Mercedes invente ses propres "Papaya Rules" pour Antonelli et Russell
Alors que Ferrari revient dans la course au championnat constructeurs, Toto Wolff ne veut plus voir une victoire lui échapper à cause d'une bataille interne. Mercedes a donc instauré sa propre version des fameuses "Papaya Rules" de McLaren : des consignes d'équipe... un poil plus directes.
Photo de : Steven Tee / LAT Images via Getty Images
Mercedes a signé une nouvelle victoire dominante au Grand Prix de Belgique, où Kimi Antonelli a décroché son sixième succès de la saison. L'écurie allemande semble intouchable. Doit-elle pour autant aborder la fin de saison l'esprit totalement serein ?
Alors que la F1 disputera sa dernière manche avant la pause estivale ce week-end, en Hongrie, Ferrari est tout de même parvenue à semer un léger doute chez les Flèches d'Argent.
La Scuderia a en effet réussi à subtiliser deux victoires à Mercedes ces dernières semaines, à Barcelone et à Silverstone, profitant à chaque fois de l'abandon de l'une des deux W17.
Car c'est bien là la principale faiblesse de Mercedes : la fiabilité. L'équipe a laissé échapper de gros points à la suite de plusieurs abandons, dus à des pannes moteur ou à d'autres problèmes mécaniques, au Canada, à Barcelone et à Silverstone.
À Spa également, George Russell a été contraint à l'abandon après un accrochage avec Lewis Hamilton, pointant notamment du doigt la gestion énergétique de son moteur. Au total, cela représente une lourde perte pour Mercedes, alors que Ferrari ne pointe plus qu'à 73 points au championnat constructeurs.
Si la fiabilité reste la priorité absolue de Toto Wolff, le directeur de Mercedes ne veut désormais plus laisser la moindre opportunité à Ferrari, alors que l'écurie italienne enchaîne les week-ends solides avec une remarquable régularité.
Le scénario du Grand Prix de Barcelone lui est notamment revenu en tête. Ce jour-là, ses deux pilotes s'étaient livrés une bataille acharnée pour la tête de la course avant qu'Antonelli n'abandonne à cause d'une panne moteur. Une voiture de sécurité virtuelle avait alors permis à Ferrari de reprendre les commandes et de s'imposer.
Kimi Antonelli et George Russell ont plusieurs fois manqué de s'accrocher lors de leurs bagarres en course.
Photo de: Sam Bloxham / LAT Images via Getty Images
Pour Wolff, Mercedes ne peut plus se permettre de perdre une victoire face à un rival, surtout si cela résulte d'un duel fratricide entre ses pilotes. Le patron autrichien a donc instauré sa propre version des "Papaya Rules" de McLaren, qui avaient tant fait parler d'elles l'an dernier lorsque Lando Norris et Oscar Piastri se disputaient le championnat.
Si les consignes de l'écurie de Woking avaient autant suscité les débats, c'était notamment parce que McLaren entretenait le mystère, sans jamais vraiment expliquer en quoi consistaient ces fameuses règles. Chez Mercedes, la version de Toto Wolff est... un peu plus directe : pas de bagarre, le pilote en tête gagne.
"L'objectif que nous nous sommes fixés aujourd'hui était de ne pas perdre de temps entre nous", déclarait Wolff après le Grand Prix de Belgique. "Nous ne voulons pas de ce phénomène de yo-yo qui permettrait ensuite à une Ferrari ou une Red Bull de revenir sur nous et de nous priver de la victoire, comme cela s'est produit à Barcelone. Sans l'abandon, Kimi aurait gagné cette course."
"Depuis Barcelone, notre priorité est donc de toujours favoriser la victoire en course. Que ce soit Kimi ou George qui soit devant, c'est celui-là que nous soutiendrons."
"Il ne faut pas oublier que nous nous battons autant pour le championnat constructeurs que pour le championnat pilotes. Nous ne retirerons jamais une victoire à l'un de nos pilotes. Donc, même si George est devant en course, alors qu'il est derrière Kimi au championnat, à ce stade de la saison, nous n'interviendrions pas [pour échanger les positions]."
Je pense qu'il est clair que la priorité est la victoire de l'équipe.
"Je pense qu'il est clair que la priorité est la victoire de l'équipe", déclarait George Russell, conscient que les intérêts de Mercedes passent avant ceux de ses pilotes. "Peu importe lequel des deux pilotes l'obtient. Vous l'avez vu au Canada : Kimi et moi nous sommes battus très durement, mais nous creusions l'écart sur tout le monde. La victoire de l'équipe n'était donc pas menacée."
"En revanche, à Barcelone, un autre pilote s'est retrouvé dans la lutte. Certes, Lewis a profité de la voiture de sécurité, ce qui l'a beaucoup aidé. Mais sans cette voiture de sécurité, Kimi et moi perdions du temps à nous battre, et cela aurait donné à Ferrari l'occasion de gagner."
"C'est dans ce genre de situation que nous devons faire preuve d'intelligence en tant qu'équipiers. Le message de l'équipe est très clair : elle veut gagner la course. Peu importe que ce soit moi ou Kimi."
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