Mercedes nuance la notion de "concept" sur les F1 actuelles

La question qui est régulièrement posée pour Mercedes est de savoir si l'écurie va changer de concept pour sa monoplace 2023. Le vocabulaire n'est pas le bon, selon son directeur technique Mike Elliott.

George Russell, Mercedes W13, en direction de la grille

Dépourvue de toute victoire, la saison 2022 n'est jusqu'à présent pas à la hauteur des attentes de Mercedes. Le directeur technique Mike Elliott le reconnaît dans le podcast Beyond The Grid : au moment d'aborder ce tournant réglementaire, l'écurie octuple Championne du monde en titre a commis une erreur fondamentale dans la conception de sa monoplace, bien qu'il ne veuille pas s'épancher à ce sujet. Et il ne s'agit pas que d'un marsouinage qui, selon lui, est l'arbre qui cache la forêt.

La marque à l'étoile va-t-elle donc s'éloigner de sa philosophie actuelle pour sa monoplace 2023 ? Croit-elle encore à un concept 2022 dont les pontons très étroits ont été remarqués ? Mike Elliott tient à souligner que résumer le concept aux pontons est extrêmement réducteur. "Pour répondre à cette question, il faut définir ce que vous voulez dire par 'concept'", rétorque le Britannique, qui occupe le poste de directeur technique depuis un an.

"En dehors [du paddock] de la Formule 1, pour les fans, quand les gens disent 'concept', ils pensent probablement à des choses telles que l'apparence de la voiture et la forme des pontons. Du point de vue de l'ingénieur, nous développons la voiture selon ce que nous voulons en tirer ; il est donc question des zones où l'on veut obtenir de la performance, des caractéristiques aérodynamiques que l'on recherche, de la manière de les cibler, de la manière de tirer le meilleur des pneus et des suspensions."

"Les gens ont cette idée selon laquelle dès le début, on a cette idée de ce à quoi va ressembler la voiture, et on va la fabriquer. Ça ne fonctionne pas ainsi. Plutôt, on étudie la réglementation, les opportunités en phase avec cette réglementation, les choses qui vont nous entraver, et on se demande quels sont les domaines à étudier et à comprendre. On les étudie, on les comprend, et on commence le développement. La voiture évolue vers une solution finale. Elle n'est pas, au début, quelque chose que l'on s'attend à voir à la fin."

Mike Elliott, Mercedes

Mike Elliott, directeur technique Mercedes

"Si la vraie question est : allons-nous conserver la géométrie de pontons actuelle, la réponse est : nous allons faire ce que nous diront les chiffres. Nous avons déjà étudié d'autres solutions, nous allons continuer de le faire et allons choisir ce qui, à notre avis, nous donnera la voiture la plus rapide au bout du compte, quoi que ce soit."

Les monoplaces 2023 répondront à une réglementation légèrement modifiée. Parmi ses objectifs, la réduction du marsouinage, avec des planchers aux bords surélevés notamment. Mais selon Elliott, l'impact sera moindre : "15 mm, ça ne change pas l'aérodynamique fondamentalement. Nous aurons quand même des monoplaces à effet de sol, qui vont quand même être sujettes au marsouinage : si l'on ne fait pas attention à la manière dont on gère l'aérodynamique, on va quand même avoir ce problème."

En dehors de ces ajustements, 2023 sera la seconde année de la nouvelle ère technique, mais lorsqu'il lui est demandé si celle-ci sera le théâtre d'une convergence des idées, Elliott est sceptique. "On a mentionné le concept de pontons", commente-t-il. "Si l'on regarde Ferrari, Red Bull et nous, qui sommes actuellement les trois écuries les plus rapides – la plupart du temps, car nous avons connu des courses difficiles – [les voitures] sont très différentes visuellement."

"J'imagine qu'il est logique de copier la monoplace la plus rapide, qui est malheureusement la Red Bull, bien que ce ne soit pas génial pour moi ! On verra si les autres équipes font ça. Mais je ne pense pas que l'on puisse copier une voiture et débarquer aux avant-postes, ça ne fonctionne pas ainsi. Il s'agit davantage d'essayer de comprendre ce que pensent les gens et quelle est leur approche. Il y aura une petite convergence, et peut-être que les écuries se retrouveront au même niveau, mais je ne pense pas que ce sera l'an prochain, je pense que cela va prendre quelques années."

Quant à savoir si le chemin emprunté par la Formule 1, avec cette nouvelle réglementation technique, le plafond budgétaire et le handicap aéro, va permettre d'équilibrer la hiérarchie, Elliott se montre également prudent. "Normalement, plus une réglementation reste fixe, plus les écuries ont tendance à converger. Le plafond budgétaire a pour intention de rassembler la grille, mais les trois top teams n'ont probablement jamais été aussi loin ! Est-ce que cela changera avec le temps ? On verra bien", conclut-il.

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