McLaren ne regrette pas le divorce "onéreux" avec Honda

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McLaren ne regrette pas le divorce
Par : Basile Davoine
21 déc. 2018 à 11:44

Le président de McLaren insiste sur le fait que l'écurie a pris la bonne décision en se séparant de Honda cette année, même si ce choix "onéreux" n'a pas produit l'effet escompté sur les performances.

Après trois années difficiles avec le motoriste japonais, McLaren a décidé de passer à un moteur client Renault pour 2018. Ce choix aurait coûté à l'écurie de Woking la bagatelle de 100 millions de dollars, compte tenu de la perte de la gratuité des moteurs Honda, du financement qu'apportait le constructeur, et du paiement à verser pour obtenir les moteurs Renault. Ce changement important a également mis les faiblesses de McLaren en lumière, car la MCL33 n'a pas été aussi performante que prévu, ce qui a conduit à une restructuration du département technique, ainsi qu'à la démission d'Éric Boullier dès l'été dernier.

Néanmoins, en dépit de cette stratégie coûteuse et des progrès de Honda qui ont convaincu Red Bull Racing de recourir au moteur japonais l'an prochain, le président de McLaren, Sheikh Mohammed bin Essa Al Khalifa, n'exprime aucun regret. Représentant de Mumtalakat, qui apporte à l'écurie le financement du gouvernement de Bahreïn en tant qu'actionnaire, il a fait part de son sentiment à l'issue de la saison et de la vision qu'il porte.

"D'un côté nous sommes frustrés, de l'autre nous sommes pleinement investis", assure-t-il. "Dans notre façon de diriger... un changement était inévitable. J'ai un immense respect pour Honda, mais le partenariat ne fonctionnait pas, alors nous avons eu une discussion courtoise et nous avons décidé de nous séparer. C'était une décision onéreuse pour nous, mais c'était dans l'intérêt à long terme de l'entreprise. Nous ne la regrettons donc pas."

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Tandis que McLaren a fait face à une année 2018 difficile, Sheikh Mohammed reconnaît qu'il s'intéresse désormais de plus près qu'avant aux activités de l'écurie. "Oui, je suis davantage impliqué dans les détails et la compréhension", précise-t-il. "J'aime la course, et j'aime les chiffres. Ce qui concerne l'aérodynamique, le poids de la suspension, ou quoi que ce soit d'autre."

Il ajoute toutefois comprendre que l'écurie ne pourra pas résoudre ses problèmes en un coup de baguette magique. Faire preuve de patience sera donc son credo alors que McLaren doit entamer un processus de retour au premier plan qui prendra inévitablement des années.

"Je suis dans le paddock F1 depuis 2000, et nous sommes propriétaires depuis 2007, et les gens disent : vous devriez changer ceci ou faire cela", déplore-t-il. "Mais je suis là depuis suffisamment longtemps pour savoir que réagir à chaud n'est pas la solution. C'est une échelle graduée de décisions à prendre sur la manière de corriger les choses, et nous avons essayé de le faire. Les dirigeants sont là pour gérer l'équipe. Nous sommes ici pour apporter des ressources et c'est ce que je vais m'évertuer à faire : dites-moi ce qu'il vous faut et nous sommes d'accord pour vous soutenir. Nous irons jusqu'au bout. C'est très frustrant car nous sommes tous passionnés de course, mais il faut traverser cette période."

Pour Zak Brown, PDG de McLaren Racing, cette implication renforcée de Sheikh Mohammed est une bonne chose plutôt que de le voir se tenir à distance. Elle a même été sollicitée par ses soins.

"Je pense que les PDG ont différents styles", explique-t-il. "Mon style, c'est de vouloir être très engagé avec mon président, de ne pas le surprendre. Ils [les Bahreïnis] ont une telle histoire dans la discipline, alors j'ai beaucoup d'estime pour leurs conseils et leur influence. C'est une excellente relation de travail. Je crois qu'il y a des PDG qui se disent : 'J'ai le ballon, laisse-moi jouer avec'. Mais ce n'est pas mon style. Il y a de nombreux domaines dans lesquels Sheikh Mohammed nous aide, et je lui ai demandé d'être impliqué pour utiliser son influence."

Propos recueillis par Jonathan Noble  

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