McLaren ne regrette pas le divorce "onéreux" avec Honda

Le président de McLaren insiste sur le fait que l'écurie a pris la bonne décision en se séparant de Honda cette année, même si ce choix "onéreux" n'a pas produit l'effet escompté sur les performances.

McLaren ne regrette pas le divorce "onéreux" avec Honda

Après trois années difficiles avec le motoriste japonais, McLaren a décidé de passer à un moteur client Renault pour 2018. Ce choix aurait coûté à l'écurie de Woking la bagatelle de 100 millions de dollars, compte tenu de la perte de la gratuité des moteurs Honda, du financement qu'apportait le constructeur, et du paiement à verser pour obtenir les moteurs Renault. Ce changement important a également mis les faiblesses de McLaren en lumière, car la MCL33 n'a pas été aussi performante que prévu, ce qui a conduit à une restructuration du département technique, ainsi qu'à la démission d'Éric Boullier dès l'été dernier.

Néanmoins, en dépit de cette stratégie coûteuse et des progrès de Honda qui ont convaincu Red Bull Racing de recourir au moteur japonais l'an prochain, le président de McLaren, Sheikh Mohammed bin Essa Al Khalifa, n'exprime aucun regret. Représentant de Mumtalakat, qui apporte à l'écurie le financement du gouvernement de Bahreïn en tant qu'actionnaire, il a fait part de son sentiment à l'issue de la saison et de la vision qu'il porte.

"D'un côté nous sommes frustrés, de l'autre nous sommes pleinement investis", assure-t-il. "Dans notre façon de diriger... un changement était inévitable. J'ai un immense respect pour Honda, mais le partenariat ne fonctionnait pas, alors nous avons eu une discussion courtoise et nous avons décidé de nous séparer. C'était une décision onéreuse pour nous, mais c'était dans l'intérêt à long terme de l'entreprise. Nous ne la regrettons donc pas."

Lire aussi :

Tandis que McLaren a fait face à une année 2018 difficile, Sheikh Mohammed reconnaît qu'il s'intéresse désormais de plus près qu'avant aux activités de l'écurie. "Oui, je suis davantage impliqué dans les détails et la compréhension", précise-t-il. "J'aime la course, et j'aime les chiffres. Ce qui concerne l'aérodynamique, le poids de la suspension, ou quoi que ce soit d'autre."

Il ajoute toutefois comprendre que l'écurie ne pourra pas résoudre ses problèmes en un coup de baguette magique. Faire preuve de patience sera donc son credo alors que McLaren doit entamer un processus de retour au premier plan qui prendra inévitablement des années.

"Je suis dans le paddock F1 depuis 2000, et nous sommes propriétaires depuis 2007, et les gens disent : vous devriez changer ceci ou faire cela", déplore-t-il. "Mais je suis là depuis suffisamment longtemps pour savoir que réagir à chaud n'est pas la solution. C'est une échelle graduée de décisions à prendre sur la manière de corriger les choses, et nous avons essayé de le faire. Les dirigeants sont là pour gérer l'équipe. Nous sommes ici pour apporter des ressources et c'est ce que je vais m'évertuer à faire : dites-moi ce qu'il vous faut et nous sommes d'accord pour vous soutenir. Nous irons jusqu'au bout. C'est très frustrant car nous sommes tous passionnés de course, mais il faut traverser cette période."

Pour Zak Brown, PDG de McLaren Racing, cette implication renforcée de Sheikh Mohammed est une bonne chose plutôt que de le voir se tenir à distance. Elle a même été sollicitée par ses soins.

"Je pense que les PDG ont différents styles", explique-t-il. "Mon style, c'est de vouloir être très engagé avec mon président, de ne pas le surprendre. Ils [les Bahreïnis] ont une telle histoire dans la discipline, alors j'ai beaucoup d'estime pour leurs conseils et leur influence. C'est une excellente relation de travail. Je crois qu'il y a des PDG qui se disent : 'J'ai le ballon, laisse-moi jouer avec'. Mais ce n'est pas mon style. Il y a de nombreux domaines dans lesquels Sheikh Mohammed nous aide, et je lui ai demandé d'être impliqué pour utiliser son influence."

Propos recueillis par Jonathan Noble  

Fernando Alonso, McLaren MCL33, and Pierre Gasly, Toro Rosso STR13, go wheel-to-wheel
partages
commentaires
Nicolas Todt vend ses parts dans ART Grand Prix

Article précédent

Nicolas Todt vend ses parts dans ART Grand Prix

Article suivant

La FIA fixe le cadre du développement autorisé pour 2021

La FIA fixe le cadre du développement autorisé pour 2021
Charger les commentaires
Pourquoi l'expansion de McLaren contribue à sa renaissance en F1 Prime

Pourquoi l'expansion de McLaren contribue à sa renaissance en F1

Dans les années 1960 et 1970, McLaren jonglait avec des engagements en F1, en Endurance et à Indianapolis, tout en concevant des F3 et des F2. Aujourd'hui, l'équipe retrouve ses racines, se développe en IndyCar et en Extreme E tout en poursuivant sa renaissance en F1, tandis que la Formule E et le WEC sont à l'étude. Mais n'est-ce pas trop, trop tôt ? Stuart Codling en discute avec Zak Brown.

Innovations bannies : le double diffuseur de Brawn GP Prime

Innovations bannies : le double diffuseur de Brawn GP

La saison 2009 de Formule 1 est célèbre pour avoir vu l'arrivée et le triomphe immédiat de Brawn GP sur les cendres de l'équipe Honda, avec la victoire dans les deux championnats à la clé, scellée il y a 12 ans jour pour jour à Interlagos.

Échanges radio, ou le danger d'une trop grande interprétation Prime

Échanges radio, ou le danger d'une trop grande interprétation

Lewis Hamilton a répondu aux articles le disant "furieux" contre Mercedes après des échanges radio houleux lors du Grand Prix de Turquie. Une mise au point qui rappelle à quel point les extraits radio diffusés en F1 peuvent aussi bien éclairer que déformer une situation réelle.

Formule 1
14 oct. 2021
Vettel : "Certains sujets sont trop importants pour être négligés" Prime

Vettel : "Certains sujets sont trop importants pour être négligés"

Près de quinze ans après son arrivée en Formule 1, Sebastian Vettel a bien changé. Le quadruple Champion du monde n'hésite plus à défendre les causes qui lui tiennent à cœur, telle la protection de l'environnement et des personnes LGBT. Quel avenir aura-t-il à son départ de la Formule 1 ? Le pilote Aston Martin s'est confié à plusieurs médias, dont Motorsport.com Italie.

Formule 1
13 oct. 2021
Comment les arrêts au stand sont devenus une forme d'art en F1 Prime

Comment les arrêts au stand sont devenus une forme d'art en F1

Les arrêts au stand en Formule 1 sont un mélange à vitesse accélérée de haute technologie et de performance humaine. Pat Symonds nous décrit comment cette science des gains marginaux rend les arrêts si rapides.

Formule 1
12 oct. 2021
Les notes du Grand Prix de Turquie 2021 Prime

Les notes du Grand Prix de Turquie 2021

Après le Grand Prix de Turquie, seizième manche de la saison 2021, nous avons attribué les notes suivantes aux pilotes.

Formule 1
11 oct. 2021
Pourquoi Mercedes est plus fort et plus faible qu'il n'y paraît Prime

Pourquoi Mercedes est plus fort et plus faible qu'il n'y paraît

Mercedes et Lewis Hamilton ont dominé la première journée du Grand Prix de Turquie 2021, sur la surface grandement améliorée du circuit d'Istanbul. Mais la position de l'équipe n'est pas tout à fait ce qu'elle semble être. Voici pourquoi.

Formule 1
9 oct. 2021
Le dilemme du cash derrière les choix du calendrier F1 Prime

Le dilemme du cash derrière les choix du calendrier F1

La promesse de Liberty Media selon laquelle toute nouvelle course s'ajoutant au calendrier doit apporter une valeur ajoutée aux fans, aux équipes et à la Formule 1 en général a été remise en question par de multiples facteurs, découlant tous de la pandémie de COVID-19. Mais avec un œil sur le bilan comptable, la F1 va-t-elle à l'encontre de ses promesses avec ses récents projets ?

Formule 1
8 oct. 2021