Panis : Les débutants sont mieux structurés aujourd’hui

Jerez, G

Jerez, G.N. - La saison 2014 remet presque tout le monde à un pied d’égalité en termes de compréhension du matériel, adapté aux nouvelles règles techniques. Et bien malin qui pourra dire qui pourra tirer son épingle du jeu cette saison, tant les inconnues sont nombreuses.

Ainsi, il y a deux façons de voir les choses : l’expérience d’un pilote ayant de la bouteille ne pouvant être qu’un plus, les vieux routiers auront la main, assurent certains observateurs. Mais de par la relative remise à zéro des compteurs en termes d’acquis (et le besoin d’adapter les styles de pilotage au nouveau comportement des monoplaces), d’autres pensent que les débutant pourraient tirer leur épingle du jeu, et attaquer la saison avec des armes relativement similaires à celles des pilotes plus capés en termes d’expérience.

Alors, est-il plus difficile pour un jeune pilote comme Kevin Magnussen ou Daniil Kvyat de se mettre en valeur de nos jours avec le peu d’essais ?

"Ce n’est pas le vrai problème, mais oui", juge Olivier Panis pour ToileF1. "Ce qui est difficile, c’est de ne pas pouvoir accumuler d’expérience, comme nous le pouvions quand nous roulions tout le temps en décembre et janvier ! Il est certain que l’on était beaucoup plus préparés en arrivant au premier Grand Prix. Les rookies arrivent avec trois séances d’essais à Melbourne et boum ! En arrivant dans le grand bain, ça choque ! Pour être honnête, c’est même limite un petit peu dangereux. Mais c’est comme ça, et c’est pareil pour tout le monde."

Si l’on devait comparer les époques, autrefois, les pilotes étaient moins bien préparés sur de nombreux aspects professionnels et les jeunes arrivent aujourd’hui déjà très conscients de ce qu’est ce métier. Mais la génération de Panis a eu la chance de limer le bitume et d’accumuler des milliers de kilomètres en essais. Quelle est la meilleure école ?

"Pour moi, les jeunes pilotes d’aujourd’hui sont bien préparés, bien organisés", estime le dernier vainqueur français d’un GP. "Ils travaillent beaucoup avec les équipes, très tôt. Ils travaillent avec les simulateurs. C’est une préparation très différente de la nôtre. C’est vrai que l’on roulait beaucoup. Pour nous, c’était le feeling ! Quand j’ai commencé, il n’y avait pas toutes ces données, toutes ces informations sur les températures de pneus, etc ! Donc ces deux générations sont très différentes."

"Les pilotes contemporains sont bien mieux préparés dans l’aspect technique du métier et savent vite communiquer efficacement avec leurs ingénieurs et interpréter des données. Ils ont par ailleurs grandi avec l’informatique comme technologie centrale du sport."

"Pour moi, ce sont presque plus des ingénieurs que des pilotes !", s’amuse Panis, admiratif. "Ils sont capables de tout gérer, ils ont 50 boutons à changer par tour. Pour moi, ce sont des jeunes beaucoup plus structurés que ce que l’on était auparavant, car l’époque va avec. On ne parle que peu de tous ces simulateurs, ces façons d’exercer la dextérité, même avec les jeux vidéo et toutes ces choses-là. Toutes ces choses-là les font travailler différemment. Nous, le truc en plus, c’était notre feeling. C’était plus « à l’arrache » sur le pilotage que sur les détails ! Ensuite, en F1, j’ai grandi avec les constructeurs ; j’étais obligé de faire ça. C’était génial, et tellement intéressant ! Mais eux [les jeunes, ndlr] sont formatés différemment."

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A propos de cet article
Séries Formule 1
Pilotes Olivier Panis , Kevin Magnussen , Daniil Kvyat
Type d'article Actualités