Le retour du GP de France en 2018
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Le retour du GP de France en 2018

Paul Ricard 1990 - Prost s'impose, les March étonnent pour la dernière au Castellet

Il y a 26 ans, le circuit du Castellet accueillait pour la dernière fois (en date) le Grand Prix de France. Une course marquée par la victoire de la Ferrari d'Alain Prost, et par la belle performance de la March Leyton House d'Ivan Capelli.

Paul Ricard 1990 - Prost s'impose, les March étonnent pour la dernière au Castellet

Après le psychodrame Prost/Senna en 1989, conclu par l'accrochage de Suzuka, le troisième titre mondial du pilote français et le divorce entre ce dernier et l'écurie McLaren, les deux rivaux évoluaient au sein de deux équipes différentes en 1990.

Alors que Senna devenait – enfin – le leader incontesté chez McLaren, où il était rejoint par Gerhard Berger, Alain Prost faisait le chemin inverse de ce dernier en allant trouver un peu d'air frais chez Ferrari, où il rejoignait le bouillant Nigel Mansell, bien établi au sein de la Scuderia un an après son arrivée.

Si Senna avait remporté le Grand Prix d'ouverture à Phoenix, Alain Prost n'avait pas tardé à décrocher son premier succès pour Ferrari puisqu'il s'imposait dès la deuxième manche au Brésil, profitant il est vrai de l'accrochage entre Senna et la Tyrrell de Satoru Nakajima. Les ennuis de Senna continuaient à Saint-Marin où il était contraint à l'abandon sur rupture mécanique, mais le Brésilien reprenait la main en s'imposant coup sur coup à Monaco, puis à Montréal.

De son côté, Alain Prost, hormis son succès en terres brésiliennes, n'avait pas connu un début de saison facile. Déjà contraint à l'abandon à Phoenix, le champion en titre avait conclu au pied du podium à Saint-Marin avant de connaître un nouvel abandon à Monaco (batterie) puis enregistré une discrète cinquième place au Canada.

Mais Prost avait signé son retour à la victoire de la plus belle des façons au Mexique où, après s'être élancé d'un lointain 13e rang sur la grille de départ, le pilote Ferrari signait une époustouflante remontée pour décrocher l'une de ses victoires les plus brillantes, alors que Senna connaissait un nouveau coup d'arrêt avec un abandon à quatre tours de la fin (crevaison), après avoir dominé une grande partie de l'épreuve. 

Ivan Capelli, Leyton House CG901 Judd
Ivan Capelli, Leyton House CG901 Judd

Photo de: LAT Photographic

Avant le Grand Prix de France, disputé le 8 juillet de cette année 1990, Alain Prost était ainsi revenu à huit points (23) derrière Ayrton Senna (31 points).

Les qualifications au Castellet étaient pourtant dominées par les seconds couteaux, Nigel Mansell décrochant la pole position devant Gerhard Berger, alors qu'Ayrton Senna et Alain Prost se partageaient la première ligne.

La performance du jour était toutefois celle des March-Judd de l'écurie Leyton House, qui avaient connu un début de saison catastrophique, les deux voitures manquant même la qualification au Mexique quelques semaines plus tôt. Mais ces élégantes monoplaces, conçues par un jeune ingénieur prometteur, un certain… Adrian Newey – qui allait rejoindre Williams en 1991 –, tiraient profit du nouveau revêtement du tracé varois pour se placer aux avant-postes, Ivan Capelli se hissant au 7e rang sur la grille, alors que son équipier Mauricio Gugelmin (un an après sa cabriole au départ au Paul Ricard), se classait 10e.

Le pari des March Leyton House

Si Mansell surprenait Berger au départ pour se porter en tête au premier virage, l'Autrichien reprenait son bien quelques tours plus tard, imité par son équipier Ayrton Senna, les deux McLaren emmenant la Ferrari du Britannique, la Benetton d'Alessandro Nannini, la Williams de Riccardo Patrese et la Ferrari d'Alain Prost.

Alors que les leaders stoppaient pour changer de gommes, les deux Leyton House de Ivan Capelli et Mauricio Gugelmin, à l'aise sur le nouveau revêtement "billard" du Castellet, faisaient le pari de boucler la longueur de l'épreuve avec le même train de pneus !

Résultat : à l'issue de la salve de ravitaillement, les deux Leyton House occupaient les deux premières positions, Ivan Capelli comptant une solide avance en tête devant son équipier Mauricio Gugelmin, qui devait rapidement s'employer à contenir la pression de la Ferrari d'Alain Prost. Ce dernier avait réussi à gérer au mieux cette première partie de course en se hissant au troisième rang. 

Ivan Capelli, Leyton House CG901 Judd devant Alain Prost, Ferrari 641
Ivan Capelli, Leyton House CG901 Judd devant Alain Prost, Ferrari 641

Photo de: LAT Photographic

Prost mit du temps à trouver l'ouverture : après avoir patienté durant 20 tours derrière le Brésilien, il finissait tout de même à le dépasser au 54e des 88 tours programmés. La frustration était d'autant plus grande pour Gugelmin que son moteur rendait l'âme trois boucles plus tard.

Entretemps, Prost avait fondu sur l'autre March Leyton House, et revenait dans le sillage de Capelli au bout de six tours seulement. Mais, une nouvelle fois, le champion du monde en titre butait derrière l'Italien, qui semblait en mesure de signer un exploit retentissant.

Cependant, Prost finissait par trouver l'ouverture sur Capelli dans l'antépénultième tour, le transalpin étant il est vrai perturbé par des ennuis moteurs depuis quelques tours. Alors que Prost filait vers la victoire, Capelli parvenait tout de même à accrocher la deuxième place devant Ayrton Senna.

Nelson Piquet concluait au quatrième rang sur sa Benetton, devant Gerhard Berger et Riccardo Patrese, qui décrochait le dernier point, celui de la 6e place. Le Castellet accueillait là son dernier Grand Prix de France, qui fut tenu dès l'année suivante, et jusqu'en 2008, sur le circuit de Magny-Cours. 

Podium : le vainqueur Alain Prost, Ferrari, le second Ivan Capelli, Leyton House Judd, le troisième Ayrton Senna, McLaren Honda, avec le président de la FIA, Jean-Marie Balestre
Podium : le vainqueur Alain Prost, Ferrari, le second Ivan Capelli, Leyton House Judd, le troisième Ayrton Senna, McLaren Honda, avec le président de la FISA, Jean-Marie Balestre

Photo de: LAT Photographic

Ce succès relançait Prost dans la course au titre, lui permettant de revenir à trois points de Senna, et le tricolore prenait même l'avantage après un troisième succès consécutif au Grand Prix suivant, à Silverstone.

Senna reprenait la main avec une victoire à Hockenheim, puis encore avec une deuxième place lors d'un Grand Prix de Hongrie remporté par la Williams de Thierry Boutsen, une course marquée par l'abandon de Prost (boîte de vitesses). Senna enfonçait encore le clou en s'imposant à Spa, puis à Monza.

Une fin de saison sous haute tension

Par la suite, Prost ne fut guère aidé par son équipier Mansell, qui le bloquait contre le mur au départ du Grand Prix du Portugal, laissant le champ libre aux McLaren. Le Britannique s'imposait devant Senna et un Prost furieux. Ce dernier se consolait en s'imposant à Jerez devant un Mansell penaud, d'autant que Senna avait été contraint à l'abandon (radiateur).

Prost revenait en course mathématiquement pour la victoire au championnat alors que deux courses restaient à disputer. Mais le titre était joué dès le départ du Grand Prix du Japon, où Prost était poussé hors de la piste au premier virage par Ayrton Senna. Un incident qui fit grand bruit, et qui profitait aux deux Benetton qui réalisaient un sensationnel doublé, Nelson Piquet décrochant la victoire devant son équipier et ami Robert Moreno, venu remplacer le malheureux Alessandro Nannini, victime quelques semaines plus tôt d'un accident d'hélicoptère qui lui avait laissé la vie sauve, mais qui mit un terme à sa carrière en F1.

Lors du dernier rendez-vous de la saison à Adélaïde, Piquet décrochait une deuxième victoire d'affilée devant Mansell et Prost.

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