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Des motoristes indépendants pour mettre fin aux équipes clientes d'une autre ?

La FIA étudie la possibilité d'avoir des motoristes alternatifs, comme Cosworth en son temps, pour ne plus avoir d'équipes clientes d'un constructeur concurrent sur la grille.

Mohammed ben Sulayem, président del la FIA, et Stefano Domenicali, directeur général de Formula One Group

Photo de : James Sutton / LAT Images via Getty Images

Mohammed Ben Sulayem, président de la FIA, et Stefano Domenicali, qui dirige la F1, sont d'accord depuis longtemps sur une volonté de lancer des groupes propulseurs moins coûteux, plus légers et plus bruyants pour le prochain cycle réglementaire, susceptible de débuter en 2031.

L'option la plus probable est le retour à un V8 atmosphérique avec un système électrique réduit, qui permettrait d'abaisser les coûts et le poids, tout en promettant des courses avec moins de gestion.

Pour Ben Sulayem, le passage à des moteurs moins coûteux à produire et beaucoup moins complexes que les groupes propulseurs actuels pourrait également permettre de remédier à un autre dossier apparu sur son bureau ces derniers mois : la mainmise de certains acteurs de la grille.

Aujourd'hui, Mercedes HPP fournit trois équipes clientes (McLaren, Williams et Alpine), Red Bull Ford Powertrains motorise Red Bull Racing et Racing Bulls, tandis que Ferrari équipe Haas et Cadillac, en plus de la Scuderia. Audi ne fournit que son équipe d'usine, tout comme Honda avec Aston Martin, et Cadillac prévoit de fabriquer son propre moteur à partir de 2029.

Le pouvoir de certaines équipes va plus loin. Zak Brown, grand patron de McLaren, a écrit une lettre à Ben Sulayem pour exprimer ses inquiétudes quant aux alliances entre équipes en F1. Brown est chagriné par le fait que Red Bull possède deux équipes sur la grille. La question du contrôle des constructeurs s'est de nouveau posée quand Mercedes a exprimé son intérêt pour acquérir 24% des parts de l'équipe Alpine, avant d'y renoncer pour des questions financières.

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De nombreuses équipes sont donc dépendantes d'une autre. En lançant des moteurs moins coûteux, la FIA pourrait imposer de fabriquer son propre groupe propulseur ou de se fournir auprès d'un tiers. Cela mettrait fin aux équipes clientes d'une concurrente sur la grille.

Les motoristes actuels semblent prêts à passer à un maximum de deux équipes partenaires en 2031, mais Ben Sulayem estime que le recours à un fournisseur indépendant reste le meilleur moyen d'éviter des rapports de force déséquilibrés.

"Il n'y aura plus de contrôle entre les équipes, une équipe A qui fournit ses moteurs à une équipe B", a-t-il expliqué à Reuters. "Si c'est abordable, nous aurons un moteur pour toutes les équipes B, et personne ne pourra faire pression sur elles en disant 'Votez comme ça, sinon vous n'aurez pas un bon moteur'."

Stefano Domenicali, président du Formula One Group, Toto Wolff, Mercedes, Mohammed Ben Sulayem, président de la FIA, Zak Brown, PDG de McLaren

Stefano Domenicali, président du Formula One Group, Toto Wolff, Mercedes, Mohammed Ben Sulayem, président de la FIA, Zak Brown, PDG de McLaren

Photo de: Mark Thompson / Getty Images

Le dernier motoriste indépendant a été Cosworth, qui équipait Marussia en 2013. L'arrivée des V6 turbo hybrides en 2014 a poussé ce motoriste vers la sortie en raison de la complexité et des coûts de développement.

Lors d'une interview exclusive accordée à Motorsport.com en avril, Domenicali évoquait comment un retour à un tel moteur "générique" pourrait offrir plus de flexibilité au championnat face aux intérêts et aux politiques des constructeurs, susceptibles de fluctuer dans le temps.

"Si nous avions eu un constructeur indépendant, nous aurions pu dire : 'Vous savez quoi, d'accord, proposons un moteur F1/FIA générique aux équipes qui veulent courir, allons-y'", expliquait l'Italien, en faisant référence aux moteurs Ford Cosworth utilisés par une multitude d'équipe pendant plusieurs décennies.

"Nous ne pouvons plus nous retrouver dans une situation où les constructeurs dictent le tempo du sport", ajoutait-il. "C'est une leçon que nous avons tirée et qui, je pense, nous permettra, en collaboration avec la FIA, qui est l'instance de régulation, de trouver la bonne formule pour que ces deux mondes puissent cohabiter, car nous voulons assurément que les constructeurs restent impliqués."

Des équilibres à trouver

Selon Ben Sulayem, de potentiels fabricants ont déjà exprimé un intérêt, mais avant que soit validé et clairement défini le règlement 2031, aucun d'entre eux ne pourra réellement se préparer.

Zak Brown a déclaré au GP de Monaco que McLaren "jettera un œil" sur la possibilité de devenir motoriste "si c'est intéressant techniquement" et si cela a un sens économique. Mais la formation britannique ne semble pas prête à se lancer dans un projet aussi massif que celui de Red Bull.

Red Bull utilise son propre moteur depuis cette année.

Red Bull utilise son propre moteur depuis cette année.

Photo de: Paul Foster

Pour le moment, les discussions sur la future génération de moteurs sont reportées en raison des correctifs à apporter sur les moteurs actuels. La FIA vient de valider des changements techniques pour les saisons 2027 et 2028 et la fédération doit traiter la demande de rééexamen de l'ADUO émise par Red Bull.

Les accords actuels sont en vigueur jusqu'à la saison 2030, ce qui permet à la FIA d'imposer un nouveau cadre réglementaire, et même d'interdire la fourniture à une équipe tierce, pour 2031. Mais cela ferait courir le risque de pousser vers la sortie les constructeurs qu'elle voulait tant attirer ces dernières années, ce qui laisse penser qu'elle cherchera un consensus.

Si une majorité qualifiée est trouvée parmi les cinq motoristes actuels ainsi que General Motors, il serait même possible de faire revenir les V8 dès 2030. La majorité des constructeurs serait plutôt partante pour le passage V8. Audi souhaite le maintien d'un turbo mais semble seul à être sur cette ligne.

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