Les petites équipes en faveur de salaires plafonnés pour les pilotes

Les directeurs de quatre écuries de Formule 1 modestes se sont prononcés en faveur d'une intégration des salaires des pilotes au plafond budgétaire.

Les petites équipes en faveur de salaires plafonnés pour les pilotes

La saison 2021 marquera l'entrée en vigueur du tout premier Règlement Financier de la Formule 1, dont la mesure phare est le plafond budgétaire annuel à 145 M$ pour toutes les écuries – plafond qui sera abaissé à 140 M$ en 2022 et à 135 M$ en 2023. L'objectif est d'assurer la survie des petites équipes, notamment face à la crise du coronavirus, tout en resserrant la hiérarchie face à l'hégémonie de trois top teams (Mercedes, Ferrari, Red Bull) depuis 2016.

Les salaires des pilotes, poste de dépense non négligeable des écuries, font toutefois partie des exemptions de ce plafond. Le sujet soulève le débat depuis que Romain Grosjean a révélé qu'il avait fait l'objet de discussions au sein de l'Association des Pilotes de Grand Prix (GPDA), ajoutant notamment que le gouffre entre le salaire le plus élevé et le plus bas était "inadmissible".

Pour les dirigeants des écuries Racing Point, Williams, Haas et Alfa Romeo, quatre des cinq plus modestes du plateau, l'idée d'intégrer les salaires des pilotes au plafond budgétaire est forcément attractive.

"Je suis assurément pour inclure les salaires des pilotes dans le plafond, car cela force les équipes à prendre ces décisions : est-ce qu'on dépense son argent pour un pilote, ou est-ce qu'on en prend un qui ne coûte pas si cher pour dépenser davantage sur la performance ? Les superstars iront-elles faire autre chose ?" analyse Otmar Szafnauer, qui représente Racing Point. "Je crois que même avec les salaires des pilotes dans le plafond, leurs salaires resteraient plus élevés que ce qu'ils auraient dans d'autres championnats."

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"Les pilotes sont un facteur de performance", ajoute Claire Williams, directrice de l'écurie éponyme. "Afin que d'égaliser bien davantage les chances dans ce sport, ce qui est l'objectif de la réglementation financière, je pense qu'il est absolument critique que quiconque est lié à la performance fasse partie de ce plafond budgétaire. Je suis complètement d'accord avec ça. Et comme l'a dit Otmar, je pense que le risque que les pilotes soient dissuadés de participer à notre sport serait probablement minime, simplement car c'est la catégorie reine du sport automobile, c'est ici que les pilotes veulent courir."

Kevin Magnussen, Haas F1 discute avec George Russell, Williams Racing

Günther Steiner, qui est à la tête de Haas, ne manque pas de souligner que le plafond budgétaire est bien loin de causer des maux de tête à l'écurie américaine et que Romain Grosjean et Kevin Magnussen n'ont pas un salaire trop élevé.

"Je n'ai rien contre un plafonnement du salaire des pilotes, peu importe comment on appelle ça", indique l'Italien. "Je ne vois pas de problème pour nous car nous en sommes très loin, quel qu'il soit. Je ne fais pas campagne en faveur de cette idée, mais je pense qu'à un moment ce sera bien de le mettre dans le plafond budgétaire, car c'est en effet un facteur de performance."

"Il est clair que si l'on dépense beaucoup d'argent pour un pilote, alors il y a d'autres choses qu'on ne peut pas faire. Cela devrait égaliser les chances encore plus et je pense que les salaires s'ajusteraient tout seuls et finiraient par être plus bas que maintenant. Mais je n'ai pas ce problème de salaire élevé car nous n'atteignons même pas le plafond budgétaire. Je suis donc d'accord avec n'importe laquelle de ces propositions, tant que la somme est raisonnable."

"Je suis d'accord avec Günther", se prononce enfin Frédéric Vasseur, chef d'Alfa Romeo. Dans un contexte où les salaires des trois personnes les mieux payées de chaque écurie (pilotes non compris) seront également exclus du plafond budgétaire, le Français ajoute : "Je souhaite seulement dire qu'il serait un peu étrange d'exclure les salaires les plus élevés de l'équipe mais pas les pilotes. Si nous empruntons cette direction, il faut inclure tout le monde dans le plafond budgétaire."

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