Comment une approche "peu conventionnelle" a mis Mercedes en pole

Les mauvaises performances de la Mercedes W13 et le manque de corrélation entre les données de l'usine et celles de la piste ont poussé l'équipe allemande à sortir des sentiers battus. Selon Toto Wolff, cette approche a payé au GP de Hongrie avec la pole position surprise de George Russell.

Comment une approche "peu conventionnelle" a mis Mercedes en pole
Charger le lecteur audio

Pour la première fois dans l'ère turbo hybride, Mercedes aborde la pause estivale sans la moindre victoire. Le changement de réglementation a fait reculer l'équipe octuple Championne du monde en titre, dont la voiture a particulièrement souffert du phénomène de marsouinage en début d'année.

Néanmoins, avant de partir en vacances, George Russell est parvenu à cueillir une pole position, la première d'une Mercedes depuis 2021, au Grand Prix de Hongrie. Et bien que l'équipe n'ait pas d'explication précise sur la raison pour laquelle le Hungaroring a tant souri aux W13, Toto Wolff a quelques pistes de réflexion.

Selon le directeur d'équipe, la manière de penser peu orthodoxe concernant les pièces testées et les réglages lors de chaque Grand Prix a été essentielle pour faire progresser les Flèches d'Argent. Wolff a ainsi pris en exemple le nouveau plancher de la W13, étrenné au GP de Grande-Bretagne, qui n'avait pas été évalué en soufflerie précédemment.

"Nous avons fait des choses peu conventionnelles cette année", a-t-il expliqué. "Je me souviens avoir discuté avec une aérodynamicienne très intelligente et elle a dit : 'si tu m'avais dit l'an dernier que nous allions mettre un plancher sur la voiture que nous n'avons pas testé dans la soufflerie, j'aurais dit que nous n'allions jamais faire ça.' Nous l'avons fait et tout le monde était fier des résultats. Ça a été la même chose à chaque week-end et encore plus le vendredi et le samedi [en Hongrie]. Nous avons essayé des choses."

Lewis Hamilton en compagnie de Toto Wolff dans le garage Mercedes

Lewis Hamilton en compagnie de Toto Wolff dans le garage Mercedes

À plusieurs reprises en 2022, Mercedes a constaté que les données de la soufflerie ne correspondaient pas entièrement à celles récoltées sur la piste. En conséquence, l'équipe a dû se montrer plus audacieuse dans sa manière d'aborder les Grands Prix dans l'espoir de trouver une réponse à cette disparité.

"C'est une discipline de base de données", a commenté Wolff au sujet de la F1. "Mais si l'on ne peut pas se fier aux données, parce que le monde virtuel – la soufflerie, la CFD et les simulations – n'entre pas en corrélation avec ce qui se passe en temps réel sur la piste, on doit simplement essayer des choses et trouver des corrélations : en gros, la corrélation par rétro-ingénierie. C'est ce que nous avons fait [en Hongrie] et nous avons obtenu des résultats positifs."

Désormais, la clé est de comprendre précisément ce qui a permis à l'équipe d'obtenir un si bon résultat après des essais très compliqués. "Ce que j'ai dit à Shov [Andrew Shovlin, directeur de l'ingénierie, ndlr], c'est d'écrire tout ce qu'il a fait dans la journée, y compris au moment de manger, pour comprendre pourquoi ça se passe si bien. Cette saison a oscillé entre la dépression et l'exubérance et a parfois changé d'un jour à l'autre."

"[Aux essais du GP de Hongrie], nous avons essayé des choses qui n'ont pas du tout fonctionné mais elles nous ont donné une meilleure direction. Mais pour être honnête, c'est un exercice douloureux cette année. Dans les tendances de la saison, nous sommes vraiment mauvais en qualifications mais performants le dimanche. Nous avons débloqué un certain potentiel dans la voiture [en Hongrie], si nous pouvons prouver que notre rythme de course n'a pas souffert, alors je nous vois de retour à une bonne position [en deuxième partie de saison]."

Lire aussi :
partages
commentaires
McLaren veut se séparer de Ricciardo au profit de Piastri
Article précédent

McLaren veut se séparer de Ricciardo au profit de Piastri

Article suivant

Les revenus de la F1 en forte augmentation

Les revenus de la F1 en forte augmentation