Newey : "Un niveau de politisation et de lobbying" inédit contre Red Bull

Jugeant les manœuvres politiques en coulisses inhérentes à la "nature de la F1", Adrian Newey estime néanmoins que le niveau atteint cette saison dans ce domaine face à Mercedes est du jamais-vu.

Newey : "Un niveau de politisation et de lobbying" inédit contre Red Bull

La trêve estivale est certainement arrivée à point nommé pour les écuries, et peut-être plus encore pour les deux top teams qui se livrent un duel âpre pour le titre mondial. Ces dernières semaines, au gré de divers épisodes, les tensions entre Red Bull Racing et Mercedes n'ont cessé de croître et cette pause de mi-saison sera certainement bienvenue pour tous les acteurs concernés.

Invité à faire le point à mi-parcours, Adrian Newey témoigne lui-même de cette forte tension, qu'il juge même inédite sur le plan extra-sportif et politique. Car en plus de la lutte en piste, celle en coulisses est tout aussi rude avec des sujets techniques qui n'ont pas manqué ces derniers mois, que ce soit autour des ailerons flexibles, des pressions de pneus ou encore des arrêts au stand. À chaque fois, la FIA est intervenue par le biais de directives techniques, donnant le sentiment général de placer Red Bull dans le viseur sans toutefois que cela ne se ressente sur les performances et les résultats.

Je ne me souviens pas d'une période lors de laquelle nous ayons reçu le même niveau de politisation et de lobbying en coulisses contre notre voiture.

Adrian Newey

Au cours de sa longue carrière, Adrian Newey a connu bien des épisodes et des polémiques, lui qui a été directeur technique chez Williams et McLaren dans les années 90 et 2000, avant de rejoindre Red Bull en 2006. Le Britannique assure que le niveau atteint aujourd'hui est bien plus élevé que tout ce qu'il a expérimenté depuis son arrivée à Milton Keynes il y a une quinzaine d'années.

"À bien des égards, c'est un compliment pour l'équipe d'être à ce point surveillée par les autres", explique-t-il. "Nous avions connu ça avant, mais je ne me souviens pas d'une période lors de laquelle nous ayons reçu le même niveau de politisation et de lobbying en coulisses contre notre voiture. Si l'on se souvient de l'époque où nous explorions l'aéroélasticité en 2010-2011, peut-être que nous faisions l'objet d'une surveillance constante et que nous nous adaptions à chaque changement de réglementation. Nous sommes déjà passés par là lors des dernières luttes au championnat contre Ferrari, qui ont également donné lieu à des débats sur la flexibilité des éléments de carrosserie."

"Je n'aime pas particulièrement l'analogie avec la guerre, mais c'est une bonne analogie, et il faut examiner tous les aspects possibles pour améliorer sa position par rapport à la concurrence. C'est la nature de la F1, l'une des choses qui la rendent si stimulante, mais la fréquence et l'intensité cette année sont assez révélatrices."

De toutes les polémiques techniques qui ont émaillé cette première partie de saison, celle sur les ailerons flexibles est sans doute la plus marquante car elle a très longtemps été discutée sur la place publique. Une fois clos, ce chapitre a laissé place aux suivants, sans constater de baisse de performance sur la RB16B de Milton Keynes. Cet épisode aura davantage eu des conséquences économiques, précise d'ailleurs Adrian Newey.

"Nous n'étions certainement pas la seule équipe à avoir ce problème", rappelle-t-il. "Bien sûr, lorsque Mercedes a commencé à faire du bruit sur le sujet, ce n'est pas ce que faisait Alfa [Romeo] qui les inquiétait. Ils s'inquiétaient uniquement de savoir si nous en tirions un avantage, ce qui n'était pas le cas. Mais il y a eu une conséquence sur les coûts pour changer cette pièce, qui nous a évidemment affectée. Cela témoigne toutefois de l'envergure de notre équipe et du fait que nous pouvons répondre aux changements. Cela illustre que lorsque notre équipe est mise au pied du mur, nous pouvons nous en sortir et continuer à être aussi compétitifs."

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