouvoir faire face à tout type de difficultés.

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Ainsi, Jonathan Neale, directeur de l'exploitation de McLaren, a déclaré, cité par The Guardian : "Les questions clés seront l'efficacité frontalière pour les pièces et les personnes ainsi que les coûts administratifs. McLaren F1 voyage avec 40 tonnes et 100 personnes, et nous nous rendons toutes les deux semaines à un [Grand Prix], autour du globe, dans 20 pays et sur cinq continents, en passant par une variété de frontières douanières, pour produire un spectacle. À l'heure actuelle, il y a des sentiers battus dans la façon dont nous gérons les douanes et les frontières afin de nous déplacer sans heurts."

"L'une des choses que nous faisons, c'est de travailler avec la F1, HMRC [les Recettes et Douanes de Sa Majesté, ndlr] et nos fournisseurs logistiques comme FedEx et DHL, et nous essayons d'anticiper [et] de faire pression pour que nous continuions à travailler efficacement, [...] pour que les coûts administratifs et le fardeau ne rendent pas ce processus lourd, ce qui ferait courir un risque à notre capacité à produire un spectacle."

Quant aux principaux domaines qui seraient touchés en cas de Brexit sans accord, Neale précise : "Les points de friction sont le talent, la chaîne d'approvisionnement et l'exportation de nos produits ; les coûts administratifs pour faire face aux inefficacités aux frontières et aux retards. Nous verrons bien. Nous ne courons pas partout en étant trop dramatiques, mais nous nous en occupons absolument."

Le talent, un "produit" rare et qui n'a pas de nationalité, surtout pour une écurie McLaren qui emploie près de 800 personnes et qui compte rien que dans l'équipe d'ingénierie 23 nationalités différentes. "Ce que nous aimerions éviter, c'est de nous retrouver avec des exigences de visa folles, coûteuses sur le plan administratif et qui prennent beaucoup de temps, que ce soit pour le maintien en poste ou pour le recrutement futur. Nous voulons être en mesure d'embaucher les talents sur la base du fait qu'il s'agit de la bonne personne pour le poste", ajoute Neale.

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Une inquiétude partagée par Toto Wolff récemment, mais aussi par Renault qui travaille pour la partie châssis à Enstone et la partie moteur à Viry-Châtillon.

"Nous sommes à dix semaines du début de la construction de notre voiture pour 2019", poursuit Neale. "Une voiture de F1 compte environ 14'000 pièces et le report entre la dernière course de cette année et la première de l'année prochaine sera inférieur à 10%. Bon nombre de ces matériaux proviennent d'un certain nombre de petites et moyennes entreprises au Royaume-Uni et dans toute l'Europe. Certains sous-ensembles complexes traverseront de nombreuses frontières avant d'arriver ici."

"Si chaque fois qu'une frontière est franchie, il y a une transaction, cela entraîne une énorme inertie et une grande inefficacité dans notre chaîne d'approvisionnement. Ce sera la même chose pour tout le monde, mais en tant qu'industrie, c'est quelque chose que nous voudrions éviter."

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Auteur Fabien Gaillard