Nouvelle donne technique - Quels pneus pour 2017?

Coulthard rappelle qu'il est important de se souvenir du fait que Pirelli applique un cahier des charges strict et dispose de ressources pour profondément épicer le jeu.

David Coulthard, ancien pilote Williams, McLaren et Red Bull, revient sur la question prégnante des pneus fournis par Pirelli, à l’heure où la F1 amorce la réflexion sur ce qui sera nécessaire en 2017 pour apporter vitesse et spectacle avec une grand réforme technique.

"Une fois n’est pas coutume, la dégradation pneumatique n’était pas un problème en Russie parce que la surface de la piste ne met pas la gomme à rude épreuve. Les pilotes ont pu attaquer pied au plancher pendant la course, et le Grand Prix était bien meilleur grâce à cela."

Vous pilotez seulement à 80% pour protéger les pneus

David Coulthard

Selon L’Ecossais, le fait que les pilotes aient pu passer un certain temps sous voiture de sécurité à Sotchi a permis à la course de se libérer en agressivité, notamment en raison du fait que les besoins d’économie de carburant sont devenus caducs.

"Je suis sûr que ce n’est pas une coïncidence d’avoir vu plus d’action que d’habitude, que ce soit au niveau des crashes ou de la course", poursuit-il. "Après tout, vous pilotez seulement à 80% environ pour protéger les pneus – comme c’est le cas habituellement – donc il est moins probable que vous fassiez une erreur par rapport à de l’attaque intégrale."

Alors que Pirelli a remporté l’appel d’offres de la FIA pour demeurer le manufacturier unique de la F1 jusqu’en 2019 et David Coulthard se pose des questions sur l’avenir : "Nous savons que des changements réglementaires majeurs sont prévus pour 2017, pour rendre les voitures 5 secondes plus rapides au tour."

"Mais il faut se demander quel est l’intérêt de rendre les voitures aussi rapides si les pilotes se voient offrir des pneus avec les mêmes caractéristiques qu’aujourd’hui et qu’ils ne pourront pas piloter à fond en course."

Il livre, au passage, sa vision de ce que doit être un pneu de compétition : "Les caractéristiques normales d’un pneu de course sont la possibilité de l’utiliser à fond et qu’il tienne jusqu’au moment où il n’y a plus de gomme et qu’il faut s’arrêter pour le changer."

"Ces Pirelli ne sont pas comme ça. Ils sont sensibles à la chaleur : habituellement, s’ils sont poussés pendant plus d’une poignée de tours, ils atteignent une température où l’adhérence disparaît tout simplement. Donc les pilotes doivent être conservateurs pour atteindre la longueur de relais idéale en course."

Des gommes moins sensibles à la chaleur

Souvent sous le feu des critiques, le manufacturier italien n’en est pas moins, dans ce domaine, qu’un exécutant de la volonté des instances dirigeantes. C’est ce que rappelle Coulthard : "Il est important de savoir que Pirelli fait ce qui lui a été demandé et conçoit des pneus qui ont des caractéristiques différentes dans d’autres catégories."

En plus de la discipline reine du sport automobile, la firme de Milan fournit notamment des gommes en rallye, pour le WRC, mais aussi en moto avec le Superbike et en GT dans le cadre des Blancpain Endurance Series.

Ce n'est pas de la F1 comme moi je l'entends.

David Coulthard

"Pour moi, un des points du règlement qui pourrait faire l’objet d’un changement pour 2017 – ou même pour l’année prochaine dans l’idéal – c’est de trouver un moyen d’avoir des pneus de F1 qui encouragent plusieurs arrêts mais qui ne sont pas sensibles à la chaleur."

"La F1, ça devrait être les meilleurs pilotes du monde qui pilotent les voitures les plus rapides aussi vite que possible tout le temps. Tout le reste, ce n’est pas de la F1 comme moi – et j’imagine pas mal d’autres personnes – je l’entends", conclut-il.

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Séries Formule 1
Type d'article Analyse
Tags pneus, technique