McLaren peine à se satisfaire du point marqué par Norris

Lando Norris a réalisé une belle course à Zandvoort en prenant la dixième place en partant 13e, mais McLaren sait devoir faire mieux.

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Après un début de saison tonitruant, McLaren est dans une mauvaise passe. Les carambolages du premier virage ont privé l'écurie de ses chances de points en Hongrie, et si elle en a marqué six à Spa-Francorchamps grâce à la belle performance de Daniel Ricciardo en qualifications, la MCL35M n'était pas à son aise sur la piste de Zandvoort, où elle n'a inscrit qu'une petite unité.

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Ce Grand Prix des Pays-Bas a d'ailleurs mal commencé pour Ricciardo avec un pépin technique qui l'a entravé à l'extinction des feux, bien qu'il ait grappillé une place au premier tour pour atteindre le neuvième rang.

"Il y a eu des moments stressants au départ", commente l'Australien. "Nous avons deux palettes d'embrayage. Chacun a sa préférée ; si l'on est droitier, on choisit probablement celle de droite pour faire le départ. Celle-ci a décidé de ne pas marcher. Je stressais sur la grille car je n'arrivais pas à engager de rapport, donc je croyais avoir un problème de boîte de vitesses. J'agitais les mains en me disant qu'il fallait qu'on m'évacue de la grille. Puis j'ai essayé celle de gauche, j'ai passé la première et ça a marché. J'ai essayé de comprendre comment prendre un départ avec la main gauche. J'étais préparé à un très mauvais envol. Comme attendu, Russell m'a doublé d'emblée. Mais en fait, j'ai réussi à le repasser, et Giovinazzi aussi. J'ai finalement gagné une place."

Daniel Ricciardo, McLaren MCL35M

Ricciardo a réalisé un relais de 30 tours en pneus tendres rodés avant d'en effectuer 41 en durs, quand son coéquipier Lando Norris, parti 13e après avoir vu la Q3 lui échapper pour la première fois de la saison, commençait par 42 tours en mediums puis 29 en durs. Une stratégie efficace, puisque le Britannique a fait l'overcut à Lance Stroll et à George Russell… et a même repris cinq secondes à son coéquipier, qu'il a ensuite dépassé promptement avec ses gommes neuves avant de prendre la poudre d'escampette.

L'Australien, pour sa part, semble avoir été sacrifié dans une certaine mesure au niveau de la stratégie. "Nous avons essayé une stratégie pour aider l'équipe, aider Lando", explique Ricciardo, onzième à l'arrivée à 13 secondes de son partenaire. "Je pense simplement que ça n'a pas marché. Nous allons analyser ça maintenant et voir ce que nous aurions pu mieux faire."

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Le directeur d'équipe Andreas Seidl confirme : "Nous avons essayé de jouer le collectif et de créer un décalage pneumatique pour Lando afin de voir s'il y avait une opportunité de mettre les deux voitures en position de marquer des points, pour voir s'il y avait la moindre chance d'attaquer les Alpine. Mais en fin de compte, nous n'avions pas le rythme pour ce faire."

Norris ne s'est effectivement rapproché qu'à deux secondes des Alpine avant d'être attaqué par la Red Bull de Sergio Pérez pour la neuvième place en fin d'épreuve. Le pilote McLaren n'a fait aucun compromis et a tassé le Mexicain hors de la piste à la sortie du virage Tarzan, même s'il a dû s'incliner quelques instants plus tard. Les commissaires n'ont pas mené d'enquête à ce sujet.

"Je me disais juste que je n'allais pas lui rendre la vie facile, vous savez ?" explique Norris au micro de Sky Sports F1. "Je pense que nous pouvons nous satisfaire de nous battre avec lui, il est dans une Red Bull, il est dans la voiture la plus rapide en piste. Je pense qu'il faut traiter tous les pilotes de la même manière, que l'on se batte contre Max, Lewis ou qui que ce soit, et je ne vais pas lui faciliter la vie, car je veux ces points tout autant que lui."

Lando Norris, McLaren MCL35M, Sergio Perez, Red Bull Racing RB16B

"Bref, j'ai tenté, je l'ai un peu tassé mais je ne l'ai pas complètement poussé hors de la piste, rien de tel. Nous nous sommes tous deux battus durement. Il a pas mal levé le pied dans le premier virage et je ne voulais simplement pas lui laisser beaucoup de place – je lui en ai laissé assez, simplement pas des kilomètres. Aucun de nous deux n'a eu d'accident, et je crois qu'il a quand même dépassé quelqu'un d'autre après. Bref, rien à dire."

L'Anglais ajoute : "Le simple fait de maintenir la voiture sur la piste et de ne pas faire de grosse erreur était très difficile. C'était dur, mais tout ça a payé. J'aurais adoré rester devant la Red Bull à la fin et essayer de me battre avec les Alpine, mais nous n'avions simplement pas suffisamment de rythme pour ce faire. Mais un point, ça me suffit."

Le bilan est cependant plus que mitigé pour McLaren, avec cette unique unité inscrite quand Ferrari a marqué 16 points, prenant 15 longueurs d'avance au championnat des constructeurs. "Nous avons dû accepter que tout ce qui était possible aujourd'hui, c'était un point", regrette Andreas Seidl. "Ce n'est évidemment pas ce que nous espérions en venant ce week-end. Nous devons analyser plus en détail pourquoi nous n'avions pas le rythme en qualifs, ce qui a finalement façonné notre week-end et le résultat de la course. Nous devons repartir de zéro, nous ressaisir et tenter notre chance à nouveau à Monza, il faut nous assurer d'être à nouveau en position de nous battre avec les Ferrari."

Propos recueillis par Adam Cooper et Luke Smith

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