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Mansell : "Je n'oublierai jamais" la mort de Villeneuve

"Maintenant, à la fin de la course, c'est comme s'ils sortaient de chez le coiffeur…"

Benjamin Vinel

Benjamin Vinel

Publié: 16 juin 2020, 07:16

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Gilles Villeneuve, Ferrari 126CK, devance Nigel Mansell, Lotus 87 Ford

Auteur d'une longue carrière de 187 départs en Grand Prix entre 1980 et 1995, ponctuée par 31 victoires et le titre mondial 1992, Nigel Mansell fait partie des pilotes qui ont marqué l'Histoire de la Formule 1... et qui ont été marqués par le caractère impitoyable de ce sport.

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Mansell a fait ses débuts dans l'élite en août 1980, à peine deux semaines après la mort de Patrick Depailler en essais à Hockenheim, alors que lors de sa deuxième saison comme titulaire en 1982, ce sont Gilles Villeneuve et Riccardo Paletti qui ont perdu la vie, le premier lors des qualifications du Grand Prix de Belgique, le second au départ à Montréal. L'accident du Canadien a particulièrement touché Mansell, comme il l'explique au Daily Mail.

"À l'époque, les pilotes mouraient régulièrement, ce qui pouvait avoir de sérieuses répercussions psychologiques", souligne le Britannique. "Gilles s'était lié d'amitié avec moi et nous étions devenus proches. Il me donnait de bons conseils. Je n'oublierai jamais, au grand jamais, la tragédie qui l'a frappé à Zolder. J'étais la voiture de derrière et j'ai tout vu. Je l'ai vu partir en l'air. Je l'ai vu retomber. Je l'ai vu être éjecté de la voiture. Je l'ai vu heurter le grillage. Je suis passé à côté, et je me rappelle m'être dit que ses chances de survie étaient quasi nulles. Je n'ai jamais assisté à rien de plus choquant. J'étais bouleversé, et je le suis toujours."

La voiture de Gilles Villeneuve, Ferrari 126C2, après l'accident

Mansell ne peut s'empêcher de dresser un contraste frappant – et critique – entre l'époque où il courait en Formule 1, notamment marquée par la mort d'Ayrton Senna à Imola en 1994, et la période actuelle, où les progrès sécuritaires ont permis d'atténuer grandement les risques de dénouement tragique.

"La Formule 1, dans les années 1980 et 1990, c'était une profession très sérieuse", insiste l'Anglais. "Si l'on ne se tuait pas, on risquait d'être blessé, avec les rails juste au bord de la piste. On ne savait jamais ce qui allait se passer."

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"La mort d'Ayrton a été un jour catastrophique pour le sport auto et l'a changé pour toujours. Il a évolué de bien des manières, bonnes et aussi mauvaises, car les circuits du monde entier ont été stérilisés. C'est une terrible erreur. La Formule 1 était un sport incroyable où l'on était récompensé si l'on pilotait bien et sanctionné si l'on pilotait avec médiocrité. On ne pouvait pas se lancer dans un virage à 320 km/h si l'on n'avait pas le talent nécessaire. Maintenant, ça a changé d'une manière inconcevable."

"Lewis [Hamilton, sextuple Champion du monde] aurait été performant dans ces circonstances, mais c'est très, très difficile de comparer les époques. Tant de brillants pilotes se sont cassé les jambes ou les bras dans un simple accident et n'ont pas pu poursuivre leur carrière. Maintenant, de bons pilotes commettent des erreurs atroces et ne se blessent pas. Ils transpirent à peine dans la voiture. À la fin de la course, c'est comme s'ils sortaient de chez le coiffeur. Ce qui était beau à mon époque, c'est que si l'on avait fait 180 Grands Prix et qu'on était encore en vie, on se félicitait et on se disait qu'on avait fait une belle carrière."

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