Montoya en Ferrari au Mugello : "On ne peut pas faire mieux"

Juan Pablo Montoya raconte comment il s'est retrouvé au volant d'une Ferrari F1 en Italie... et ce qu'il a ressenti à cette occasion.

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Photo de: Marc Gene

On l'a connu adversaire de Ferrari, lorsqu'il pilotait en Formule 1 sous les couleurs de Williams et McLaren. Une quinzaine d'années plus tard, Juan Pablo Montoya a finalement eu l'occasion de prendre le volant d'une monoplace de la Scuderia, il y a quelques jours sur la piste du Mugello, en Italie.

Champion de CART en 1999, vainqueur des 500 Miles d'Indianapolis en 2000, Montoya a débarqué en Formule 1 chez Williams lors de la saison 2001 et a immédiatement fait sensation. Il était alors l'un des rares à tenir tête à Michael Schumacher durant son ère de domination avec Ferrari. Son dépassement sur le pilote allemand à Interlagos est ainsi resté dans toutes les mémoires.

Sur la durée du championnat, impossible de rivaliser, notamment en raison de problèmes de fiabilité chez Williams, mais dès sa première saison Montoya a décroché trois pole positions puis une première victoire… sur les terres de Ferrari, à Monza. Après quatre années à Grove, le Colombien a rejoint McLaren en 2005 puis il a quitté la catégorie reine un an plus tard, retournant outre-Atlantique pour évoluer en NASCAR puis en IndyCar.

Le week-end dernier, lors des Finali Mondiali organisées par Ferrari sur le Mugello, Montoya a eu l'opportunité rare de s'installer à bord d'une monoplace du Cheval cabré. C'est la F2008, dont un exemplaire est la propriété d'Henrik Hedman, qu'il a pu tester, après quoi il a raconté son expérience à l'édition italienne de Motorsport.com.

"Mon coéquipier cette année [chez DragonSpeed en WEC], Henrik Hedman, nous a invités à piloter la voiture et c'était vraiment cool. C'était une expérience incroyable", confie Montoya. "Vous savez, c'est une voiture contre laquelle j'ai toujours couru en F1. Et c'est étrange de pouvoir venir ici et de piloter une F1 au Mugello. On ne peut pas faire mieux que ça."

Lors de son passage en F1, Montoya était l'ennemi juré des tifosi en raison de sa rivalité avec Schumacher. À 46 ans, il aime toutefois penser que son style agressif était reconnu par ces fans passionnés. Mais son objectif restait de vaincre Ferrari dès que possible.

"Il fallait les battre chaque semaine, vous voyez ce que je veux dire ?", rappelle Montoya en évoquant le souvenir de sa victoire à Monza. "Surtout en Italie, le lieu où tu veux toujours les battre, et nous avons toujours été très bons à Monza, donc c'était toujours très particulier. C'était intéressant parce qu'en tant que Colombien et Latino, je pense que beaucoup d'Italiens mont vraiment apprécié. Alors je crois que les sentiments étaient partagés. Mais il y a toujours eu beaucoup de tradition autour de Ferrari et pouvoir, après toutes ces années, monter dans une [Ferrari] et faire quelques tours, c'était vraiment chouette."

C'est donc la monoplace avec laquelle Felipe Massa s'est battu face à Lewis Hamilton pour le titre mondial en 2008 que Montoya a pilotée. Un roulage à la fois grisant et prudent, qui limite évidemment les comparaisons avec ce que l'intéressé a connu auparavant.

"Chaque voiture est très différente", souligne-t-il. "Quand j'ai quitté Williams, je ne me suis jamais dit que j'allais monter dans une McLaren et qu'elle serait très semblable. Et elle ne l'était pas. C'était un choc au début. En pilotant [la F2008], c'est difficile de savoir, car les pneus sont beaucoup plus durs que ceux avec lesquels nous courions. Mais les sensations sont vraiment agréables, on peut dire à quel point tout est bien fait dans la voiture. C'est dur car tu veux la piloter durement, mais tu ne veux pas faire une erreur qui va endommager la voiture de quelqu'un d'autre ! Mais quand on y pense, cette voiture est la dernière avec laquelle Ferrari a remporté un championnat constructeurs…"

Propos recueillis par Marco Congiu

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