Norris a pris le "pire départ" de l'Histoire

Si McLaren a marqué 15 points au Grand Prix de Turquie, ce n'était clairement pas gagné, surtout après un départ catastrophique pour Lando Norris.

Le week-end du Grand Prix de Turquie avait très mal commencé pour McLaren, dont les pilotes Lando Norris et Carlos Sainz s'étaient qualifiés 11e et 13e avant d'être pénalisés pour non-respect des drapeaux jaunes et pour avoir gêné Sergio Pérez respectivement.

Les deux hommes se sont donc retrouvés 14e et 15e sur la grille de départ, mais Norris a pris un envol catastrophique qui a vu tous les concurrents derrière lui le dépasser et prendre plusieurs dizaines de mètres d'avance, avant de sortir de piste à deux reprises dans le premier tour… Il était néanmoins 15e au terme de cette boucle inaugurale, ayant dépassé la Haas de Grosjean et profité de l'accrochage de Bottas avec Ocon et du départ des Williams depuis la voie des stands.

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Norris a souffert en début de course, mais heureusement pour lui, son rythme s'est amélioré par la suite. Il est ainsi remonté à la huitième place avec des dépassements successifs sur Räikkönen, Russell, Magnussen, Ricciardo et Stroll, ainsi qu'un époustouflant meilleur tour en course dans le tout dernier passage.

"Cela s'est bien terminé, mais cela n'a pas bien commencé", résume le Britannique. "Il y avait un contraste total, je pense. Peut-être le pire départ de toute ma carrière, peut-être le pire départ de la carrière de tout le monde. Mais chaque fois que nous étions dans l'air propre et avions de la marge avec la voiture de devant, la nôtre prenait vie et nous avions un très bon rythme. C'était juste toujours difficile de se mettre dans l'air propre avec une bonne marge. C'était une sorte de jeu de patience qu'il a fallu jouer tout du long."

"Les dépassements étaient bien, j'ai eu de la chance avec Daniel [Ricciardo] et George [Russell], car il est si difficile de dépasser qu'il faut prendre des risques. Parce qu'il y a une trajectoire qu'il faut suivre, et dès qu'on en sort, on perd le contrôle. C'était délicat, mais j'ai pris les risques nécessaires pour conclure."

Daniel Ricciardo, Renault F1 Team R.S.20, Lando Norris, McLaren MCL35

McLaren a marqué 15 points grâce à la huitième place de Norris et surtout à la cinquième de son coéquipier Carlos Sainz, un résultat inespéré. "Si vous nous aviez dit ça [samedi] soir, nous n'y aurions pas cru", ajoute le jeune Anglais. "C'était notre objectif, nous savions que nous avions un bon rythme. Il s'agissait juste de rester à l'écart des problèmes. Et c'est ce que nous avons fait, donc nous sommes très contents."

Pourtant, pour le directeur d'équipe Andreas Seidl, une pointe de déception se fait sentir. En effet, après avoir accusé près de 40 secondes de retard sur Sergio Pérez après son deuxième arrêt, Carlos Sainz est remonté à raison d'une seconde et demie au tour pour franchir la ligne d'arrivée cinquième… moins de trois secondes derrière Pérez, deuxième, avec les Ferrari entre eux.

"Si l'on regarde la course, il y a forcément, peut-être, un sentiment d'opportunité manquée", concède Seidl. "Car avec le rythme que nous avions dans la voiture, en étant si proche des Ferrari à la fin, peut-être que si Carlos et nous avions attaqué encore davantage, il aurait été possible de marquer encore plus de points. Mais en même temps, c'était une décision délicate à prendre. Car la durée de vie des pneus était très limite. On peut donc facilement se retrouver avec zéro point également."

"Dans l'ensemble, je pense que c'était une course bien gérée par l'équipe avec les pilotes. Au final, ça a été une super remontée pour nous, et un super résultat, après un samedi que je définirais comme l'un des pires que l'équipe ait connus depuis un certain temps. Ce qui était impressionnant, c'est simplement le rythme que nous avons pu montrer, surtout en pneus intermédiaires. La voiture se mettait alors en marche, sans qu'on sache trop pourquoi. Et dès qu'il y avait un peu d'air libre, nous avions en fait un rythme très surprenant et compétitif."

"En même temps, ne nous emballons pas d'avoir manqué une grosse opportunité. Nous devons rester réalistes, nous savons où se situe actuellement notre voiture dans des conditions normales, nous savons que nous n'avons certainement pas la troisième ou quatrième meilleure voiture actuellement. Nous avons simplement deux super pilotes et une équipe qui fait du bon travail pendant les week-ends de course, ainsi qu'une voiture compétitive, qui a fait un bon pas en avant par rapport à l'an dernier. Cela nous maintient dans la bataille." McLaren est effectivement quatrième du championnat des constructeurs avec 149 points face à Racing Point (154), Renault (136) et Ferrari (130).

Propos recueillis par Adam Cooper

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