Gasly fait vibrer la France : "J'ai du mal à réaliser"

Auteur de son premier succès en Grand Prix au terme d'une course exceptionnelle à Monza, Pierre Gasly est sur un nuage. Il est le premier vainqueur français en Formule 1 depuis 1996.

Bien malin qui aurait pu prédire un tel résultat pour ce Grand Prix d'Italie ! Pierre Gasly, dixième sur la grille, ne s'y attendait certainement pas. Une neutralisation par le Safety Car a même failli lui coûter cher, puisqu'il avait fait son arrêt au stand juste avant, mais la monoplace de Kevin Magnussen était immobilisée à proximité de l'entrée des stands, et la pitlane a été déclarée fermée. Lewis Hamilton et Antonio Giovinazzi, qui étaient rentrés quand même, ont reçu un stop-and-go de dix secondes, tandis que les pilotes qui ont changé de pneus par la suite se sont retrouvés derrière.

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Après un drapeau rouge consécutif au violent accident de Charles Leclerc, un départ arrêté a été donné avec Hamilton en tête (sans avoir purgé sa pénalité) devant Lance Stroll, qui a profité du drapeau rouge pour chausser des gommes neuves, et Gasly. La Racing Point a chuté au classement à l'extinction des feux, et le Français s'est rapidement retrouvé en tête devant Sainz. Hamilton était trop loin, Verstappen a abandonné, Bottas impuissant dans le peloton : Gasly a mené avec brio son duel face à la McLaren et n'a pas cédé à la pression, maintenant une avance supérieure à une seconde jusqu'à l'entame du dernier tour. Il a ainsi remporté sa première victoire en Formule 1.

"Cette course a été complètement folle", s'exclame le pilote AlphaTauri. "Nous avons profité du drapeau rouge. La voiture était rapide, nous en avions une très rapide derrière nous. Mon premier podium l'an dernier avec [Toro Rosso], c'était déjà wow, et maintenant ma première victoire à Monza. J'ai du mal à réaliser !"

"Ce n'était pas du tout gagné", ajoute-t-il au micro de Canal+. "Forcément, on arrive à repartir en troisième position après le drapeau rouge, j'arrive à passer deuxième au départ. Après on savait qu'être en tête, sans aspiration, c'est un circuit compliqué. Carlos revenait avec la McLaren super rapide, il ne fallait pas faire d'erreur. Je suis resté concentré jusqu'à la fin. J'ai beaucoup poussé au début du run pour essayer de partir un peu et de ne pas leur donner trop d'aspiration, mais du coup à la fin c'était un peu compliqué. Mais j'ai tout donné et à la fin c'est passé, c'est juste incroyable."

Gasly est particulièrement reconnaissant envers l'écurie basée à Faenza, avec laquelle il a fait ses premiers pas en Formule 1 en 2017 et a trouvé un refuge où il a repris des couleurs après son éviction de chez Red Bull Racing.

"Je ne trouve pas les mots", poursuit celui dont l'émotion était visible, resté assis sur le podium après la cérémonie. "Vous savez, cette équipe a tellement fait pour moi : elle m'a donné ma première opportunité en F1, elle m'a donné mon premier podium. Maintenant, elle me donne ma première victoire. C'est fou, franchement, c'est juste fou. Je suis tellement content, je ne peux pas les remercier suffisamment, tout le monde chez AlphaTauri et chez Honda. C'est un circuit où la puissance est cruciale et nous avons gagné la course face à toutes les voitures motorisées par Mercedes, Ferrari et Renault. C'est une journée exceptionnelle."

Gasly est conscient qu'il revient de loin – "Dans les 18 derniers mois, il m'est arrivé des trucs de fou", confesse-t-il – mais vit une journée d'autant plus unique qu'il met fin à 24 ans d'attente : le dernier vainqueur français d'un Grand Prix de Formule 1 était Olivier Panis, à Monaco en 1996.

"J'ai toujours dit, à mon arrivée en F1, qu'il fallait changer ça, car ça fait tellement longtemps, mais je n'aurais jamais cru que cela nous arrive avec AlphaTauri. Nous nous sommes concentrés sur nous-mêmes depuis l'an dernier, nous avons travaillé pour progresser pas à pas, et c'est fou, franchement. Je suis juste ravi", conclut le Normand.

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